Maroc au printemps 2018

Au bon endroit au bon moment

http://www.elwatan.com/une/conflit-du-sahara-occidental-l-escalade-marocaine-16-04-2018-366365_108.php

La résolution du cas épineux du Sahara Occidental traine en longueur depuis des années, des décennies en fait. Un statu quo d’administration non souveraine par le Maroc est en vigueur actuellement. Mais depuis quelques mois, l’ONU est de moins en moins favorable à cet état de fait et cela perturbe l’égo de Mohammed VI …
Et c’est aujourd’hui qu’il a choisi de s’énerver et même de menacer … Le jour où j’arrive 🙁

 

DAKHLA

 

 

 

 

Voilà, c’est parti ! Et pour débuter, cap au sud. 1.560 kilomètres entre Marseille et Casablanca et encore 1.360 entre Casablanca et ma destination : Dakhla, à 30 kilomètres au nord du tropique du cancer. C’est le Sahara occidental.

Histoire récente :

  • En 1884 l’Espagne place ce territoire sous son protectorat ;
  • En 1965 l’ONU pousse l’Espagne à décoloniser.
  • Entre 1965 et 1975 le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie à cause de différents de frontières, ne parviennent pas à faire front face aux espagnols qui restent en place.
  • Le 6 novembre 1975 Hassan II, Roi du Maroc organise la marche Verte pour marquer la volonté d’une souveraineté marocaine sur ce territoire. Ceci amène l’Espagne à signer les accords de Madrid avec le Maroc et la Mauritanie, le 14 novembre 1975, pour officialiser le partage du territoire. Le Maroc obtient les deux tiers nord, et la Mauritanie le tiers sud ; l’Algérie et les Sahraouis ne sont pas consultés. Le retrait des troupes espagnoles, décidé peu avant la mort de Franco, s’effectue entre 1975 et 1976.
  • Le 27 février 1976, la République arabe sahraouie démocratique (RASD) est proclamée par le Front Polisario
  • 10 août 1979 un traité de paix est signé dans lequel la Mauritanie cède sa partie du Sahara au Front Polisario.
  • Le 14 août 1979, le Maroc annonce l’annexion de l’ancien territoire mauritanien.
  • Depuis l’entrée en vigueur du cessez le feu de 1991, le statut final du Sahara occidental reste à déterminer.
  • À partir de 2003, certains documents de l’ONU qualifient le Maroc d’« autorité administrante »

 

Installation dans mon petit hôtel …

et découverte ce mardi de cette ville du Sahara Occidental. D’abord, à ma grande surprise, il ne fait pas chaud ! Entre 22 et 26°C et il y a une brise constante. La ville manque de charme comme toutes ces stations plus ou moins balnéaires qui se développent trop vite. Surtout depuis que le roi M6 est venu ici en 2016 découvrir le kyte-surf …
Ce mardi, prise de contact, passage au marché ce matin, où il y avait plus de marchands que de chalands !! ( Re-passage cet après-midi … pareil ! )
Alors j’ai voulu me rendre à Lassarga, petit village de pêcheurs tout au bout de cette presqu’île. 10 kilomètres épiques à 7 dans un taxi collectif Mercedes sans âge ni suspension ! Le taxi me dépose en bordure d’un bidonville, des policiers me demandent ce que je viens faire ici et m’interdisent l’accès aux barques de pêcheurs. Désappointé, je vadrouille un peu dans la direction opposée et sur la plage surveillée au large par un destroyer de la marine marocaine … ambiance !!

Lassarga. Les « belles » Mercedes qui m’ont servies de taxi collectifs.

 

De retour près des taxis collectifs, les mêmes policiers me passent un savon alors que je n’ai enfreins aucun de leurs conseils. Circonspect et déçu, je refais les mêmes 10 kilomètres dans une ruine Mercedes identique. C’est l’hôtelier, (français) qui m’expliquera que le pouvoir n’aime pas que les touristes ramènent des images des bidons-villes de sahraouis, dirimantes à la mainmise du Maroc sur ce territoire.

Voilà une entrée en matière avec le Maroc aussi enrichissante qu’inattendue !!

 

Au sud du tropique du cancer

Ce mercredi 18 mars, j’ai sauvé mon séjour à Dakhla ! Peu enthousiaste après ma journée d’hier, je me suis laissé tenter par une excursion en 4×4 dans les (grands) environs de la baie en compagnie d’un charmant couple belgo-marocain. Nous sommes partis vers le nord pour sortir de la presqu’ile et ensuite redescendre en direction de la Mauritanie (éloignée de 300 km). Nous nous sommes rendu dans une zone humide – Imlili – en plein désert. Du déjà vu, mais dans les trous d’eau salée, pullulaient des poissons qui venaient grignoter nos pied nus ! La satisfaction intellectuelle résidait dans le fait que ce marécage est de peu AU SUD du tropique du cancer !
Après un passage à la plage de Puerto Rico – si, si ! – devenue célèbre depuis le passage de la famille royale en 2016, nous nous sommes attardés au fond de la baie de Dakhla. Et c’est magnifique ! Une platitude absolue rehaussée par une dune toute blanche au milieu de l’eau, c’était irréel ! De plus, le temps gris s’est éclairci juste à ce moment là, pour admirer le vol des flamants roses au loin.

Sur la route du retour, avant la dégustation des célèbres huitres de Dakhla et d’une daurade grillée, nous nous sommes offert un massage à l’eau soufrée, aussi rudimentaire qu’efficace !

Bref, une superbe journée.

Photos de la baie de Dakhla

 

TARFAYA

Ce jeudi 19, j’ai passé 10 heures dans un bus confortable pour aller de Dakhla à Tarfaya, soit 620 kilomètres.

 

Route d’une platitude désespérante, paysages monotones à souhait ! Seul européen parmi les voyageurs, le bus s’arrêtait à chaque contrôle de police … exprès pour moi ! Gendarmerie, police aux frontières, ils ont tous photographié mon passeport et le visa ! Tous d’une parfaite courtoisie.

Cela m’a donné le temps d’observer les locaux pendant leur voyage. Par contre, 45 minutes pour déjeuner … le temps que je comprenne comment fonctionnait la « cantine » façon « Bagdad Café », c’était trop tard.

Donc je me suis contenté d’une boite de madeleines pour finir la journée. Il va vraiment falloir que j’apprenne à demander un « tajin sans poivron … s’il vous plait » ! 🙂  (Tajin bidun filfil . Min fadlik ?)

 

Vendredi 20.

Pourquoi Tarfaya ? Parce que c’est un village côtier qui ne manque pas de charme, mais surtout parce que ce village s’appelait Cap Juby. Une escale historique de l’aéropostale sur la route de Dakar puis de l’Argentine. Ici se sont posés Latécoère, Mermoz, Guillaumet et surtout Antoine de St Exupéry qui y séjourna presque 2 ans comme chef d’escale. Il y forgeât son amour pour l’Afrique et le Sahara y écrivit « Courrier Sud » et y trouva l’inspiration pour le « Petit Prince ». Ce matin donc, je suis allé au port (moderne) et , à coté, me suis rendu sur la piste en terre où ces héros se posaient. De vieux bâtiments de cette époque subsistent encore, en particulier la caserne où le personnel de l’escale logeait à l’abri des peuplades hostiles.

Casa Mar

 

 

 

 

Balade de l’après-midi pour me rendre à l’épave d’un ferry qui assurait la liaison avec Fuertaventura aux Canaries. Il s’est échoué en 2007 après quelques mois d’exploitations. Fin du service !

Une casemate surveille ce lieu, un gendarme en est sorti pour m’accueillir. Il m’attendait ! Ses collègues de Tarfaya l’avait prévenu ! Heureusement que tout ces hommes en uniformes sont très affables, car on se sent méchamment surveillé quand même ! C’est un peu le paradoxe : les commerçants ne sont pas toujours aimables, mais les gendarmes et les policiers, oui !

 

Photos de Tarfaya

 

SIDI IFNI

Encore un long trajet pour poursuivre ma remontée vers le nord. La météo s’améliore, le ciel est limpide mais il fait toujours frisquet (je n’ai pris qu’un pull moi !!).  Le temps s’étire au petit matin dans un bus où les occupants ont passé quasiment la nuit. Ils sont un peu « chiffon » ! Nous nous éloignons du Sahara Occidental si bien que malgré les postes de police, personne ne prend plus mon passeport en photo.

Pause du bus entre Tarfaya et Guelmim

 

Le bus s’arrête à Guilmim, j’y déjeune et attrape un « grand taxi » pour Sidi Ifni. Le même principe qu’à Dakhla ! Une guimbarde Mercedes sans age dans laquelle s’entassent six passagers ! 4 à l’arrière et 2 à la place du mort !  » Mais que fait la police  » ! Une heure pour rejoindre Sidi Ifni.

Le reste de l’après-midi pour découvrir cette petite ville et son marché. Enfin une jolie ville ! Une belle architecture héritée de la colonisation espagnole (la ville est devenue marocaine en 1969 !).

Autre confirmation :  » le marocain est tardif  » ! Le matin rien ne bouge avant 10 ou 11 heures ! Hier, à Tarfaya, j’ai voulu me renseigner à une agence de voyage, on m’a demandé de revenir plus tard « le patron dort encore ». Il était 10h30 ! Je me demande si je ne vais pas m’installer ici ! 🙂 . Aujourd’hui, à Sidi Ifni, le marché a commencé à s’éveiller après 16 heures. Et après la tombée de la nuit (20h00) tout le monde est dehors ! Et si on ne voit que des hommes aux terrasses de café durant la journée, alors on voit enfin les femmes … avec leurs enfants dans les squares, jusqu’à 23h00 ! D’ailleurs, voilà, le calme est revenu …

 

SIDI IFNI Suite

 

Je n’avais pas de WiFi hier, donc, je suis un peu en retard !

J’ai donc passé un agréable séjour à Sidi Ifni, dans un hôtel neuf, pratique, pas cher et sans âme ! Vous avez compris qu’il était calme après 23 heures !

Je commence à prendre mes marques. Tous ces petits détails qui font une grille de lecture à laquelle, quand on voyage, on souhaite ardemment s’intégrer. Parce que, même si c’est peine perdue, le désir d’être le moins différent possible est intense. Être transparent pour pouvoir observer sans être remarqué … pour mieux apprendre et accepter de recevoir. En 6 jours je n’ai pas la prétention d’avoir appris grand-chose mais quelques trucs importants pour le confort de ma petite vie de visiteur. La bonne surprise, c’est que beaucoup de personnes parlent français, parfois très bien, je ne veux pas, pour autant, me dispenser d’apprendre la centaine de mots nécessaire à l’équilibre délicat des échanges. La mauvaise surprise, c’est que les marocain(e)s ne veulent pas être pris en photo ! A ce jour, je n’en suis qu’aux supputations mais il va falloir que je comprenne pourquoi pour esquiver cet écueil fâcheux. L’européen (français) de passage est-il perçu comme celui qui, dans une démarche cathartique, vient observer l’exotisme des anciens colonisés ?

Photos de Sidi Ifni

 

Lergaza et Mirleft ou la fin des airs iodés.

Donc, si hier j’étais sans WiFi, c’est parce que j’étais à Lergaza. Une étape que je n’avais pas prévue, mais que l’on m’a vivement conseillée pendant mon séjour à Sidi Ifni. Tout l’intérêt d’avoir un trajet « élastique » et surtout être maître de son emploi du temps ! Bref, un coup de téléphone pour réserver un hôtel, un taxi pour faire 9 kilomètres et me voilà vers 11 heures sur une plage entourée de falaises, avec 3 ou 4 établissements pour accueillir 3 ou 4 touristes ! L’intention était de passer une journée de farniente avant d’emprunter le lendemain le chemin au pied des falaises qui n’est praticable qu’à marée basse. Encore un renseignement foireux ! Il s’est avéré impossible de circuler au pied des falaises à marée basse. J’ai bien essayé et j’ai failli y perdre mon téléphone en me faisant mouiller les cuisses !

Reste que le lieu est splendide.

Legzira … juré : je n’ai pas forcé les couleurs !

 

Mais comme c’est assez restreint, je n’y suis resté que 24 heures. Quasiment seul dans mon hôtel, j’ai passé beaucoup de temps à bavarder avec le gérant ; un petit bonhomme adorable de 72 ou 73 ans (il ne sait pas lui même) . J’ai repris le bus ce matin pour ma dernière étape sur la côte atlantique : Mirleft !

La météo est folle ici aussi ! Il a plu beaucoup en fin de nuit et en avril, cela n’était pas arrivé depuis plus de 20 ans. Donc j’ai visité Mirleft sous un ciel chargé, parfois menaçant. Après une visite de LA rue commerçante aux étonnantes arcades …

Rue principale de Mirleft

 

… je suis parti à pied faire une visite exhaustive des plages. En 5 heures de marche, j’y ai rencontré des pêcheurs renfrognés, des footballeurs enthousiastes et des mamies en mal d’amour ! 🙂 . Une belle galerie de caractères !

5 jeunes gens y jouent au foot …

Voilà, un peu de politique avec le proprio de l’hôtel et au lit !

Demain, fini l’Atlantique, route pour Tiznit !

Le résumé photographique  (116 photos) de cette partie Atlantique – Sud du Maroc est disponible avec ce lien :

Toutes les photos des 8 premiers jours

 

 

Tiznit stress et tolérance

Quand on prend ses petites habitudes, on se détend, voire on baisse la garde. Ce matin, paisible, je quitte ma « guest house » de Mirleft par le bus pour Tiznit. Et à mi-chemin, je me rend compte que je n’ai pas mon passeport ! A destination, je trouve rapidement ma « maison d’hôtes » au gérant de laquelle j’explique la situation. Au téléphone, le patron de Mirleft me confirme qu’il a mon passeport ! Oufffffffffffffffffffffffffffffffffffffffff !  Il me l’a fait envoyer en taxi collectif, c’est tellement simple. 🙂  Il m’a fallu du temps pour me détendre !
Tiznit n’est intéressante que pour sa médina … et encore. Je ne m’étendrai pas.
Vous pouvez voir les photos ici :

Photos de Tiznit

J’ai trouvé ici l’ambiance de la rue assez différente. Juste parce qu’il y a des femmes dehors ! A toute heure ! Cela rééquilibre la nature humaine ! Également, et ce n’est pas spécifique à la région, il y a beaucoup de handicapés physiques ou mentaux dans les rues. Il n’y a pas l’ombre d’un regard gêné, pas une once d’agacement. Mon impression est qu’ils sont bien mieux tolérés dans l’espace publique que « chez nous » avec même une certaine compassion.
A midi (enfin, 14h30!! ) j’ai mangé chez Ahmed. A la table contiguë un jeune couple charmant franco-hèlvético-hollandais en vacances dans la famille à Mirleft et en visite à Tiznit … car motorisé. Moment d’échange très sympa là encore. Comme je me suis régalé, ce soir je suis retourné diner chez le très amène Ahmed. Il m’a expliqué que dans la région d’Agadir, les femmes sont plus libres de leurs mouvements. Et ça lui plaît à Ahmed, c’est la vie d’Ahmed et c’est l’avis d’Ahmed …

Finalement, après le stress du matin, j’ai passé une excellente journée. Je me suis acheté un chapeau berbère, j’ai fait réparer mon téléphone pour 12 euros et j’ai acheté un petit téléphone tout simple avec une carte prépayée pour éviter d’appeler les hôtels marocains avec mon forfait français.

 

ABDEL

Abdel, ce n’est pas son nom. C’est un jeune homme qui m’a accueilli avec discrétion et une attention toute particulière à la maison d’hôtes où j’ai séjourné à Tiznit. Mon bus était à 11H10 ce matin, j’avais donc tout mon temps pour prendre mon petit-déjeuner. Alors, Abdel m’a raconté un peu comment il vit. Il est seul pour « tenir » la maison. 6 chambres a nettoyer, changer les draps tout ça, tout ça. Il n’est pas submergé de boulot, sauf de juin à août, mais il ne peut pas s’absenter, les patrons appellent de temps en temps ! Les patrons surveillent la compta’ aussi et sont un peu chiche sur le budget d’entretien et la nourriture. Abdel a toute sa famille à coté de Ouarzazate, c’est à 7 heures de bus. Mais comme Abdel ne gagne que 2.400 dirhams, il ne peut voir sa femme et son fils que tout les mois. 2.400 dirham, c’est ce que je dépense en 4 jours. Abdel doit être bien habillé, doit bien présenter, améliorer son français Abdel ne peut pas se nourrir avec la cuisine qu’il élabore pour les clients, il doit manger à part et à ses frais  … Alors, Abdel en a marre et après plus de 2 ans de bons et loyaux services, Abdel a prévenu qu’il allait partir. Mais les patrons refusent tant qu’ils n’ont pas trouvé un remplaçant ! Les patrons s’appellent Charpentier ; ils habitent Toulouse !

Je suis donc arrivé à Tafraoute après 3 heures de bus.

C’est un vrai plaisir que de pratiquer les mêmes moyens de transports que les lycéens, les vendeurs de poules, etc …

Je suis ici dans l’espoir de me glisser dans un trek dans le jebel Lekst. Lundi, peut-être aurai-je une chance … en attendant je vais aller dans les gorges Aït Mansour au sud. Là, ce sera sans doute sans WiFi pendant 3 jours !

 

 

 

 

 

TAFRAOUTE

Et donc, la deuxième semaine s’achève bientôt. Je vous ai laissé avec « Abdel » de Tiznit et jeudi je suis donc monté dans le bus « Lux », la compagnie de bus de base, pour rejoindre Tafraoute en 3 heures. C’est toujours un plaisir de côtoyer les passagers locaux, d’attendre avec eux …

Station des lignes de bus populaires de la compagnie « Lux ».

Tafraout est une bourgade berbère à 1.200 mètres d’altitude dans l’anti-atlas. Beaucoup d’européens y séjournent en hiver pour la douceur de son climat ou pour randonner, dans le djebel Lkest en particulier. Mais, malgré une température fraiche, il n’y a plus de randonneurs au mois d’avril. J’ai donc décidé d’attendre que quelques personnes aient la même envie que moi pour créer un groupe. Je me suis donc fait connaitre auprès de deux guides et suis parti pour randonner tout seul au sud de Trafraout. Un taxi charmant et érudit m’a mené à Taghout et j’ai poursuivi seul et à pied la descente de la vallée jusqu’à Tiouadou.

Une vallée aride et ocre, pas forcément passionnante 🙁 Le plus poignant est de traverser ce qui furent de jolis village en adobe, totalement abandonnés pour des construction plus pratiques car beaucoup plus « Lafargiennes » !! La principale raison restant le massif exode rural. Alors, en escaladant les ruines, j’ai trouvé les anciennes mosquées, les anciens moulins ou les anciennes écoles … et j’ai pensé à mon père qui aurait été ému par ce spectacle.

Les photos de cette journée sont visibles à cette adresse ;

Photos de la descente à Tiouadou

C’est ainsi que vendredi soir j’étais rendu à l’auberge de Sahnoun à Tiouadou.

Mon auberge à Tiouadou, dans une maison berbère traditionnelle.

 

Là aussi, tout seul ! L’adolescent de la famille m’a accueilli avec enthousiasme. Et puis, nous sommes venus a parler de son père, parti trop tôt, il y a 4 ans d’un accident de moto. Ses yeux se sont embrumés, les miens aussi … silence.

 

Gorges d’Aït Mansour

Après une bonne nuit à l’auberge Sahnoun à Tiouadou, je repars hier (samedi 28 avril 2018) pour longer les gorges de Aït Mansour. Déjà, il faut les rejoindre et marcher 4 kilomètres jusqu’à Afelah Ighir dans un décor plutôt monotone. Et de plus pour la première fois, il fait vraiment chaud !


Ci dessus, vous trouverez ma trace enregistrée jusqu’à la pause de midi où j’ai mis l’appli en pause et j’ai oublié de la remettre en route ! L’arrivée, Aït Mansour, est à peine hors cadre en haut à gauche …

Dans un décor beaucoup plus riant que la veille, j’ai pu toucher du doigt la ruralité de la région. Même si la progression était beaucoup plus difficile dans l’oasis que sur la route, j’y ai fait des rencontres de paysans assez serein, contents de me voir. Enfin, sans langue commune, c’est ce que j’ai cru comprendre ! 🙂 Les villages et les bergeries accrochés aux falaises ocres, c’est superbe !

Photos d’Aït Mansour

Au nord des gorges, je me suis installé « chez Abdou » pour la nuit. Même confort que la veille mais dans une maison moderne quelque peu délabrée ! Après 16 heures, les rares touristes désertent cette route qui ne mène quasiment nulle-part. Seul en balade à la « fraîche » j’ai échangé avec un groupe d’une trentaine de femme qui sortaient de leur cours alphabétisation à la madrasa. On a bien rigolé !

Petit thé à la menthe au troquet du coin et mon troisième tagine poulet en trois jours chez Abdou et au lit !

De bonne heure car le seul transport pour rentrer d’Aït Mansour à Tafraoute est à 7 heures !!!

 

IATRALIPTA

Dimanche, jour de repos !

Après mes deux jours de balade dans les gorge d’Aït Mansour, je me suis accordé une journée de repos, avec sieste au hammam. Il y a plusieurs hammams à Tafraoute mais seul le « nouveau » propose une prestation avec gommage, massage et étirement ! Je me suis laissé tenter !

Je me suis donc vu attribuer mon iatralipta avec qui nous avons entamé une chanson de geste et de sourires en absence de langage commun. Après m’avoir laissé suer dans la pièce la plus chaude, il est venu m’en extraire pour me frotter vigoureusement au gant de crin … Sûr ! je n’ai plus de coup de soleil ! C’en est suivi un massage au savon que je ne savais plus si j’avais des courbatures ou des contusions ! Après m’avoir rincé à grand coup de seaux d’eau, est arrivé le moment des étirements. Il m’a désossé ! Il m’a fallu une demi-heure de repos pour m’en remettre.

Je confirme ; « C’est du brutal  » !!

Malgré tout, je me sentais alerte ce matin ! 🙂

Ce matin, justement, je suis parti explorer la curiosité de Tafraoute : les rochers bleus. C’est accessible en voiture mais comme je n’en ai pas … Et puis je disposais d’une trace GPS pour m’y rendre à pied depuis mon hôtel.

A vrai dire, je ne l’ai pas suivi et j’ai fais la mienne ! Sur le chemin aller, j’ai traversé une ancienne zone de cultures irriguées, les murs d’enceinte qui tombent, les puits comblés …

Et puis, il y a les rochers peints ! Un plasticien belge du nom de Jean Vérame a eu l’idée en 1984 de profiter des formes étranges des rochers granitiques pour les peindre de toute les couleurs, en bleu essentiellement ! Le résultat est plus spectaculaire qu’esthétique … à vous de juger ! Cela m’a permis de faire un peu de varappe pour escalader ces monticules.

Pas certain de l’esthétique de la « chose », c’est au minimum surprenant.

 

Le retour à Tafraout a été lui aussi très agréable. Bref une très belle balade !

Photos des « rochers peints »

LA JOURNEE DE TROP

Bonjour à tou(te)s.

Dans l’impossibilité de trouver des partenaires pour effectuer le trek du djebel Lkest, je m’étais gardé une petite balade à faire ce mardi 1er Mai entre Tafraout et la vallée Ammeln, au nord.

Avec un temps magnifique et froid (je ne suis jamais sorti sans pull depuis deux semaines !) le départ se fait depuis le marché forain où je passe quelques temps, toujours aussi frustré de ne pouvoir prendre que des photos cachées.

Le marché forain de Tafraout

Puis je remonte le vallon qui mène, plein nord, à la vallée Ammeln. La balade est sympa, sans plus.

Mais surtout, cette vallée des Ammeln, n’a pas grand intérêt ! Je passe bien un peu de temps avec un ado qui s’ennuie mais je décide de rentrer à Tafraoute en taxi collectif. Et puis les 23 kilomètres d’hier pèsent un peu !

Je crois bien que j’ai perdu une journée !! Mais il est vrai que je suis bien dans cette bourgade et que je vais la quitter demain à regrets ! Le but est de rejoindre Zagora mais en une journée, c’est mission impossible. Donc escale à Tata ! Oui, oui, comme les véhicules indien …

 

Les journées dont on n’attend pas grand chose …

Si M’Jid me fait l’honneur de me lire qu’il me pardonne si j’écorche son prénom. M’jid est le charmant conducteur de taxi qui m’a emmené vendredi dernier à Taghout au départ de ma rando vers Tiouadou. Comme je l’avais apprécié, je lui ai demandé de me mener à Igherm (100 kilomètres) pour y prendre un taxi collectif pour Tata.

Et cet homme est précieux ! Il m’a fait partager son savoir et m’a appris beaucoup sur les berbères, son peuple. Nous avons apprécié ensemble des paysages magnifiques. Surtout, il nous a arrêtés dans un village traditionnel, un des rares encore debout dont l’agadir (grenier fortifié) est superbement conservé, et pour cause, il est toujours en service !

De plus il est toujours en activité et voici son gardien qui surveille en permanence. Bien sûr, personne n’a le droit d’entrer.

Il m’a servi de guide et d’interprète des explications en berbère des enfants qui nous ont accompagnés.

M’Jid prend des informations en berbère auprès des enfants du village

Nous avons tout compris des citernes d’eau, des puits, des aires de battage. Comble de délicatesse, il semblait apprécier la visite tout autant que moi ! A Igherm, il a cherché pour moi le meilleur moyen de me rendre à Tata. Il m’a laissé à la terrasse d’un café sur la rue principale, est allé dépenser l’argent de ma course au souk (je plaisante !) et m’a laissé entre les mains du « courtier » de taxi collectifs. Merci l’ami !

Alors j’ai attendu qu’un taxi passe … avec une place libre. J’ai attendu deux heures en compagnie de femmes qui étaient venues au marché.

Au marché d’Igherm

Un joli spectacle de rue que ces marchés de campagne ! Je me suis régaler à prendre des photos et personne ne m’a fait de remarque ! Super !

Un taxi collectif –encore une vieille Mercedes 🙁 – s’est arrêté. Il était vide. Nous avant attendu un peu et le taxi s’est rempli, entre autres avec un jeune belge avec qui j’ai fait connaissance pendant les deux heures de trajet.

 

Ils sont 2 à coté du chauffeur et nous sommes 4 à l’arrière.

 

Nous nous sommes installés dans un hôtel douteux mais près du centre-ville. Après un sublime tajine (à 16 heures !) j’ai découvert seul une ville dont je n’attendais rien qui est très jolie !

Et voilà comment une journée dont je n’attendais pas grand-chose s’est transformée en ma plus belle journée du voyage !!

 

INCERTITUDE DÉLICIEUSE

Lever matinal pour rejoindre Matthias, le compagnon belge rencontré hier et tenter de trouver des informations touristiques pour aller voir les peintures et gravures rupestres de la région. Peine perdue ! Nous nous sommes donc entendu pour aller voir la palmeraie de l’autre coté de l’oued Tata. Un taxi nous a mené au nord de celle-ci où nous avons découvert et nous nous sommes paumés dans la vieille ville un peu moins en ruine que d’habitude. Un régal.

Ksar de Tata

Nous avons ensuite parcouru la palmeraie toujours bien exploitée, rencontré quelques femmes qui coupaient du fourrage.

Palmeraie de Tata

 

Photos de Tata

 

 

 

Au revoir à Matthias et j’ai attrapé le seul bus de la journée pour Zagora ; 270 kilomètres.

Les touristes n’étant pas légion, les hôtels relativement vide, comme hier je n’ai pas fait de réservation. Avec Matthias, à Tata nous avions échoué dans un hôtel peu reluisant. Aujourd’hui, seul, j’ai retrouvé cette étrange émotion à la descente du bus. Lâché, sans repaire, sans connaissance du lieu. Ce moment délicieux mêlé de satisfaction et d’incertitude d’être ailleurs, dans un endroit inconnu qu’il va falloir apprivoiser, où il va falloir trouver un endroit satisfaisant pour dormir, pour manger. Se mettre dans cet état d’esprit d’ouverture pour recueillir et analyser toutes les informations sonores, olfactives et visuelles. Grâce aux sites spécialisés j’avais bien quelques adresses … mais je ne les ai pas trouvées … Alors je suis entré dans un hôtel très largement au-dessus de mon budget ; 60 € la single ! Mais le réceptionniste m’a fait sentir qu’il ne voulait pas me laisser partir. On a parlé de mes intentions de visite, des villages à voir … et nous nous sommes accordé sur 45 € en 1/2 pension ! Donc, ce soir je profite d’un WiFi performant au bord de la piscine en attendant mon repas !

Mon hôtel à Zagora

Et voilà ! Contrepartie ; ambiance médiocre !

La belle incertitude ….

Les 131 photos des 10 derniers jours : c’est ICI

 

 

LE MOMENT

Le 4 mai 2018. Mon hôtel est plus près de Amazrou que de Zagora. Je suis donc parti à pied pour Amazrou et en m’approchant, un homme assez jeune semblait m’attendre pour m’en faire la visite. Il m’a agacé et j’ai bifurqué vers la palmeraie. C’est toujours un régal de croiser les gens qui s’y rendent ou en reviennent, chargés de fourrage ou de sacs. Je suis donc rentré dans Amazraou par des chemins inusités des touristes et je me suis laissé prendre en main par une bande de gamins. J’ai élu le plus virulent comme « mon guide » pour visiter la casbah.

« Mon guide » dans la casbah juive de Amzrou

Il s’est parfaitement acquitté de sa tâche et s’est bien battu – verbalement – pour défendre son statut … et son futur bakchich ! Après quelques rues étroites étonnantes dans cette ancienne casbah juive, j’ai demandé à voir la vieille synagogue. (c’est LA chose à voir à Amazraou) Et il s’est exécuté ! Nous sommes arrivé devant une porte métallique bien verrouillée. Devant mon agacement le gamin m’a demandé d’attendre … et là, sortie de nulle part, une vieille femme est venue ouvrir la porte. Une petite merveille de synagogue ancienne, rustique, restaurée et désaffectée.

L’ancienne synagogue restaurée et entretenue …

La vieille femme semble entretenir les lieux. Puis le gamin m’a mené au « centre artisanal » … j’ai lutté contre mon envie de fuir, voyant venir l’arnaque ! Et puis je me suis rappelé que je voyageais maintenant avec d’autres intentions. Le gamin m’a donc laissé en compagnie de Ahmed, jeune artisan qui gère ce centre installé dans un ancien caravansérail, très beau ! Il m’a tout montré, tout expliqué de l’histoire des milliers d’objets coutumiers exposés ici. Tout expliqué sur leur fabrication ; j’ai adoré ! Il m’a ensuite emmené chez le fabriquant de bijoux. Il commençait juste a faire fondre de l’argent … après quelques explications, le « fondeur » s’est détendu. Profiter du moment …

Nous sommes revenus boire le thé au centre artisanal. Nous avons réglé les détails financiers avec Ahmed et « le gamin » puis avons parlé foot avec le polisseur de plaques d’os et celui qui les incrustent dans les meubles.

Nous sommes retourné assister a la fonte des bijoux en argent ; un vrai spectacle de dextérité !

Et voilà ! Quelques adorables rencontres à Amzrou ! Petit taxi pour revenir à Zagora et grand taxi pour me rendre à Tamegroute.

Rasséréné par mes belles rencontres de Amzrou, je me suis laissé faire par le premier guide venu à ma rencontre à Tamegroute. Il m’a laissé déjeuner. Dejeuner pendant lequel j’ai « tapé la discute » avec une lyonnaise originaire de Tamegroute qui a peur de sa retraite qui arrive ! Puis mon guide m’a raconté ce qu’il y a dans le guide Lonely Planet mais, m’a bien guidé dans l’inextricable casbah et m’a emmené voir les potiers reconnus du village. Après le départ du guide je suis retourné dans la casbah, seul … Je m’y suis presque perdu quand un jeune homme m’a invité chez lui. Aubaine ? Arnaque ? Se décider vite …Profiter du moment !  Ok, j’y vais. Et c’est ainsi que j’ai passé une bonne demi-heure à boire le thé avec une famille de sept enfant qui vivent dans un taudis dans un dénuement absolu !

Un jeune m’a invité dans sa maison à boire le thé. Il a sept frères et sœurs bien cachés pour ne pas être sur la photo.

Et me voilà revenu à « la gare » des taxis collectifs de Tamegroute et je vois un taxi partir juste quand j’arrive ! Je rappelle le principe : on part quand il y a 6 passagers ! Je me vois bien attendre une heure pour remplir le taxi suivant. Ben justement, cela à été 40 minutes très agréable à échanger avec les 4 chauffeurs en attente !

Voilà … profiter du moment, quoi qu’il en soit !

Je ne suis pas parvenu a éliminer assez de photos ce soir. Il en reste 38, cela fait beaucoup pour un carrousel. Je vous laisse donc aller les voir sur Google Photo en cliquant sur le lien suivant : la page s’ouvrira dans un nouvel onglet.

Album Amzrou – Tamegroute

 

 

De bout en bout suivre les murs de boue encore debout

Le WiFi de l’auberge m’a laissé tomber hier soir …

J’ai passé une journée de samedi tranquille à Zagora, après avoir quand même gravi la colline qui domine la ville …

Vue sur Amzrou depuis le djebel zagora

Ce dimanche 6 Mai, je me suis rendu en taxi collectif à Timidarte. Un village le long de l’oued Drâa entre Zagora et Ouarzazate connu pour son ancien ksar. Il faut rappeler que cette région était traversée par les caravanes sahariennes, elle est donc parsemée de ces anciens centres de commerce et autres activités. Après Tamegroute et Amzrou, je vais en visiter plusieurs ces prochains jours.

Je me suis donc installé à l’auberge du village.

Timidarte : une des plus belle casbah a été rénové en projet solidaire, c’est mon hébergement de ce soir.
Auberge Kasbah Timidarte

Un projet collectif et participatif enthousiasmant. J’ai visité l’ancien ksar jouxtant celui moins ancien où vivent maintenant les habitants (300 familles).  C’est assez poignant de voir cette architecture se déliter ainsi, de suivre des murs de boue qui semblent fondre comme les bonhommes de neige en avril … De retour à l’auberge, Ismaïl un jeune homme cultivé revenu au village, m’a beaucoup appris sur ce projet de restauration – réinsertion – motivation des villageois pour l’ancien habitat. Il m’a bien confirmer qu’une maison, c’est un dar, une grosse maison, une casbah, une très belle maison un riad et le village un ksar (des ksour).

 

J’ai passé l’après-midi dans la palmeraie ; encore une, oui, je sais. Sauf que celle-ci n’est pas du tout abandonnée ! C’est un Éden ! Des légumes, des céréales, des dattiers, des vignes, des abricotiers, des pommiers et aussi des ânes, des chevaux … et c’est étonnant puisque les animaux domestiques restent invisible dans les casbahs. J’ai d’ailleurs croisé beaucoup d’enfants faisant la navette en âne pour ravitailler la casbah en fourrage. J’ai rigolé avec un fontainier qui puise l’eau avec une pompe diesel et la distribue en ouvrant ou obstruant les canaux d’irrigation. Et au bout des murs et des canaux, l’oued Drâa. Des femmes y lavaient leur tapis, des enfants pêchaient des tortues vertes. Puis retour à la casbah pour discuter avec Abdou, assis sur les murs de boue. A savourer le bonheur de profiter du temps.

 

Les photos de cette belles journée sont à voir ici : (dans un autre onglet)

Le 6 Mai à Timidarte

 

DE KSAR EN KSAR

Donc, hier soir, à Timiderte, le gérant m’apprends qu’il gère également une maison d’hôtes à Agdz, mon étape suivante ! Je lui réserve une chambre et il me propose de me faire le transfert de 16 kilomètres entre les deux lieux ! « Elle est pas belle l’histoire ? »

Certes, il m’a fait poireauter une heure, mais il m’a aussi raconter la belle histoire de cette prise en main de villageois qui refusent la fatalité de l’exode rural. Il faut changer les mentalités et ce n’est pas facile, ici comme ailleurs. Cela fait 25 ans que les premières idées ont été lancées et cela commence à porter ses fruits. Le service patrimoine de l’UNESCO va investir pour stopper la destruction inexorable de ces ksour, à Timiderte comme à Agdz.

Je ne m’étendrai pas sur Agdz, c’est une copie quasi conforme de Timiderte. Les ruines du ksar sont toujours aussi émouvantes … celles de la mosquée, par exemple.

Le matin, le ksar, l’après-midi la palmeraie !

C’est toujours instructif de voir comment les gens exploitent ce système agricole particulier ! Quoique je me demande encore pourquoi de si hauts murs et des portes blindées pour protéger des carottes  …

Photos de Agdz

 

 

MOMO M’A SAUVÉ LA JOURNÉE

La journée d’hier, 8 Mai 2018, ne m’ayant réservé rien de passionnant, j’ai décidé  d’écourter mon séjour à Ouarzazate. J’ai aussi décidé de modifier mon itinéraire ; dès le 10 mai, je pars pour Marrakech pendant qu’il fait encore frais et aussi parce que le ramadan qui approche y sera peut-être plus « transparent » pour le touriste …

Sinon, je suis allé visiter une casbah du glaoui à Tifoultoute, soit à 9 kilomètres de Ouarzazate. Je me suis « battu » avec un taxi pour qu’il m’y emmène à bon prix. Sur place, j’ai pu constater, dans une de leurs nombreuses demeures, à quel point cette famille Glaoui a pu dominer la région durant tout le 20ème siècle grâce à une fortune amassée dans le commerce caravanier du sel.

La casbah du glaoui à Tifoultoute.

Qu’ils firent de l’ombre à la famille royale. Sinon, le détour par Tifoultoute n’est pas vraiment obligatoire, surtout quand le guide de la casbah a un accent qui ne permet pas de le comprendre !  Je suis revenu à Ouarzazate, en bus de ville (instant délicieux)  prendre ma valise et direction Aït Benhaddou. Pas simple encore pour faire faire un détour au taxi collectif !

Aït Benhaddou … comment dire ? Un ksar magnifique à la restauration douteuse puisque effectuée par les studios de cinéma avant que l’UNESCO n’intervienne.

Terrasse de la casbah Jamal Eddine

Là n’est pas le plus gros problème. C’est que toutes ces productions hollywoodiennes et italiennes drainent maintenant un tourisme de masse (italien et coréen) qui donne un poil la nausée ! Mais c’est toujours très beau, incontestablement. Quelque peu dépité, je me suis mis en demeure de sauver ma journée ! Sur « le Lonely Planet » est signalé – à peine – une autre casbah, six kilomètres plus loin au nord. J’ai donc fait du stop et m’y suis rendu assez vite. L’impression que donne ce ksar dès la sortie du véhicule est saisissante ! Dès mon approche, un guide très volubile m’a pris en charge. Il m’a fait part de tout son dépit de voir les touristes s’arrêter à Aït Benhaddou où il n’y a rien d’authentique et négliger « son magnifique village » qu’est Tamedakhte.

Il m’a fait essayer un casque des gardiens de « Gladiator ». J’ai eu droit à une petite couche supplémentaire sur « le Glaoui » propriétaire de la casbah. Il m’a fait une visite truculente et picaresque de cette ruine qu’il aime tant. Il m’a ensuite mené dans la palmeraie admirer ses roses, ses oliviers et ses figuiers et nous avons échangé nos prénoms. Presque deux heures ensemble ! Si j’avais eu ma valise, je dormais chez lui ! Voilà, merci Mohamed, de ton rire malicieux, tu as sauvé ma journée.

 

 

 

 

Les photos du jours sont disponibles dans un autre onglet en cliquant ici ;

34 photos du 9 mai près de Ouarzazate

 

MARRAKECH C’EST RUDE !

J’étais donc à Aït Benhaddou ce 9 mai au matin. Pour assurer le transport je suis revenu à Ouarzazate pour prendre un bus pour Marrakech. Tout s’est passé sans problème, le bus était un peu pourri mais la route vertigineuse m’a fait oublier l’inconfort … olfactif essentiellement ! Je n’imaginais pas passer des cols genre « Gallibier » dans l’Atlas !

Et c’est une fois à Marrakech que tout s’est compliqué. L’agression est immédiate. Moi qui avait passé un séjour des plus cool, me voilà de nouveau confronté aux affres du tourisme massif dans une ville où l’on ressent tout de suite que l’on est un portefeuille sur pattes ! Au troisième taxi (dont une engueulade avec le premier)  je suis parvenu à un tarif correct pour rejoindre mon hôtel. Mais je suis tombé sur un furieux du volant. Après avoir bousculé un vélo dans les embouteillages, il a fallu qu’il pile derrière un scooter et je me suis « mangé » le parebrise ! Furieux je suis descendu du véhicule mais le « malade mental » n’a pas voulu me donner ma valise ! Après négociation, il a promis de conduire sagement, ce qu’il a fait … 55 secondes Fâché ! Il m’a laissé à proximité de l’hôtel situé dans un dédale de ruelles inextricables et inaccessible aux voitures. C’est alors qu’une âme « charitable » m’a proposé de montrer le chemin … pour 10€ ! Si vous avez compté, j’en étais à trois engueulades en 25 minutes ! Donc, puisque j’avais oublié de télécharger la bonne carte j’ai mis un certain temps à trouver « mon ryad ». Je me suis installé « rapido » et suis allé vite juste à coté sur la célèbre place Jemaa El-Fna.

Marrakech : placeJemaa el fna

Comme je l’ai déjà expliqué, les marocains sont « chatouilleux » sur les photos, donc je gardais les mains sur l’appareil sur mon ventre quand un charmeur de serpent m’a agressé parce qu’il me soupçonnait de prendre des photos sans viser ! (des fois, oui, mais là, non !) Et hop, 4ème engueulade ! Bienvenue à MARRAKECH !

Donc, ce matin de bonne heure, je décide d’y retourner dans des conditions plus sereines. En quittant l’hôtel, j’apprends que je n’ai plus de chambre ce soir ! Ma « résa » de 3 nuits s’est transformée en une seule. Bonne ambiance !

Je vais quand même sur la place …

La place Jemaa El-Fna à 7h

 

Puis je reviens prendre mon petit-dèj’, je paye (plus cher qu’annoncé), je cherche un hôtel à coté, je trouve une piaule, je laisse ma valise et me voilà reparti pour une visite exhaustive de la médina. Je prends le parti pris de me laissé arnaquer pour ne pas gâcher ma visite car, ça vaut vraiment le coup. Tout ces souks, tanneurs, teinturiers, fringues etc … cette folle activité permanente (enfin … après 11 heures !), ces mobylettes, les ânes c’est assez fascinant.

Tout près du tohu bohu … le calme.

Cette fois, j’ai bien téléchargé mes cartes mais c’est inutile car on se perd en 3 minutes et demander son chemin coûte 5 € à chaque fois. Donc, je tourne en rond, je reviens sur mes pas et petit à petit j’apprends à me repérer. Je me rends ainsi compte que l’on peut passer de l’activité trépidante au calme absolu de ruelles cachées en 40 mètres : étonnant ! Par contre, c’est usant ! Donc, je suis sorti du quartier bouillonnant pour finir l’après-midi dans de jolis parcs.

 

 

 

 

 

 

L’album complet de cette journée est visible dans un nouvel onglet en cliquant sur le lien suivant ;

Journée du 11 mai à Marrakech

 

ALLERGIQUE AUX MASSES ?

Ce matin, direction la gare routière pour acheter mon billet de bus pour Taroudant, puis je poursuis vers le jardin de Majorelle, tout près. Ce sont des jardins dont on ne visite qu’une petite partie, établis par Majorelle en 1910 puis rachetés et réinventés par Saint Laurent / Bergé en 1980. Hélas, à 10 heures, il y a une file d’attente désespérante pour acheter son billet. Donc 40 minutes plus tard, je « panurge » dans le troupeau le long de petites allées en brique surplombant un gravier magnifiquement rangé ! C’est très graphique, très coquet. C’est même très beau …

Photos du jardin de Majorelle

Je ne vous décrirais pas le superbe musée des traditions berbères qui se trouve dans le jardin … où il y a moins foule ! Une engueulade et un taxi plus tard je passe du nord de la médina, au sud. Pour visiter le quartier juif appelé Mehla.

Dans le quartier (juif) de la Mellah

Mais nous sommes samedi et le cimetière est inaccessible ainsi que la synagogue … Et m….e ! Cela ne m’empêche pas de me perdre avec délectation dans le ruelles étroite de ce quartier – qui a quand même moins de charme que les souks berbères d’hier. Je visite ensuite le palais de la Bahia où il y a un monde fou ! Rocamadour un 15 aout ! Ça me gâche carrément la visite, surtout de voir ces touristes se « narcissiser » à coup de « selfies » dans des pauses de pin-up de papier glacé devant des fontaines de marbre de Carrare du 16ème siècle.

 

 

 

Reste le palais El Badii ! Raté, il est en rénovation. Ce soir je fais repos à ma chambre d’hôtel, et pis c’est tout !

M…e pas de WiFi !!

 

 

AGADIR POUR UN POULET FRITE

Ce 13 mai, je ne me bouscule pas pour être 40 minutes en avance à la gare routière de Marrakech pour prendre mon bus de 10 heures ; direction Taroudant.

Gare routière de Marrakech

Sauf qu’en arrivant, j’apprends que le Maroc a changé d’heure cette nuit ! En conséquence, ce n’est pas 40 mais 100 minutes d’avance que je possède ! C’est mieux que 20 de retard me direz-vous ! Après une longue discussion assez occulte, je finis par comprendre que depuis qu’il y a l’autoroute entre Marrakech et Agadir, les bus pour Taroudannt vont PRESQUE jusqu’à Agadir avant de bifurquer pour Taroudannt. Et que donc, je ferais mieux de prendre de suite un bus pour Agadir où il y a beaucoup de moyens de transport pour Taroudannt. Et me voilà donc parti pour Agadir qui ne fait pas parti de mon circuit …

Marrakech ; Done !

Le trajet dure quatre heure et à la descente du bus je suis sollicité pour monter dans un bus pour Taroudannt … coooool ! Mieux encore, il ne part que dans une heure, juste le temps de manger un « poulet-frites » à l’une des cantines de la gare routière d’Agadir !

16 heures, arrivée à Taroudannt, ville qui, si elle semble moins esthétique que Marrakech, est beaucoup plus souriante et décontractée. Je m’installe dans ma chambre et vais flâner dans la ville. Puisque ce sont ces remparts qui ont fait sa notoriété, je longe ceux-ci sur les 3/4 du pourtour de la ville. Je retrouve, en cette fin d’après-midi, les femmes qui mènent leur progéniture au parc, les ados qui jouent au foot, les hommes à la terrasse des « trocsons » … Mieux, je prends les gens en photo et ils me sourient ! Vers 20 heures, je m’attable à la terrasse d’un café/restaurant d’une des places animées de la ville.

Place Assarag

Il y a une ambiance de feu car – j’ai cru comprendre – la Barça s’est fait battre en championnat de foot espagnol. Parce que, ici comme ailleurs, les hommes sont complètement fou de foot ! Ils regardent tout, le foot italien, le foot espagnol … ça va être énooooooorme pour la coupe du monde !!

Demain matin, je vais essayé d’aller à Tioute …

 

J’ai voulu voir ta sœur et on a vu ta mère

Ces chers guides (livres) touristiques m’ont incité à aller à Tioute, une vingtaine de kilomètres de Taroudannt, pour voir une belle casbah qui servit de décor au film « Ali Baba » avec Fernandel … La première bonne surprise fût la facilité de trouver un taxi collectif pour m »y rendre. A mon arrivée, un petit bonhomme m’interpelle et me propose d’en faire la visite. Sauf qu’en déclaration liminaire, il m’annonce qu’il n’y a plus de casbah, tellement elle est en ruine ! Elle devait faire illusion en 1954 au moment du tournage du film et le Lonely Planet n’a pas dû être mis à jour depuis. 🙁

Et me voilà donc parti avec Assoun pour une balade … dans la palmeraie de Tioute. Bon, c’était pas mal cette balade de 3 heures. Et puis Assoun était tellement charmant ! On a même bien rigolé :

Concours de gros nez !

Et puis il m’a bien expliqué le système d’irrigation, les moulins à huile, blé, orge et maïs.

Mais franchement, ce n’était pas ce que j’espérais. Assoun m’a emmené chez lui boire le thé en attendant que le taxi collectif fasse le plein de passager, d’ailleurs le chauffeur a appelé à peine 20 minutes plus tard.

Comme nous sommes lundi, cela fait exactement 4 semaines que je suis au Maroc. C’est aussi un peu plus de boulot numérique. Donc après-midi à réserver mon auberge aux gorges de Dadès et a pianoter sur l’ordi …

L’album complet de Marrakech et Taroudannt est visible ici :

MARRAKECH ET TAROUDANNT

 

LODGY OU DOBLO

Et alors ? Elle est pas belle cette trajectoire de « ouf » !! 🙂 Je rappelle qu’initialement, Marrakech était à la fin de mon programme et que j’y suis allé plus tôt pour éviter les grandes chaleurs.

Aujourd’hui, la journée entière a été consacrée aux transports. 420 kilomètres.

Je suis arrivé en avance à la gare routière de Taroudannt pour prendre le bus de Ouarzazate de 9 heures. Sauf qu’il n’y a pas de bus à 9 heures ! Encore un « tuyau crevé » !

Je me suis rabattu sur les taxis collectifs. Le premier pour Taliouine, 90 kilomètres. En Doblo. Mais nous ne sommes que quatre à attendre. Au bout de 25 minutes, je craque et je paie 3 places pour que nous partions enfin. A Taliouine, je choppe directement un taxi collectif pour Tazenakht ; 50 kilomètres ! En Lodgy. A mon arrivée à Tazenakht, un autre taxi collectif me hèle car il part de suite pour Ouarzazate ! De nouveau un Doblo. En effet, ce système très pratique de taxis collectifs utilise des véhicules semi-utilitaires dans lesquels une troisième banquette est installée à l’arrière. C’est quand même mieux que de s’entasser dans des Mercedes sans âge à quatre à l’arrière ! Dacia a réussi un coup magnifique avec le Lodgy qui doit représenter 80 % du marché ! A peine concurrencé par le Doblo de Fiat. Mais l’essentiel est que ce trajet s’est effectué dans des paysages magnifiques, faisant penser au far-west. Si la région sert de décor extérieur à de nombreuses productions cinématographiques, ce n’est pas un hasard !

Ça s’enchaine magnifiquement ! Et se n’est pas terminé : j’arrive à la gare routière de Ouarzazate à 12h50 et il y a un bus ( ultramoderne ! ) qui part à 13 heures ! Et c’est ainsi que je suis arrivé à Boumalne Dadès à 15h30 mais sans avoir mangé depuis 8 heures ce matin ! Donc, un ( mauvais ) couscous plus tard, je m’enquiers d’un taxi collectif qui remonte les gorges du Dadès jusqu’à l’auberge que j’ai réservée hier. Le responsable des taxis collectifs, désagréable, m’avise que personne n’emprunte cette route et qu’il faut que je paie le taxi complet aller/retour, soit 150 MAD ! (en gros le prix que j’ai payé depuis Taroudannt ce matin !) . Interloqué, je refuse et reste sur place. Un autre homme me montre où aller en haut de la station de taxi et là, je monte dans l’un d’eux qui m’emmène pour 20 MAD ! Voilà, il y a des marrakhis à Boumalne Dadès ! 🙁

Arrivé à mon auberge, je serais bien allé me dégourdir les jambes, mais l’orage menaçait. Parce que la vue, ici, est splendide.

Vue depuis l’auberge de la vallée des figues.

 

Alors, j’ai fait la « douche routard » ! C’est à dire douche tout habillé pour laver les vêtements en même temps que le bonhomme !

 

 

Les gorges du Dadès

Une vraie bonne grosse journée ; 6 heures de marche, c’est bien déjà ! Le but était de trouver un transport pour aller au point le plus éloigné et revenir à pied. Donc, à 8 heures je m’installe au bord de la route et assez rapidement un minibus très très local et très très pourri m’embarque ! Mais il me dépose à 6 kilomètres du but, je vais donc les faire à pied, et comme c’est la partie la plus spectaculaire des gorges, ça ne tombe pas si mal que cela ! Parce les gorges du Dadès c’est assez impressionnant !

Et voici les gorges du Dadès

Rendu tout au bout des gorges, je dégustais quelques gâteaux sucrés assis sur le parapet quand une 405 s’est arrêtée. Un monsieur en est descendu pour causer avec moi. Je lui ai expliqué ce que je prenais des forces avant de  rejoindre mon auberge à pied à 20 kilomètres de là … et il n’a pas voulu comprendre ! Peu importe, il a accepté de me prendre à bord et de me ramener au point de départ de ma marche ! Il ne restait plus qu’a rallier l’auberge. C’est toujours agréable de traverser les villages au rythme des pas, voir les marchands s’installer, les enfants partir ou revenir de l’école, les femmes aller chercher du fourrage pour les bêtes ou (s’étaient-elles donné le mot ?) faire la lessive des tapis et couvertures. Je pense que cela fait parti des préparatifs du ramadan. Quand ces villages sont de plus situés dans un site naturel magnifique, je ne vois pas le temps passer ! Usé par la route, j’ai fini la balade dans la palmeraie, qui n’en ai pas une puisque ici, c’est le peuplier qui règne sans partage ! J’ai fini le parcours dans le petit village juste en face de l’auberge, de l’autre coté de l’oued. Encore un village en pisé mais mieux entretenu que la moyenne et surtout avec 4 casbahs splendides … mais pour combien de temps ?

Gorges du Dadès

L’orage grondant m’a fourni un bon prétexte pour finir la journée pépère à l’auberge a détendre mes mollets tendus par les 20 kilomètres de marche !

 

Les autres gorges du Dadès

Rarement j’ai autant apprécié ma liberté de choix, ma liberté de mouvement. Cette vallée du Dadès est très belle, l’auberge où je loge est très accueillante. Les jeunes frères et sœur qui la gèrent m’ont proposé d’autres promenades alors, j’ai décidé de rester un jour de plus.

Vue depuis l’auberge de la vallée des figues.

 

Ce matin, je suis donc parti avec le cadet des frères Oulîd, 24 ans. Il m’a fait visiter un canyon escarpé, grimper des endroits invraisemblables et m’a humilié de sa forme physique juvénile 🙁 Nous avons beaucoup discuté car il parle très bien le français. En ce premier jour de ramadan, il m’a confié ses limites à la pratique religieuse et ressentir un certain enfermement idéologique dans un pays où la pluralité de paradigmes philosophiques est inexistante. Nous avons « raté » une famille de nomades berbère sans doute parti s’installer ailleurs pour le ramadan. Nous sommes resté dans leur masure quelques temps pour me restaurer des dattes et gâteau secs et pour lui se rouler un bon gros « tarpé avec sa karomen » !

Habitation de nomades berbères en haut du canyon des doigts de singe

 

Nous avons redescendu le canyon par un chemin plus à mi-pente avec une vue magnifique sur le haut Atlas. Nous avons encore croisé des casbah en ruine magnifiquement cachées dans la foret de boulots qui occupe le fond de la vallée avec les cultures pour arriver à un endroit peu visible où le Dadès traverse encore la montagne par de très jolies gorges tellement étroites qu’elles sont inaccessibles tant qu’il y a trop d’eau.

Les « autres gorges du Dadès » appelées gorges de Sidi Bourkar

 

Et c’est à cet endroit qu’avec Oulaïd et 3 de ces amis d’enfance – tous entre 21 et 25 ans – dans le secret absolu de ce coin de nature retiré du monde j’ai assisté à l’action la plus transgressive de mon existence : sous mes yeux, ils ont mangé des amandes ! Certains ont même bu de l’eau ! Certes, j’ironise un peu mais j’ai été troublé de voir ces quatre jeunes gens, travailleurs, père de famille pour l’un d’entre eux, venir se cacher dans ce coin paumé pour manger en cachette pendant la journée en ce premier jour de ramadan !

De retour à l’auberge, sachant que je manque de liquide pour payer, je dois faire du stop pour aller « à la ville » chercher du liquide. Ma bonne étoile m’aurait-elle un peu oublié ? Pour la première fois, j’ai attendu 1 heure et ½  avant qu’un Kangoo chargé de 4 jeunes hommes ne me prenne en charge et ne m’explique que le ramadan ça ne les arrange pas parce qu’il y a moins de taxi que ce n’est pas bon pour leur « business ». Ils me laissent 15 minutes « à la ville » et on retourne d’où l’on vient ! Merci à eux !

Les photos du jour à Dadès  L’album s’ouvrira dans une autre page

Ce soir, à l’auberge, je me suis encore laissé gaver par Aïcha. La sœur des deux frères ! Elle est jeune, discrète, souriante et cuisine comme une fée !!

 

 

COUP DE CALGON

Ce matin, coup de flemme, coup de cafard … dans tout les cas, je quitte cette auberge de « La vallée des figues » avec regret, parce que j’y étais juste bien … Au revoir à Brahim, Brahim, Oulîd et Aïcha …

Et j’ai du mal a me motiver dans le taxi collectif pour me dire que l’aventure continue, que ce n’est que le 33ème jour, que je revivrai d’aussi bons moments, que « machin, patin, couffin » … manque d’envie ! Bon, arrivée à Tinghir sans aucun problème, mais à Tinghir, il y a 2 gares de taxi-co’ !! Allez savoir pourquoi ! Mieux, des « petits taxis » locaux assurent la navette entre les deux gares ! Me voilà donc à la seconde gare et je suis le premier dans celui qui monte les gorges. J’attends une demi heure et finis par payer trois places pour partir plus vite. L’accueil au « Ciel Bleu » est agréable mais j’ai du mal a me bouger. Alors je demande les codes WiFi pour faire un peu de « numérique » et ouvre le site de surveillance statistique de mon blog … 10 visites en 3 jours et 1 commentaire en 3 semaines ! A noter l’arrivée d’une nouvelle abonnée, merci à elle ! Les 3 ou 4 heures par jour de numérique ne servent à rien si l’on a pas le talent d’intéresser un auditoire et à ce moment, mes notes de français/philo du bac’ reviennent à ma mémoire ! Donc je plaque tout et me voilà d’attaque pour aller marcher, sous la pluie ! Je me motive pour aller faire la plus courte des deux balades ici, celle dans les gorges, tant qu’a faire.

Je passe d’abord par le vieux village, évidemment, puis monte sur la rive opposée à celle occupée par la route. C’est de plus en plus escarpé et je me demande toute le cinq minutes si je ne ferais pas mieux de rebrousser chemin. Parce que là, être seul, c’est carrément un handicap et c’est obnubilant. Toujours se dire « si tu tombes, personne ne sait où tu es ! » 🙁

Donc, varappe à la montée, pierrier à la descente pour entrer enfin dans les gorges SOUS LE SOLEIL !!! Je cherche une « cantine » quelconque … NADA ! Il va falloir que je fasse ramadan moi aussi !

L’entrée sud des gorges de Toudra

Sinon, ces gorges du Toudra sont spectaculaires et je crois avoir réussi une ou deux photos. Pour autant, juste pour vous 🙂 je tiens a vous rappeler qu’en bon touriste je vous montre le meilleur, le plus beau. Hors ce joli site des gorges de Toudra est incroyablement souillé. A part l’hôtel désaffecté, on trouve un groupe électrogène diesel qui fait un fond sonore pénible, des graffitis parfois obscènes et des grottes ou vivent des mendiants dans une odeur d’urinoir que le vent des gorges ne parvient pas à dissiper.
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Donc on vous montre ça :
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Mais moi, j’ai aussi vu ça :

Dans ces gorges j’ai discuté un moment avec un papi (il avait mon age) qui m’a recommandé d’aller jusqu’à Imilchil, joli village fleuron berbère. A ma grande surprise, il est allé – comme Oulîd hier – de son verset « berbère persécuté ». Après voir blagué sur la colonisation française, il a tenu a rappeler que les arabo-musulmans ont envahi les contrées berbères majoritairement chrétiennes vers l’an 700 et qu’ils sont toujours là ! « ils sont venus nous imposer une religion qu’ils ne respectent pas eux-même ». 1.300 ans de ressentiments !! 1.300 ans d’occupation et toujours des langues distinctes, des cultures identitaires fortes et peu de mariages mixtes dans cette région.

Si ils disent vrai, je suis sidéré !

 

SYNDROME DU PRE DE MADAME CARLE

Pas enthousiasmé par les gorges du Toudra, je me suis donc mis au bord de la route qui mène à Imilchil dès 07h40 ce matin ! Et le minibus prévu est arrivé … à 08h30. Nous passons les gorges mais le spectacle a eu lieu après ! Contrarié hier, quelques réconforts m’ont remis en selle mais aussi cette route absolument magnifique qui mène plein nord vers le cœur du « Haut Atlas » par deux cols à plus de 3.000 mètres d’altitude.

Je me suis battu avec les vitres du minibus pour faire des photos pendant que l’on roulait. Mais c’était de toute beauté !

Au delà des gorges de la Toudra en route pour Imilchil

Ça c’est gâté quelques instants quand le minibus s’est arrêté à son terminus 15 kilomètres avant ma destination. Et puis l’arrêt en question, c’était « Bagdad Café » … paumé au milieu de rien ! Un taxi collectif est arrivé très vite et j’ai pu poursuivre ma progression. J’emploie le terme à dessein parce que, entre la route défoncée, les gués envahis de boue et les arbres tombés au bord de la route … ce n’était pas simple ! Finalement je suis arrivé à bout des 85 kilomètres en 4 heures !

Installation chez Marouane à l’auberge des lacs. Une petite visite de ce bourg de montagne ; nous sommes à 2.200 mètres d’altitude et ça caille ! Je rentre donc manger une omelette berbère, enfiler un sous-vêtement chaud et mettre ma doudoune ! Je ne les aurais pas apportés pour rien !

L’Auberge Des Lacs à Imilchil

Et je repars marcher vers un petit lac a 4 kilomètres au nord. L’occasion de marcher avec des enfants, de leur offrir un ballon neuf, de discuter un moment avec le pompiste à la sortie du village. A quoi tient cette facilité du jour ? Le cheminement pour venir, la difficulté d’accès, les peupliers, les femmes pliant sous la charge de fourrage, le petit vent glacial … tout ceci m’a fait penser a ces villages de fond de vallée au Népal, au Bhoutan, en Éthiopie. Ces endroit où l’on accède en voiture pour pouvoir aller plus loin … à pied. C’est Oulîd, avant hier qui avait réveillé cette sensation dans la bergerie nomade en m’expliquant que plus loin, dans la montagne vivait de nombreux nomades dont on ignore même l’existence. Ce que j’appelle en moi « le syndrome du pré de madame Carle » en référence à ce lieux où, adolescent, je voyais les touristes faire demi-tour quand, moi, je savais que les grandes émotions sont plus loin, plus haut !

Imilchil sera « mon » pré de madame Carle du jour !

Pour voir les photos du jours, c’est ici ;

Route magnifique vers Imilchil

 

BOUARFA

A Imilchil, en relisant mes notes, j’ai constaté que Midelt était très intéressant pour les balades de plusieurs jours que l’on peut y faire … mais que le village ne présente aucun intérêt. Échaudé par mon expérience de Tafraoute et par un hôtelier désagréable au téléphone, j’ai décidé de shunter Midelt !

Défi : rejoindre Figuig dans la journée : 560 km ! Tout commence ce dimanche 20 mai par un départ à 07h50 en minibus tout pourri pour Rich. Je n’ai d’abord pas prêté attention aux tabourets en plastiques entassés derrière les 11 places « officielles ». Mais le véhicule s’est arrêté sans cesse et s’est rempli, rempli, rempli … les nouveaux occupants s’installant sur les tabourets entre les banquettes … genre montée à Chichicastenango pour celle qui pourrait s’en rappeler !  Bon cela n’a pas trop duré et le lent cheminement vers Rich ( 80 kms en 3 heures et demi )s’est déroulé sans encombre. Brève attente à la gare de taxis collectifs de Rich et en route pour Errachidia. Et là, j’arrive juste une heure et demi avant le départ d’un bus pour Bouarfa ! Quel bol ! Il est 14h00 et je décide de trouver de quoi manger. C’est alors que j’ai compris à quoi ressemble le ramadan. Presque tout les magasins sont fermés. J’ai pu m’acheter quelques biscuits industriels, s’est tout. De retour à la gare routière, par politesse, je demande au policier de faction si cela pose problème que je mange mes « simili Princes » au chocolat dans la gare … Il me répond que oui et que je ferais mieux de venir dans son bureau ! Ah, ok … cela permet de causer un peu 🙂

Bon, le moment de monter dans le bus est venu, mais pas le bus ! Il est en panne, le prochain est à 20h30 heures ! Et vlan !

Je fais une tentative désespérée auprès des taxis collectifs et fini par me résigner à attendre. Attente instructive ! Certes, les gares routières ne sont pas, ici comme ailleurs, les endroits les mieux fréquentés, mais 4 castagnes en 5 heures, en pleine gare, ça fait beaucoup ! Comme quoi, il n’y a pas que moi que la faim rend irritable !

Je réserve un hôtel par téléphone à Bouarfâ. Je ne prends pas le risque de manger entre la rupture du jeun et le départ à 20h30. J’arrive donc à l’hôtel à 01h30 avec 6 « simili Prince » dans le ventre depuis ce matin 7 heures ! Toute la terrasse regarde « OM – Amiens » à la TV et cela les passionne ! C’est fou non ?

Je m’endors dans une chambre « cellule de prison » avec une de ces faims !!

Quand je pense qu’un touriste marocain m’avait dit que le ramadan, je ne m’en apercevrais même pas !

Pas de photo aujourd’hui.

 

SEUL AU KSAR

Donc, ce matin je quitte mon hôtel-prison de Bouarfâ pour la gare de taxis collectifs et faire les 100 kilomètres qui manquent pour rejoindre Figuig. Mais il n’y a pas de taxi collectif pour Figuig !! Encore un « tuyau crevé ! » . Mon chauffeur de « petit » taxi se démène pour que je parte et fini par me laisser sur un trottoir en ville en me disant qu’un bus arrive. Je le paie lui souris et le maudis de me prendre ainsi pour un c… ! Sauf que le bus arrive 4 minutes après ! Et hop, c’est parti pour Figuig et tranquille je m’endors du sommeil … dont je manque. Je me réveille, la pluie bat les vitres, c’est moins bien.

Arrivée à Figuig sous la pluie

A l’arrivée, le propriétaire de l’auberge que j’ai réservée m’attend à la descente du bus. Parce que, en fait, tout seul, son établissement est absolument introuvable ! Il est dans l’ancien ksar planqué au fond d’une impasse.

Auberge de l’Oasis.

L’intérieur est superbe, je vous laisse juger vous même en regardant l’album photo !

Installé, je suis reparti impatiemment à la découverte de ce ksar. Malgré une météo maussade, je me suis encore régalé dans ce labyrinthe – le dernier du voyage ? J’ai traversé une partie de la palmeraie et suis revenu au village principal de Figuig. Là je me suis rendu compte à quel point le pays – enfin, ce village au moins – tourne au ralenti pendant ces 30 jours de ramadan. J’ai erré dans une ville fantôme pendant plus d’une heure.  Disposant de temps je pensais tenté l’expérience du coiffeur … ben ça attendra !

Retour à la chambre en attendant que le propriétaire ne m’appelle pour le diner. Je n’avais pas compris qu’en fait il m’emmenait ailleurs, chez lui. Et là, une vingtaine de personne s’apprêtait pour l’iftar ! ( repas du soir du ramadan ) Un grand moment ! J’ai passé deux heures adorables avec les frères, les sœurs, les nièces les neveux … Une table pour les femmes une autre pour les hommes où le plus ancien préside et c’était moi – l’air malin tiens ! Un grand moment que je renouvellerai peut-être demain.

Parce que si il veut bien faire beau je reste ici demain, ce lieu enclavé dans le territoire algérien est magique !

Quand je pense qu’un marocain de Oujda m’a dit qu’il n’y a rien a voir à Figuig … d’ailleurs c’est le même qui pensait que le ramadan n’aurait aucune influence sur mon séjour !

Les photos du jour :

Photos de Figuig

 

KSOUR TOUJOURS

Un bon orage cette nuit et grand ciel bleu ce matin ! Ismaïl, le propriétaire m’a fait envoyer une cuisinière qui m’a fait mon petit-déj’ pour moi tout seul et a 9 heures et demi je suis parti faire la visite des autres ksour de Figuig. Il y en a 7 en tout, 5 sont a voir, il m’en reste donc 4 puisque j’ai bien profité de Zenaga où je loge. Je commence a me perdre dès la sortie de l’auberge et fini par rejoindre le ksar Hammam Foukani. C’est toujours aussi poignant cette belle architecture abandonnée … mais je vous ai déjà tout dit sur le sujet ! Ce premier ksar est encore en partie habité mais je n’ai pas pu visiter la mosquée désaffectée où jailli une source d’eau chaude ( d’où le nom ). Le ksar voisin est lui totalement en ruine. Donc, cap à l’ouest pour voir le ksar Loudaghir. Je ne m’attends à rien de spécial : erreur ! Ce ksar est en partie rénové ; une porte majestueuse, une rue principale, une mosquée, le tout avec de timides panneaux explicatifs ! Aucun livre, aucun blog ne parle de cet effort gouvernemental pour préserver ce qui peut l’être si bien que ce patrimoine réhabilité est totalement confidentiel ! Je n’en crois pas mes yeux ! Et je repense au marocain de Oujda qui me disait qu’il n’y a rien a voir ici !! Juste les plus beaux ksour depuis le début de mon voyage et j’en ai vu quelques-uns ! Le quatrième et dernier (pour moi!) ne vaut guère la peine que l’on s’y attarde.

Grâce a mes cartes GPS, je trouve les petits chemins à travers la palmeraie pour regagner mon auberge. Ismaïl fait son apparition. Je lui fais part de mes doutes sur les bus pour Oudja ( « on » m’a prévenu que pendant le ramadan beaucoup ne circulaient pas ! ) et il décide, puisqu’il y va demain, de me faire une place dans sa voiture ! Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seul, il me propose aussi de faire la rupture du jeûne ce soir avec sa famille, comme hier ! Seule ombre au tableau, je voulais marcher dans le parc de Beni Snassen ( 50 km après Oujda ). Il n’y a un qu’un seul établissement duquel c’est facile et il m’ont annoncé être fermés tout le ramadan. J’ai donc réservé un hôtel à Oujda, mais cela ne règle pas le problème !

 

Journée « à la marocaine »

Donc Ismaïl , sosie officiel de Dany Glover 🙂 à qui son épouse manque tellement, m’avait prévenu hier que l’on y irait à Oujda « tranquille » ! Je me lève, (je ne bouscule personne 🙂 )vers 08h30 et Ismaïl m’annonce que pour le petit-déj’, sa belle-sœur est souffrante et que l’on se contentera donc de peu …

Bon …

A 09h30 nous quittons l’auberge. Nous achetons des dattes, beaucoup de dattes … avec de bonnes rigolades avec les vendeuses

Bon …

Puis nous allons de magasins fermés en magasins démunis, à la recherche de sangles. En chemin, nous rencontrons le chef de la police qui prend un des paquets de 2 kilos de dattes dans le coffre. Les cadeaux entretiennent l’amitié ! Ne trouvant pas de sangle, nous retournons à l’atelier de Ismaïl pour attacher son vélo sur le toit de la Jeep Cherokee brinquebalante avec du fil de fer. Il faut chercher une pince coupante auprès des voisins et cela dure, dure …

10h30, c’est parti … pour le garage. Vérification des niveaux d’huile car la boite de vitesse fuit. Mais le pont n’est pas libre, il faut attendre … un peu.

Une demi-heure quand même ! 11h00, c’est parti ! On va chercher la sœur d’Ismaïl qui vient avec nous. Celle-ci entre dans une rage folle quand elle voit le chargement du Cherokee car elle a 8 ou 10 sacs avec elle ! Donc, elle ne vient pas.

12h00, c’est parti ! Pour de bon, cette fois. 13h30, escale à Bouarfâ. Nous allons à la trésorerie déposer de l’argent et Ismaïl en ressort avec le trésorier général. Celui-ci très aimable passe par le coffre de la Cherokee et prend son paquet réglementaire de 2 kilos de dattes ; les cadeaux entretiennent l’amitié ! Nous allons ensuite livrer un pâtissier en dattes, c’est long … très long. Toutes ces personnes charmantes me demande ce que je fais, pourquoi je voyage seul, avec Ismaïl …

N’ayant pas confiance en son garagiste de Figuig, Ismaïl passe chez celui de Bouarfâ pour faire re-vérifier les niveaux. Comme celui de la boite de vitesse n’est pas brillant, l’ouvrier garagiste ajoute de la graisse à l’huile pour que ça fuit moins !

Bon …

15h00, nous quittons Bouarfâ et passons comme toujours à la sortie de chaque ville, par le poste de « sureté nationale ». Ismaïl a encore des dattes mais a bien du mal a faire comprendre au monsieur en uniforme qu’il n’en a pas pour lui, donc palabres au milieu de la route …

Bon …

La route est extrêmement monotone 

et de ce fait je m’endors au moins une heure quand je suis réveillé par Ismaïl qui grommelle contre son 4×4. De temps en temps, le moteur perd toute sa puissance avant de « redémarrer » en dessous de 40 km/h …

Bon …

Le phénomène s’accentue au fil des 260 km pour se produire tout les 2 kilomètres en fin de parcours. Mon Dieu que ces 30 derniers kilomètres m’ont paru long ! Ismaïl ne cessait de me répéter qu’il ne fallait pas s’inquiéter et qu’il avait toute confiance puisque -dit-il – j’ai la « baraka » ! Le Cherokee aime la ville ! Dès l’entrée dans Oujda, plus de problème. Même pas pour passer dans des banlieues sordides laisser 5 kilos de dattes à deux jeunes étudiantes de 20 et 23 ans qui rendent de « menus services » à Ismaïl quand cela lui fait plaisir.

Bon …

Nous trouvons l’hôtel avec quelques difficultés dont Ismaïl reconnait le propriétaire ! Je pense donc des mains d’un ami à l’autre !

Tout va bien ! Je fais donc le ftour à l’hôtel en compagnie d’un jeune marocain à l’hôtel lui aussi pour raison professionnelles. Il m’apprend plein de chose et avons des échanges très instructifs.

Voilà, une journée où rien ne se déroule comme prévu et où j’apprends beaucoup, énormément même sur les vertus du temps qui ne compte pas. On ne perd pas son temps quand on ne cherche plus à en gagner.

Je ne sais toujours pas où je vais demain ni comment, évidemment ! Mellila ? Puisque cela semble « rappé » pour Béni Snassen …

 

Puisque je rejoins la méditerranée, voici l’adresse de l’album photo des 8 derniers jours passés :

De Dadès à Figuig

 

L’EUROPE EN AFRIQUE

 

Voilà, une journée de déplacement, encore.

Pour arriver à Melilla. Une enclave espagnole sur les terres marocaines comme celle plus connue de Ceuta. Je m’attendais, au su des graves problèmes d’intrusions, à de grosse difficultés pour passer la frontière, il n’en fût rien. C’est un poil pénible mais cela reste dans la normale.

La sensation de se retrouver en Europe est étrange et après plus de 35 jours au Maroc, c’est même réconfortant. Des signaux familiers, comme le respect des piétons, la cloche des églises, les odeurs de frites, le paiement en euro, tout ceci rend le lieu moins étranger. Une petite impression d’être un peu « à la maison » ! Et puis, après l’installation à l’hôtel, il y a un bon gros demi à la pression avec un « bocadillas » au « sérano » et là, c’est le bonheur !

 

Je me plais déjà ici et malgré qu’il est évident que je ne vais exploser mon budget je vais rester 2 ou 3 jours.

Cet après-midi j’ai visité la vielle ville et ses 2 forts ; joli … sans plus.

Photos de Mellila

Demain, je vais tenter d’aller faire une longue balade qui surplombe la ville … mais c’est au Maroc ! Je ne sais pas si cela va être facile voire possible.

 

LE DÉTAIL QUI TUE !

Réveillé très tôt, en total manque de sommeil, je décide de ne pas allé faire ma longue balade marocaine au nord de Melilla. J’opte donc pour la visite « architecturale ».

En effet, la ville a été totalement remodelée il y a une centaine d’année par Enrique NIETO en pur style « art déco » et « moderniste ».

Photos de Mellila 2

Décidé à me reposer, je profite de passer devant l’office du tourisme pour savoir comment faire demain cet aller/retour au Maroc. Il y a cinq portes d’accès à Melilla dont 4 réservées aux résidents ; celle du nord par exemple ! Donc il me faudrait environ 2 à 3 heures pour me rendre en différents transports en commun au début de ma balade, 3 kilomètres au nord de mon hôtel ! Voilà ! Fin de l’histoire !

Je vais donc passer des heures très très paisibles ici !

 

EN REGARDANT RÉAL – LIVERPOOL

Puisque je n’ai pas pu faire la randonnée prévue, j’ai passé une dernière journée paisible à Melilla. Après la visite de deux petits musées décevants, je suis allé chez le coiffeur. C’était à 13 heures, et la TV était déjà en direct depuis Kiev, 8 heures avant le coup d’envoi de la finale de champions league ! (avec le Réal de Madrid). Une heure délicieuse à plaisanter avec le coiffeur et ses clients !

Puis est venue l’heure du défilé militaire.

Journée de remerciement à l’armée

Je pense avoir compris que c’est la journée de remerciement aux armées. Tout les corps d’armée ont pris place sur la plaza Espagna puis ont défilé dans l’artère principale de Mélilla. C’était sympa de se mêler à la ferveur populaire quoique que … l’air martial de la légion applaudi à tout rompre par la foule massée au pied du monument à la gloire du fascisme … cela m’a mis un moment mal à l’aise !

 

 

 

 

Les photos du jour

 

BACK TO MORROCO

Et voilà, la récréation est terminée. Trois jours à l’européenne m’ont un peu ramolli la motivation mais c’est de bon cœur que j’ai retrouvé ce matin le Maroc que je suis venu appréhender, autant que faire se peut. Il y a deux heures de décalage horaire entre l’Espagne et le Maroc, donc entre Melilla et Nador. Cela n’a que peu d’importance vu que tout le monde, le soir, dine en même temps, une fois le soleil couché, soit 19h20 pour les uns et 21h20 pour les autres ! Pour les horaires de bus, c’est plus délicat !

Bref, je suis parvenu sans encombre à Nador en taxi avant de prendre le bus régulier pour Al-Hoceima. Les hôtels « petits budgets » ne servant pas de petit-déjeuner pendant le ramadan, je me rabats sur des hôtels de (presque) luxe pour pouvoir manger le matin !

Chambre de l’hôtel La Perla à Al-Hoceima

 

Alors, Al-Hoceima … comment dire ? J’y suis venu pour tenter de faire un incursion, une excursion dans le parc éponyme voisin et passer par cette « jolie station balnéaire ». Bon, c’est une station balnéaire assez moche en fait. Le port est assez joli … de toute manière, j’aime bien les ports !

Port d’Al-Hoceima

 

Vous verrez sur les photos que la météo n’est pas fabuleuse, ce qui veut dire que j’ai encore passé la journée en pull. Un jour, j’irai visiter un pays chaud ! 🙂 Comme nous sommes dimanche, je n’ai pas pu encore louer de voiture pour accéder au parc national … Nous verrons cela demain … Inch’ Allah !

AL-HOCEIMA

 

PAYER POUR VOIR …

Affichez la carte ci-dessus en « google physical » pour mieux voir le parc.

Comme je l’écrivais hier, je suis venu à Al-Hoceima pour le parc national. En cette période de ramadan et de tourisme rare, il a fallu que je le visite seul et donc que je loue ma petite auto, ce qui a fait exploser mon budget quotidien, mais c’est ça ou ne rien voir ! Dans ce parc, on peut voir des thuyas noirs … je n’en ai hélas pas vu. Il faut dire que je n’ai pas osé emprunter les pires pistes avec ma petite citadine de location – pas bien jeune d’ailleurs ! Malgré tout, quel plaisir de rester maître du temps et de plus, maître de la trajectoire. S’arrêter où on veut et quand on veut, c’est bien aussi ! Quand je dis maître de la trajectoire, malgré que j’ai évité les reliefs les plus escarpés (comme vous pouvez le constater ) je me suis retrouvé dans des descentes que je savais que la voiture ne remonterait pas ! Il valait mieux qu’il y ait une issue ! Seul sur des chemins où passe 2 voitures par jour, je n’avais pas toujours le sourire ! Faudra que je m’explique pourquoi je vais parfois ainsi ajouter des angoisses aux inquiétudes !

Parc National Al-Hoceima

Mais je ne vous ai pas dit le principal : ce territoire est étonnant ! Par sa diversité et surtout ses couleurs de sol : de l’orange, du rouge et même un peu de violet ! Je me suis régalé ! Les meules de paille sont très esthétiques, le vert glacé des oliviers sur la terre ocre, de jolie petites mosquée un peu partout … c’est absolument charmant !

Voilà, j’ai déjà réservé demain à Oued Laou, reste à savoir si il y aura des passagers pour emplir le taxi collectif 🙁

PHOTOS DU PARC AL-HOCEIMA

 

LA BELLE ESCROQUERIE

29 MAI 2018

Tout commence normalement à la gare routière de Al-Hoceïma vers 09h30. « On » m’a dit que des taxis collectifs allaient à Oued Laou, je suis donc confiant. Mais évidemment, c’est faux ! Il faut passer par Tétouan, au bout de la nationale à l’intérieur des terres et revenir ensuite à Oued Laou. Pffff

Puisqu’il y a justement un bus pour Tétouan, j’embraque à 10 heures. Ce que je n’avais pas prévu, c’est que le parcours est extrêmement montagneux, de toute beauté même ! Mais il va me falloir 7h30 pour effectuer les 280 kilomètres. Plus 40 minutes de taxi collectif pour faire Tétouan – Oued Laou !

Je n’ai pas assez de débit Wi-Fi pour mettre des photos de ce massif montagneux qu’est le Rif, mais c’est immense et grandiose. Donc, si je n’ai pas pu faire le parcours côtier, je dois dire que cette route m’a ravi. Après un changement rapide de moyen de locomotion, j’arrive finalement à Oued Laou à la tombée de la nuit, je cherche l’hôtel que j’ai réservé et payé sur « Expédia » et je trouve … un rideau de fer soigneusement baissé ! Le bar voisin me confirme que l’hôtel est fermé depuis octobre dernier ! LA BELLE ESCROQUERIE !! Le mec encaisse des nuitées fantômes grâce à des plateformes de réservation peu regardantes ! . Et Oued Laou, ce n’est pas Marrakech pour l’hôtellerie ! Un type me colle pour me caser un appartement, mais je rappelle que mon problème est plus le petit-déjeuner que la chambre. Je trouve donc « l’autre » hôtel de Oued Laou qui refuse justement de me servir un petit-déjeuner pendant le ramadan ! Les nerfs !!!

Les taxis collectifs refusent de me mener directement à l’étape de demain … mais le type qui me colle m’annonce qu’il peut me servir un petit-déjeuner dans l’appartement qu’il me propose ! Aaahh ! La bonne nouvelle !

Je le suis, je m’installe dans un trois pièces cuisine très acceptable, ressort manger vite vite car j’ai les crocs !!

 

J’AI CRU AVOIR PERDU MON MOJO !

Franchement depuis 45 jours que je suis au Maroc, tout se passe très bien. Juste un regret de ne pas avoir pu marcher un peu plus, surtout vers Tafraoute.

Alors, quand hier, il a fallu faire cette trajectoire « à la c..  » pour honorer une réservation dans un hôtel fantôme à Oued Laou, j’ai douté !

Quand ce matin, je me suis baladé une heure au petit matin dans ce « bled » … je me suis demandé ce que je faisais là !

Quand, ensuite, aucun taxi collectif ne part, faute de voyageurs et qu’il faut que j’en « privatise » un pour moi tout seul, j’ai cru avoir perdu ma petite baraka !

Et puis, je suis arrivé dans un endroit charmant tenu par un portugais. Donc, carrelage et sanitaire au top !! 🙂

Ma chambre au Caiat Lounge Refuge

Oh ça va ! Si on ne peut plus plaisanter avec les clichés ! Donc, le monsieur charmant m’a indiqué LA balade à faire dans le parc national de Talambote et surtout il m’a mené au départ soit 5 kilomètres de voiture.

 

 

 

 

 

 

 

 

Une balade de 4 heures pour me dégourdir les jambes, une balade sympa, sans plus. Mais, il parait que cette balade est surpeuplée à la saison chaude et cela se voit ! C’est une succession de détritus de toutes sortes, bouteilles d’eau dans les arbres, bagages abandonnés, anoraks dans les fossés … c’est déprimant !

Mais le décor, c’est cela aussi

Voilà la « buvette » terminale juste avant les cascades …

Photos des gorges d’Akchour

De retour au parking, comment faire les 5 kilomètres de route pour revenir à l’auberge ? Quelques taxis sont bien là, mais ils ont amené des clients depuis Chefchaouen et ils les attendent pour le chemin de retour. A ce moment je sens bien que je vais les faire à pied ces 5 kilomètres … Mais un brave type me propose de me mener sur sa super Mob’ ! Ben oui, tiens !!

J’AI RETROUVÉ MON MOJO !!

Sur ma lancée, à l’auberge je cherche le moyen d’aller à Chefchaouen demain matin … et c’est le patron qui me trouve un transport à 09h30 !! Je force ma chance et décide de réserver directement à Tétouan pour deux nuits et je trouve une super promo dans un des meilleurs hôtel de la ville !

J’AI RETROUVÉ MON MOJO !!

Faudra juste que je trouve le moyen de me débarrasser de ma valise pour visiter Chefchaouen dans la journée … la consigne de la gare routière ?

 

Je termine donc cette exploration de la côte méditerranéenne du Maroc dont voici l’album photo complet :

De Melilla aux cascades d’Akchour

 

JE N’Y AI VU QUE DU BLEU !

Ce matin, j’ai donc patiemment attendu l’heure du mini-bus (09h30) promis par le patron de l’hôtel. Et il n’est jamais passé ! Et un tuyau crevé, un !

Heureusement, j’ai trouvé un taxi collectif et je me suis retrouvé à la station de taxi de Chefchaouen vers 10h30. Mais avec mon sac à dos ET ma valise ! J’ai avisé un petit boutiquier qui a bien voulu me garder mon bagage dans son échoppe pour 50 dirhams (5€). Et me voilà parti pour la visite d’une des médina les plus connues du Maroc. La vieille ville fortifiée s’est installée depuis le XVème siècle sur les pentes du Rif. Pendant les années 30, les réfugiés juifs ont peint les murs en bleu pour se faire un paradis en fuyant l’enfer … Maintenant, c’est cette marque distinctive qui attire les touristes dans cette ville de 45.000 habitants. Et c’est vrai que c’est un paradis pour les photographes !

 

Médina de Chefchaouen

J’ai pris 300 photos en quelques heures, je ne savais plus où donner de l’objectif ! Tout est peint en bleu, « du sol au plafond« . Alors on a envie d’explorer toutes les ruelles, les moindres recoins tellement la lumière est irréelle ! Alors, voyez plutôt mon parcours, j’ai voulu tout voir, absolument tout !

Et j’ai vu même les moindres recoins, les moindres détails :

Le diable se cache dans les détails !!

J’ai donc passé quelques heures magiques à Chefchaouen, sous un soleil radieux et une lumière exceptionnelle. J’ai bien eu du mal a faire un tri. Pour les voir, cliquez sur le lien suivant :

Les bleus de Chefchaouen

Et puis, j’ai récupéré ma valise et de taxis collectifs en « petits taxis », j’ai pris possession à Tétouan de ma chambre bradée avec 55% de réduction ! Le ramadan ça a du bon quand il fait fuir les touristes ! 🙂

Hôtel Al Mandari à Tétouan

 

 

TETOUAN LA BLANCHE

Super hôtel, donc super petit-déj’ et tout mon temps vu que je reste deux nuits à Tétouan. Cela me donne d’ailleurs des idées pour la suite …

Après avoir été ébloui par la « blue » médina de Chefchaouen, j’étais assez circonspect sur les attraits supposés de Tétouan. Je suis donc parti à travers le quartier Ensanche ( qui veut dire « extension ») pour rejoindre la médina. Ce quartier Ensanche porte le dénomination de « nouvelle-ville » car il fût construit au début du XXème siècle quand Tétouan était la capitale du protectorat espagnol (de 1912 à 1956)

A cette heure matinale (10h30 !) les magasins ouvrent à peine dans ce quartier « chic » et les rues sont désertes …

L’avenue Mohammed V, principale du quartier Ensache

J’aboutis donc sur la place du palais royal très encombrée … de policiers, avant d’entrer dans le sud de la médina. Ben, rien de passionnant pour tout dire. Un jardin remarquable (soit disant !) tout pourri et à l’odeur nauséabonde ( voir l’échappée de l’enceinte tout au sud sur la carte ci-après)  alors, je décide d’aller visiter le centre d’apprentissage de l’artisanat local. Comme personne ne fait cette visite, tout le monde fût absolument charmant. C’est un lycée technique en fait ! ( voir l’échappée de l’enceinte à l’Est sur la carte ci-après) Le proviseur m’a fait payer l’entrée et je suis allé d’ateliers en ateliers accueilli de diverses façons par les élèves et superbement par les enseignants. J’ai passé une heure avec les filles qui apprennent la céramique et beaucoup de temps également avec le « prof » de travaux en cuivre. On a parlé art, interdictions islamiques, représentations géométriques de Dieu : j’ai appris des tas de choses.

Et puis, intrigué par la tache sur la carte sans aucune voie de circulation au cœur de la médina, j’ai voulu allé comprendre. Et voilà, je m’y suis encore perdu … avec délectation ! Ces labyrinthes sont hallucinants !  J’ai pu voir les tanneurs, les couturiers, les menuisiers à l’œuvre, les hommes courir pour aller à la prière (c’est le mois sacré de ramadan, donc ça ne rigole pas ! )

Médina de Tétouan

et je suis monté petit à petit sur les pentes. L’aspect coquet de la médina se délite furieusement avec l’altitude mais justement, ce n’est pas juste un décor, les gens vivent, travaillent, se ravitaillent, vont à l’école et prient dans ces labyrinthes escarpés. en bas des pentes, une belle vue sur la médina explique bien pourquoi on l’appelle la médina blanche !

Pour comprendre pourquoi cette médina est dite « blanche » !!

Par contre, pour une fois que je n’ai pas de sac à dos, pas une bouteille d’eau à acheter ! C’est donc la fatigue, la faim et la soif qui m’ont ramené à l’hôtel non sans passer par les souks … enfin animés !

Voilà, encore beaucoup de photos … trop pour un carrousel. Donc pour voir l’album complet dans un autre onglet, cliquez ci-dessous.

Photos de Tétouan

Une bonne partie de l’après-midi consacrée aux activités numériques. Je décide de renoncer à Ceuta. Je ne suis pas certain d’aimer cette ambiance de forteresse assiégée et d’y profiter d’un confort européen dont j’avais eu du mal a me défaire après Melilla.

 

JE N’IRAI PAS PLUS AU NORD

Dur de quitter mon hôtel de luxe de Tétouan ce matin ! Donc petit taxi pour la gare routière et grand taxi sans attente pour Tanger.

Il y a 1.500 mètres de l’arrêt des grands taxis à mon hôtel réservé à Tanger. Je les fait à pied, j’aime bien prendre ainsi mes repaires. Dans ce Tanger moderne, il n’y a rien de marocain, enfin, rien de typique, quoique, plus je m’approche de l’hôtel, plus je retrouve une architecture début 20ème, voire « art déco ». Je laisse ma valise à l’hôtel et pars visiter la « nouvelle ville » de Tanger qui, ici comme ailleurs, désigne donc ses quartiers début 20ème. Rien de bien exaltant et je ne regrette pas du tout de ne rester ici qu’une seule journée. Avant de pénétrer dans la médina, je visite l’église  St Andrew. Non pas que son architecture soit intéressante mais son histoire est exemplaire. Le résultat est un lieu de culte anglican avec un « Notre Père » au fronton du chœur écrit en arabe, un mihrab avec une croix au dessus, un autel catholique, un autel protestant et des mandalas … Ça fait rêver !

Ensuite, je me suis ENCORE délecté des petites rues de la médina. Voyez plutôt la trajectoire ci-dessous …

Alors, je ne sais pas si cela vous lasse, si mes photos sont redondantes, mais ce qui est étonnant c’est que malgré les indéniables similitudes, toutes ces médinas ont leur caractère propre et jamais je n’ai eu l’impression de REfaire la même chose.

La rue Jnane Al Captane est une impasse dont les habitants prennent grand soin

Tanger n’a jamais été marocaine avant 1956, date de l’indépendance. Ce fût longtemps un port franc aux activités interlopes qui ont fait sa notoriété. Les états occidentaux y avaient donc des « légations » et celle des États-Unis à été reconstituée en musée (et centre culturel) … visite chargée d’histoire … et de jalousie extrême envers le photographe de talent qui y expose !! Grrr

Et puis, tout au nord de l’enceinte, à la porte Bab Bhar, je regardais l’Espagne au dessus du détroit de Gibraltar, un autre continent si proche. J’ai atteint le point le plus septentrional de mon parcours, je n’irai pas plus au nord cette fois. Je suis parti depuis 48 jours, c’est la première fois de ma vie que je pars aussi longtemps, je suis à 1.600 km à vol d’oiseau de mon point de départ, j’ai parcouru 5.000 kilomètres et « mon » Europe est là, tellement convoitée. Plongé dans mes pensées, un camerounais, David, m’a abordé. Il m’a raconté ses motivations, ses espoirs, les obstacles qu’il doit surmonter, les jours à griller dans le désert, les grillages de Ceuta, l’indifférence des nantis, la cruauté, les brutalités, l’aide de la foi, l’hypocrisie des églises … Les caravanes d’esclaves sillonnaient le Sahara il y a 400 ans, beaucoup y laissaient leur peau, leur os ; et maintenant ?

J’ai redescendu toute la médina, songeur, pour regagner mon hôtel …

2 JUIN 2018 A TANGER

 

 

TOUT TANGER EST ÉCARTÉ

Oui, bon ça va ! Il faut que je les trouve tout seul mes titres !

A Tanger, comme d’habitude je suis allé prendre le taxi collectif à l’endroit dédié. C’est le même prix et c’est plus facile que le bus qui part toujours de l’extérieur de la ville. Pas trop d’attente et me voilà parti dans la traditionnelle Mercedes. Vu le prix, quand le trajet avoisine l’heure, je me paie deux places histoire de ne pas me luxer une épaule. Au dernier moment je m’aperçois que le taxi passe devant la gare d’Asilah, je demande au chauffeur de m’arrêter et je me retrouve dans une gare déserte à part quelques voyageurs qui attendent  … Au bout d’un quart d’heure un préposé sort d’on ne sait où pour s’installer au guichet. Je m’avance et demande un billet pour le train de Meknès de 17h30. Fiers de moi, j’avais vérifié la veille sur le site de l’ONCF !

  • « Monsieur, pendant le ramadan, ce sont d’autres horaires ; le train de 17h30 est à 16h00 ! »

Ben j’ai bien fait de passer avant moi !

  • « Mais le site internet n’est pas mis à jour ? »
  • « Non, cela ne dure que le temps du ramadan »

Ben oui …

  • « Je peux laisser ma valise à la consigne ? »
  • « Non, plus de consigne bagage à Asilah monsieur, et depuis longtemps !! »

C’est vrai qu’il y a longtemps que je ne suis pas venu ! 🙁

Je pars donc en petit taxi pour Asilah à 1,5 kilomètre de la gare. Je « case » ma valise sans aucun problème au premier restaurateur venu. Il me reste 5 heures pour visiter Asilah … sera-ce ( ça c’est vilain 🙁 ) suffisant ? Car on ne sait jamais combien de temps sera nécessaire pour visiter un endroit. Et en fait Asilah est une petite bourgade que j’aurais pu visiter en trois heures et prendre le train de 14 heures ! Je prends donc mon temps pour flâner dans cette petite médina, proprette et plus touristique que prévue. De fait depuis 1978 Asilah est devenu un village d’artistes et beaucoup de maisons sont des résidences secondaires aux espagnols et aux riches marocains. Donc c’est un peu désert en cette « avant-saison ».

Médina d’Asilah ; le long des murs

Par contre, comme c’est touristique, j’ai pu manger à midi !! Un petit tour au port pour voir des pêcheurs débiter et vendre leur espadon et des gamins faire des concours de saut dans l’eau glauque du port.

Photos d’Asilah

Et me voilà dans le train pour Meknès. J’ai voulu tenter l’expérience du rail au Maroc, c’est fait ! Rien d’extraordinaire.

 

 

LA CITE DE MOULAY ISMAIL

L’hôtel où j’ai passé la nuit m’a mis le bourdon ! Donc, ce matin, une seule mission ; trouver un autre logement. Même si il y a des inconvénients, je suis allé voir les riads de la médina et le premier visité m’a plu … adjugé !

Le riad d’Or

 

Installation, le thé à la menthe de bienvenue et me voilà parti pour visiter Meknès … enfin le vieux Meknès, celui inventé, conçu par un seul homme : Moulay Ismail. Contemporain de Louis XIV et comparable en de nombreux aspects ; caractère de chien, orgueil démesuré, mégalomanie et règne très très long : 55 ans (record à battre !) pour l’arrière arrière arrière arrière arrière arrière  ….. grand-père de Mohammed VI !

Et il a fait construire des murailles et des enceintes et encore des murs. Tant et si bien que dans cet « espace royal » de la ville, on passe de places en fora, de jardins en espaces libres et immenses … étrange !

Ainsi, au bout d’une piscine de 320 mètres de long …

Le bassin Souani : 320×150 mètres. Réserve d’eau alimentée par des norias qui puisaient l’eau de la nappe depuis les greniers, au fond.

 

j’ai visité les greniers du roi Ismail ! C’est tout a fait impressionnant de penser que tout le garde-manger de la cour était là, mais aussi des milliers de chevaux, de l’eau pour plusieurs mois etc … et des droits de garde et de dédouanage extrêmement lucratifs. Pour une fois, je n’ai pas regretté la compagnie et le savoir de mon guide !

Mon guide … et ce n’est pas Nataly !

 

Et il restait la médina ! Ah ben là, je ne vais pas vous noyer avec des « redites » : cette petite médina est lamentable.

PHOTOS DE MEKNÈS

 

JOURNÉE BARAKA

Quand tout s’enchaîne à merveille, quel bonheur !

Ce matin j’arrive à la gare de taxi collectif pour me rendre à Moulay Idriss sans savoir si je pourrais poursuivre vers Volubilis. Je suis le deuxième dans la Mercedes pourrie, il faut attendre. Un couple d’italiens arrive avec une autre femme et hop, nous partons sans attendre. Le chauffeur de taxi connait la musique et les difficultés pour les touristes non motorisés pour se rendre à Volubilis (5km de Moulay Idriss). S’engage une négociation tripartite avec le couple italien et le chauffeur de taxi et nous tombons vite d’accord sur 100 dirhams chacun pour garder le taxi jusqu’à notre retour à Meknès. Nous allons de suite à Volubilis où les guides dès l’entrée se proposent avec insistance. C’est alors que l’escroc indien qui a gâché ma confiance envers ceux qui me sollicitent il y a 40 ans revient à ma mémoire ! Il ne me gâchera plus jamais mes voyages et je décide d’accorder ma confiance à Abdou ! Il s’exprime dans un français parfait … et même en italien,  il entame une négociation avec le couple qui m’accompagne et ils finissent par tomber d’accord. Nous restons donc tout les trois avec Abdou. Et heureusement car ce site romain majeur n’est doté d’aucune explication, les mosaïques sont cachées dans les hautes herbes … Abdou est adorable et ne compte pas son temps pour tout nous raconter.

Abdou nous explique les differentes positions adoptées dans un solarium en fonction de l’orientation su soleil.

 

De retour à l’entrée de Volubilis, il se propose pour visiter Moulay Idriss ( il y est né ) . Troisième négociation et nous voilà à 5 dans le taxi. Il nous fait passer par des petites venelles rigolotes de Moulay Idriss pour nous montrer sa ville, mais il faut dire qu’elle ne vaut guère plus que les 45 minutes nécessaires à sa visite.

Le mausolée de Moulay Idriss recouvert de tuiles vertes

 

Le but principal de la visite restant le mausolée de Moulay Idriss ( fondateur de l’islam marocain au VIII me siècle ) , mausolée interdit de visite aux non-musulmans ! Il ne faut plus dire mécréants !

Nous quittons Abdou, revenons à Meknès, quittons notre taxi. Je me sépare du couple d’italiens ( charmants ) et m’enquiers d’un repas correct : il est 14h00 ! Les serveurs des snacks où je suis allé hier soir me bousculent presque pour que j’entre sur leur terrasse quand un homme me chuchote en passant de ne pas manger ici ! Certes ! Mais où alors ? « Suivez-moi ! » et la petite voix sourde qui me dit « ça craint !! ». Hésitation – l’indien – plus jamais – confiance, confiance … Je suis le monsieur à l’air débonnaire qui me raconte son métier de damasquineur dans la médina, qui me montre l’atelier de son pote passementier et qui m’amène chez son autre ami restaurateur. Un riad pas mal, un patron souriant. Tout les deux me donnent des renseignements sur la madrasa que j’ai « loupé » hier, et là Ooohh miracle, le monsieur nous quitte avec une franche poignée de main  et des remerciements !

Madrasa Bou Inania. Achevée en 1358 sous l’égide du sultan Bou Inan, cette médersa est un joyau architectural qui comprend tous les éléments des styles décoratifs classiques : zelliges à la base, stucs ouvragés au-dessus et plafond en cèdre sculpté.

Je fais un super repas, seul dans le restaurant en tête à tête avec le patron. Il me raconte les désagréments du ramadan, la rivalité avec la trop grande voisine Fès, la main-mise des familles fassi sur la politique, les dérives du pouvoir du roi …Vu le pris que je paie, il doit y avoir la commission de l’homme sympa qui m’a amené ici ! Je vais visiter la belle madrasa voisine et retour à l’hôtel. Réservation aisée d’un super riad avec 40% de réduction pour Fès demain. Une journée tellement facile, pleine de belles rencontres que s’en est suspect ! 😉

 

 

 

 

 

Les photos du jour

 

 

CA NE RIGOLE PAS TOUJOURS

J’ai quitté ce matin (6 JUIN 2018) le riad de Meknès pour aller à la gare en taxi prendre un train pour Fès. Tout ce passe à merveille et à 09h50 je prends place dans le compartiment.

 

En sortant de la gare de Fès, un courtier en taxi me sollicite, je lui donne le nom du riad où j’ai réservé, il appelle un chauffeur de taxi qui connait le lieu. Alors trois autres chauffeurs de taxi interpellent les deux qui « s’occupent » de mon cas pour les engueuler comme du poisson pourri !! AMBIANCE !

Nous roulons 50 secondes et mon taxi me demande le N° de téléphone pour appeler mon riad … il n’a aucune idée de où il se trouve !! Je lui montre sur google maps , ça a l’air de l’inspirer … Il me dépose à une entrée de la médina, il m’indique une rue que je dois suivre. Tout ça n’est que du pipeau, il se débarrasse de moi à bon compte, c’est tout ! Je vais pester pendant une heure avec ma valise et mon GPS qui fait ce qu’il peut entre les murs étroits de la médina pour arriver enfin … à la station de taxi à coté de mon riad ! C’est définitif, je hais les chauffeurs de petits taxis marocains ! :-@

Je m’installe au riad qui, en étant plus cher, n’arrive pas à la cheville de celui de Meknès. Comme il est déjà 13h30, je choisi d’aller visiter la « nouvelle ville » …

qui date du 13ème siècle. Sur le chemin, un étudiant sympa me fait la causette pour m’accompagner jusqu’à ma « destination » … Je flaire comment ça va se passer et quand on arrive devant le palais du glaoui, j’entre pour visiter :

  • Je t’attends …
  • Pas la peine …
  • Je reviens dans une demi heure ..
  • Non, non
  • Tu me donnes un petit quelque chose
  • Non plus …

Et s’en suit des noms d’oiseaux !!

Le palais du Glaoui : étrange endroit où a toujours vécu le gardien de ce palais en délabrement.

Ce bâtiment est une étrangeté !  Ce palais du XVIIIe siècle présente une architecture magnifique et fascinante. Édifié pour le pacha de Marrakech,  (celui dont j’ai déjà parlé il y a 15 jours quand j’étais plus au sud) il est habité par la famille de ses représentants depuis une centaine d’années. La demeure principale (il y en a plus d’une quinzaine) représente l’apogée du style andalou. Le dernier représentant a connu la splendeur des lieux pendant le protectorat et survit aujourd’hui comme il peut de sa peinture et des maigres entrées du palais qu’il tente de conserver dans un état acceptable … poignant !

Après le palais du glaoui je rejoins le quartier juif et avec bien du mal. Je marche longuement le long de voies rapides, un itinéraire absolument nul ! Cependant je passe devant un lycée de l’artisanat, comme à Tétouan ! Alors, puisque c’est ouvert au public, j’entre … et on me fait vite comprendre que ce n’est pas ma place, donc je ressors aussi vite !

Quand ça veut pas …

Mais je finirai par la faire cette visite du quartier juif ! Et si ce n’est pas d’une esthétique folle, c’est un beau quartier chargé d’histoire, en particulier l’ancienne synagogue.

Ce quartier juif est donc doté d’une synagogue ; la synagogue Ibn Danan. Ici la chaire du rabbin.

Il est temps de rentrer ! Je passe par quelques unes des anciennes portes de la médina, toujours aussi imposantes, m’impose une très longue ruelle commerçante et bondée (c’est toujours mieux que la voie rapide de l’allée). Presque arrivé, un jeune homme me sollicite pour m’imposer une visite d’une tannerie. Là, je suis plus que méfiant suite à mon expérience de Marrakech ! Et comme je n’ai qu’une envie s’est de rentrer me reposer, cela s’est encore terminé en engueulade …

Quand ça ne veut pas …

Je me calme dans ma chambre a traiter mes photos et me paie un super restaurant pour au moins terminer en beauté !!

JOUR 1 A FES

 

 

IL FAUT LAISSER L’EFFET DE FES FAIRE …

Pas totalement convaincu par mes premières heures à Fès, je suis parti pour la visite de la médina sans un enthousiasme débordant ce matin. Ce qui est paisible, c’est qu’à 9 heures, les rues sont désertes. Les commerces, ici, ouvrent vers 11 heures (horaire spécial ramadan ?), mais les lieux à visiter aussi ne sont pas encore ouverts ! C’est donc après quelques portes closes que je me suis retrouvé sur les pentes pour aller voir les tanneries. J’ai usé de stratagèmes pour éviter les rabatteurs que j’abhorre et me suis retrouvé sur une terrasse surplombant ces bassins multicolores et nauséabonds. En payant une petite fortune de bakchich mais pour avoir la paix …

Tanneries Chouara : les bassins blancs pour laisser tremper les peaux une semaine dans la chaud, puis une semaine dans l’ammoniaque des fientes de pigeon.

 

Je redoutais ces tanneurs ! Mauvais souvenir de Marrakech ! Me voilà donc le cœur léger au milieu de la médina en me demandant pourquoi personne ne parle de la partie Est de cette médina … Je suis allé voir , maintenant je sais, y’a rien à voir !

Cap à l’ouest donc. Je recoupe ma visite d’hier et cela me permet de visiter les sites que j’ai « raté ». Et cette ville qui a du mal a me passionner commence à me séduire. Une explication totalement partiale m’a été fournie par un commerçant juif extrêmement amère. Les grandes familles fassi (dont le nom comme par Ben d’après lui) dont la caractéristique était d’être éduquée, instruites, élégantes, fair-play ont petit à petit abandonné Fès pour Casablanca ou Rabat. Elles ont laissé le champ libre à des familles moins recommandables qui ont installé un système maffieux dans le commerce … Ça vaut ce que ça vaut …

Tanneries Chouara.

Après un joli parc pour me ressourcer, j’ai fait la visite d’un palais du XIXème siècle … quel luxe ! C’est sur une trajectoire qui me ramenait à l’hôtel que cette fois j’ai trouvé tout ouvert : madrasa, zaouia de Moulay Idriss II etc … Pour bien clore cette journée je suis retourné au restaurant  » Darori ». Ce soir, j’étais seul ! Alors on a beaucoup discuté avec le personnel et le patron français. Des gens passionnés, qui aiment ce qu’ils font, qui ont envie … et le charme de Khaoula …

PHOTOS DE FES 2

 

SEFROU NON ?

J’ai décidé, suite à différents avis écrits et oraux d’aller à Séfrou, « charmante petite bourgade avec une jolie médina… « 

Ben, grosse déception !

Dès mon entrée dans la médina, un monsieur se propose, badge à l’appui, de me servir de guide officiel. J’accepte même son tarif un poil élevé, mais je veux être certain de ne rien rater de cette ville. Il me promène donc dans la médina et les doutes apparaissent très vite quand il élude mes questions sur la fondation de la ville, sur Moulay Idriss II qui est sensé avoir séjourné ici etc …

Médina de Séfrou

 

Il m’emmène visiter une ancienne synagogue dont il ne connait pas la date de construction et un cascade aussi jolie que la source du Sourdon.

Il me propose alors de me restaurer chez lui et d’aller ensuite visiter des fours à chaux en fonctionnement à 2 kilomètres de là. Ça, c’était pas mal. De retour au centre-ville, je lui signifie aimablement ma furieuse envie de sauver …

Voilà, une journée pas terrible. Je rentre à mon nouvel hôtel (j’ai dû en changer car le premier est plein ce soir), douche, photos, numérique et troisième diner à l’excellent « Darori ».

De la journée reste quand même quelques photos …

PHOTOS DE SEFROU

 

FES – RABAT

Je crois que nous savons tous maintenant ce que l’on appelle le deuxième cerveau. Eh bien, ce matin, je me suis levé avec une grosse migraine … du deuxième cerveau !! Comme j’ai tout les médicaments qu’il faut, j’ai pu enrayé ça au troisième … éternuement ? Mais je suis parti pour la gare en toute petite forme et assez inquiet aussi sur comment allait se passer la journée.

Tant et si bien, que j’ai dû forcer sur les médicament et mon rhume de cerveau … euh, comment dire … j’ai le nez bouché au lieu d’avoir le nez qui coule !

Bon, je ne vais pas en faire des caisses ( 🙂 ) je me suis installé sans encombre dans un hôtel très correct au centre-ville de Rabat mais pas dans la médina. Parce que, les riads, c’est typique, c’est sympa, ce n’est pas cher mais c’est sombre et bruyant !

Ici, les hôtels sont plus chers qu’ailleurs, je suis entrain d’exploser mon forfait journalier, mais tant pis, j’ai besoin de repos ! La météo offrant un ciel laiteux avec une lumière quelconque, j’ai décidé d’aller voir les musées où l’on prend de vilaines photos en général ! Et puis envie de voir les mosaïques de Volubilis !

Les trois musées de la vile sont fermés ! A cause du ramadan soit disant. Il paraitrait qu’ils ouvrent ce soir à 20 heures … admettons !

Donc, pas de photo

Mais comme Rabat signe mon retour sur la côte Atlantique, c’est le moment de faire un bilan photographique sur les  jours derniers entre Assilah et Fès : 150 photos ici :

Assilah – Meknès – MoulayIdriss – Volubilis – Fès

 

RABAT = JOIE

Après un retard au départ dû à quelques soucis métropolitains, je suis parti à la découverte de Rabat. Cette étape est pour moi très importante et je ne sais pas si c’est à cause de cette charge affective que j’ai adoré me promener dans cette ville. Le fait de ne pas loger dans la médina change probablement un peu la perception d’une ville marocaine. Nonobstant, déjà durant les quelques heures d’hier, l’espace, la lumière me donnent l’impression de mieux respirer ici. Pas d’oppression permanente de la part de rabatteurs pénibles, les automobilistes sont assez cools (sauf les chauffeurs de taxi), des sourires, des gens aimables et désintéressés, une certaine façon de prendre son temps, que des signes positifs !

Rabat est aussi très propre, sans trop de circulation et – capitale oblige ? – semble bien plus occidentalisé que tout les endroits que j’ai visité jusqu’alors.

Rabat s’est doté en 2011 d’un très beau tramway.

 

Beaucoup des femmes, beaucoup moins voilées qu’ailleurs, parlent français entre elles. Bref, moins dépaysé et donc plus confortable.

Tellement que j’ai rallongé ma réservation à l’hôtel …

Plus factuellement, je suis parti en fin de matinée visiter les musées. D’abord le splendide musée de la monnaie. (Photos interdite) Dans les locaux de la banque Al-Maghrib qui frappe monnaie pour le royaume, plusieurs expositions se côtoient. Une histoire du Maroc depuis le néolithique à travers les monnaies qui y ont circulé. C’est très impressionnant de voir des pièces vieilles de 2.000 ans ou plus à l’état neuf ! Et aussi une superbe collection des peintres orientalistes qui ont fréquenté le Maroc.

Ensuite, le petit musée archéologique pour retrouver des œuvres romaines de Volubilis. En poursuivant vers le sud-est, je me suis rendu à Chellah. Magnifique enceinte berceau historique de la cité occupé a maintes reprises par les phéniciens, les romains et les mérénides. De très beaux vestiges sous un soleil éclatant, une température douce accompagné par les claquements de becs des innombrables cigognes.

Puis du sud, je suis reparti tout au nord en traversant le quartier chic « Hassan ». Je suis entré dans la médina, son souk pour en ressortir très vite sur les rives de l’oued Abou Regreg qui sépare Rabat de sa ville jumelle, Salé. Une ambiance quasiment balnéaire, des quais récréatifs fréquentés par les familles et les adolescents. De là, la kasbah des Oudayas est tout près.

C’est la pointe extrême nord de la ville. Une ancienne forteresse où les réfugiés musulmans fuyant l’Espagne lors de la « Reconquista » ont élus domicile. C’est maintenant un quartier assez apprêté car totalement résidentiel, mais habité à l’inverse de Asilah qui était vide !

C’est absolument charmant, il y fait frais car y souffle l’air du large et les cris des mouettes y remplacent les claquements de becs des cigognes.

Voilà, je traverse de nouveau la médina pour revenir à mon hôtel. 14 kilomètres dans les guibolles … je vais peut-être faire fumer la carte bleue demain pour me faire masser les mollets … Mais il y a encore beaucoup à voir à Rabat et il y a aussi Salé à visiter mardi avec son souk à la farine …

Les photos du jour :

Les photos de Rabat

 

JOUR CALME

Ce soir, le message ne va pas être long parce que fatigué, j’ai décidé de m’économiser aujourd’hui.

De plus, il faisait gris ce matin ! Une météo pour aller au musée ! Je suis donc allé au musée d’art moderne. Une belle collection de post impressionnistes dont un très beau Bonnart … mais pas de photos !

Photos autorisées à l’étage supérieur pour les peintres actuels marocains. J’ai flashé pour 3 belles toiles …

Hier, j’avais raté LE monument célèbre de Rabat soit la tour Hassan !

… mais le sultan Yacoub el-Mansour, qui en finançait la construction, mourut avant son achèvement. La mosquée fut détruite par un séisme en 1755.

 

Un minaret qui aurait dû être gigantesque si son mégalomane de constructeur, le sultan El-Mansour, n’était décédé avant la fin de sa construction au 13eme siècle. La mosquée partiellement construite elle aussi s’est effondrée avec le tremblement de terre de Lisbonne en 1755.

Juste à coté il y a le mausolée de la famille régnante, c’est à dire Mohammed V et son fils Hassan II

Mausolée de Mohammed V et son fils Hassan II

ET puis, après-midi massage thaïlandais ! Voilà ! J’avais dit, j’ai fait !

 

SALE AU GOUT AMER

Je savais que la visite de Salé ne m’occuperait pas très longtemps, donc ce matin j’ai pris mon temps … Mon temps pour réserver mes prochains hôtels à Oualidia et Essaouira et mon billet d’avion retour. Ce sera lundi 18, Essaouira / Casablanca / Marseille.

Puis, je suis allé à la gare acheter mon billet de train pour mon départ de demain à 09h15 …

  • Comment ça non ?
  • Pendant le ramadan, il n’existe pas. Il faut prendre le train d’avant, à 08h30 !
  • Mais sur le site ONCF …
  • Oui, peut-être, mais c’est comme ça

Je m’en doutais un peu, c’est d’ailleurs pour cela que je suis venu acheté mon billet ! Je monte donc dans le tram et me rends à Salé pour voir, entre autres, le marché aux farines. Au bout de quelques minutes, un mec m’aborde. Toujours le même questionnement … je l’éconduis, ou pas ? Et je me dit qui si Salé a une chance d’être plus intéressante, pourquoi pas ! Alors, je me laisse trimbaler avec au moins le soulagement de ne pas regarder mon GPS toutes les 4 minutes.

Mais il faut dire qu’il n’a pas pu me montrer quoique ce soit de palpitant. De plus la mosquée m’est inaccessible et la médersa est fermée ! Et puis il est sympa, il est connu de tous et semble si bien connaitre sa ville. Bref, c’est paisible de le suivre.

Petite mosquée de quartier dans la médina de Salé

Le marché aux farines ? « D’abord c’est loin à pied et cela ne présente aucun intérêt » … admettons. Sauf que, fatigué, une fois revenu à l’hôtel j’ai remis le nez dans le « Lonely Planet » pour m’apercevoir que les 5 ou 6 monuments intéressants, il ne me les a pas montré ! J’ai passé presque 4 heures avec lui je n’ai toujours pas vu les choses les plus belles de Salé ! Je suis assez amer !

Photos de Salé

 

RECULER POUR MIEUX SAUTER

En effet, ma trajectoire m’amène à passer par Casablanca, poursuivre vers le sud en direction d’Essaouira pour mieux prendre l’avion de retour vers Marseille lundi prochain. Lundi prochain parce que j’ai quelque peu subit le ramadan alors je tiens à aller jusqu’au bout soit vendredi, pour fêter ça avec les marocains. Et comme il n’y a pas de vol le matin entre Essaouira et Casablanca pendant le week-end …

Donc, ce matin, je quitte Rabat en train pour Casablanca et correspondance pour El-Jadida où il y a une belle place forte portugaise à visiter.

Je ne mets qu’une animation mais dans celle qui suit le train va jusqu’à Oualidia, ce qui est faux. J’ai fait El-Jadida / Oualidia en taxi collectif.

Pour la dernière fois, je visite une ville avec ma valise et entrant dans la forteresse portugaise qui ressemble fort à une médina, j’avise un restaurant ouvert ce midi et lui laisse ma valise. Cela me permet de visiter paisiblement l’endroit, en particulier les remparts

Les remparts de El-Jadida

mais surtout l’ancienne citerne ! L’endroit est magique.

J’y suis resté un très long moment tentant de capter le mysticisme qui en émane.

Et voilà … un petit taxi pour se rendre à la station de taxis collectifs, une heure de Dacia Lodgy et ce soir je suis à Oualidia. Je m’y suis déjà un peu balader mais la météo est nuageuse et la lumière quelconque. Je crains fort qu’il en soit de même demain … hélas !

Je vous raconterai ! 😉

Les 8 photos de El-Jadida

 

PARCOURS FINAL

60ème jour ! Un compte rond pour finir en beauté, j’espère, à Essaouira. Pour la dernière animation, j’ai voulu mettre le parcours en entier, même si la lisibilité en pâtit. 6.000 kilomètres de transports en commun variés …

Je n’ai guère eu le temps hier de contempler la lagune de Oualidia ! Je me suis donc levé un peu tôt pour m’y promener avant d’effectuer les 200 derniers kilomètres qui me mènent à Essaouira. La douche était totalement froide. Et de plus, l’hôtel était désert(é) ! J’étais à 2 doigts de m’échapper quand un homme apparait enfin, un œil réprobateur, l’autre totalement dans le cirage ! Les dégâts provoqués par le ramadan – surtout dû au manque de sommeil – sont hallucinant ! Certains instituts économiques l’évaluent à 15 ou 18 points de PIB !!

Donc, le bonhomme m’a servi un petit-déjeuner et en remontant dans ma chambre chercher mes affaires, j’ai coincé la serrure chinoise à 9 € ! Le gars ne savait pas quoi faire, donc je suis passé par le balcon de la chambre voisine en escaladant à 5 mètres du sol, ressorti par le même chemin avec mon sac et suis parti me promener … et me calmer.

La lagune ostréicole de Oualidia

De retour vers 11h30, la patronne est là , joviale !

– Les fenêtres de la chambre sont très près de la route très passagère !

– On s’excuse

– Impossible de dîner le soir !

– C’est le ramadan, on s’excuse …

– L’eau de la douche est froide

– On s’excuse

– La serrure de la chambre est défectueuse et c’est moi, à 60 ans qui doit faire l’acrobate sur les balcons à 5 mètres du sol pour entrer dans ma chambre !!

– On s’excuse

– De 07h30 à 08h30 j’ai du crier puis patienter dans l’hôtel totalement vide pour avoir enfin un petit-déjeuner !

– C’est le ramadan, on s’excuse

– Comprenez ma contrariété ! J’espère un dédommagement sur le prix !

– Ah ben non ! D’ailleurs c’est vous qui avez maltraité la serrure !

– Donc combien vous dois-je ?

– Le prix convenu ! Ça vous fera des souvenirs hein !

– On vous la met bien bien profond … mais on s’excuse !

Elle a bien voulu me faire faire les 2 kilomètres qui nous séparent des taxis collectifs dans sa voiture ! C’est déjà ça !

Un taxi collectif pour Safi, un petit taxi à Safi pour changer de gare, une attente de 45 minutes pour emplir le taxi collectif pour Essaouira et à 15h00 je prenais le café dans « mon » riad dans la médina.

Photos de la lagune de Oualidia

 

LA FETE AU CALME

Ce matin, je suis allé assister à la prière de « sortie de ramadan » ! Trois sont organisées à Essaouira, dont deux dans des mosquées, je me suis donc rendu à celle organisée sur une place plus grande qu’un terrain de foot et orientée à l’est ! (pléonasme !). A 07h00 il  fait 14°C et les rues sont désertes !

07h00 ; Fête de fin de Ramadan à la médina de Essaouira

Mais sur la place, c’est autre chose ! Je n’ai pas pris de photo, parce que je n’ai pas osé et que cela n’aurait pas fait de belles images faute de pouvoir s’élever. Mais quand les incantations ont débuté, c’était très impressionnant ! Pendant le prêche qui a suivi, je suis allé à l’arrière de ces milliers de personne. J’ai croisé les retardataires qui se pressaient avec leur tapis de prière sous le bras, en bousculant leurs enfants pour assister au moins aux dernières minutes. Et là, derrière tout les fidèles en pleine prière, il y avait toute une foule hétéroclite faite de familles, d’hommes désœuvrés qui devisaient, s’amusaient, se congratulaient. Les adolescent(e)s maquillées comme des voitures volées, cheveux gominés, lunettes de soleil miroir vissées sur le nez, djellaba de prix ou niqab bien repassé, tapis de prière sous le bras, donnaient furieusement du selfie. Très très loin de la ferveur religieuse ! A vrai dire, ils n’en avaient rien à cirer de ce qui se passait !

Étonnant !

Je suis revenu à l’hôtel prendre mon petit déjeuner pour repartir visiter la médina. La météo est surprenante : il y a un vent soutenu mais le ciel dégagé de tout nuage est à peine bleu ! La lumière n’est donc pas belle du tout et il fait frais … 17°C. En ce premier jour sans contrainte, je m’attendais à trouver de l’animation dans les rues … que nenni ! En fait, c’est férié et très peu de magasin sont ouverts.

Je décide de suivre les murailles, est, nord et ouest enfin, les plus impressionnantes, remparts contre l’Atlantique !

Remparts sud d’Essaouira

C’est ainsi que je me suis retrouvé au port. Un homme perché sur le toit des cabanes de pêcheurs m’invite à le rejoindre pour profiter du point de vue.

Dans ces barques de haute mer, les pêcheurs vont à la pêche à l’espadon ; à 5 sur cette barque pendant deux jours !

Nous devisons une bonne heure, c’est ainsi qu’il m’apprends qu’un décret royal empêche la flotte de sortir quand il y a du vent ! Donc, cela fait un mois qu’ils ne sortent pas ! Et puis, la discussion dérive comme souvent sur le régime politique, les freins au développement et aussi l’antagonisme arabe/berbère ! Il me montre un village au sud et me dit :  » à partir de là, c’est le pays berbère !  » … no comment !

Photos d’Essaouira Jour 1

 

ESSAOUIRA, SAOUIRA, SAOUIRA

Aujourd’hui, je serai court. En effet, la météo étant plus clémente avec moins de vent et une plus jolie lumière, j’ai fait une « journée photo ».

Médina d’Essaouira

Je suis donc repassé par beaucoup d’endroit déjà visités pour tenter d’en retirer les plus belles images possibles. J’en ai sélectionné 19 sur la centaine de prises, voici l’adresse pour les voir. Je ne veux pas frimer, mais je crois qu’il y en a une qui est bien ! 🙂

Jour 2 Essaouira

 

LES VACANCES DEBUTENT A LA FIN

Voilà, je suis arrivé un lundi, le 16 avril et je repars demain lundi 18 juin. 9 semaines qui s’achèvent dans une ambiance familiale sur une plage brumeuse.

Plage Tagharte

J’étais parti ce matin pour faire une boucle dans les dunes en arrière de la plage au sud d’Essaouira près de Diabat.

Mais au milieu des dunes autant dire au milieu de rien, un vigile m’a refoulé ! L’intérieur des terres est privé ! Donc, retour par la même plage. Après 4 heures, la mer à monté comme la fréquentation !

Plage Tagharte au sud d’Essaouira un dimanche.

En ce début de vacances marocaines, tout se mélange, churros, tajines, dromadaires, quads, footeux, minets gominés, vamps provocantes et ombres en niqabs intégraux ! Un tableau hétéroclite qui résume assez bien l’impression que me laissera le Maroc ; comme une émulsion fine d’huile et d’eau qui peinent à se mélanger.

Dernière journée …

 

Les 148 photos de ces 8 derniers jours au bord de l’Atlantique – de Rabat à Essaouira – sont visibles ici : De Rabat à Essaouira

 

Dès à présent, je vous livre l’adresse des plus belles photos de ce voyage. Il y en a quasiment autant que de jours de voyage. Elles sont retouchées avec un peu plus de soin, encadrées et légendées.

Les plus belles de ces 2 mois.

 

QU’EN RESTE-T-IL 4 JOURS APRES ?

Que vais-je retenir de ces 9 semaines au Maroc ?

Ne vous attendez à rien d’objectif, le sous-titre de ce blog est IMPRESSIONS marocaines, donc tout ce qui suit n’est que du ressenti !

D’abord, en se posant sous le tropique du cancer par 18° C, j’ai de suite compris que l’image de carte postale de « pays chaud » serait totalement écornée. J’ai complétement surestimé cet aspect climatique ; en 2 mois, je n’ai jamais eu chaud !

Vue sur la jetée militaire

Ensuite, une fois sorti du Sahara Occidental, j’ai été surpris par le relief montagneux omniprésent : Anti-Atlas, Haut-Atlas, Rif … Autant de massifs montagneux plus ou moins verdoyants. Parce que, ce fût ma troisième surprise, justifiant les couleurs du drapeau, le Maroc est vert et dispose souvent de beaucoup d’eau ! Aller voir ailleurs, cela consiste aussi à réinitialiser ce qui nous parait naturel … comme profiter de son libre-arbitre, de la liberté de penser, de croire et son corolaire, la laïcité. J’ai pu, au gré de quelques discussions, demander à mes interlocuteurs s’ils se sentaient libres d’être ou ne pas être musulmans. La sidération passée, la réponse allait de soi ! (l’apostasie était passible de la peine de mort jusqu’en février 2017)

Route pour Imilchil

Être musulman n’est même plus une obligation sociale mais un statut naturel de citoyen. Il est donc inconcevable de laisser penser que l’on n’est pas (plus) musulman quand on est marocain. En conséquence un marocain se doit non pas d’être un bon musulman mais, pour des raisons sociales comminatoires, de paraître un bon musulman.  Il est d’ailleurs très édifiant de constater qu’à chaque fois que j’ai demandé ce qu’est « un bon musulman », la réponse fût toujours la même : celui qui respecte les cinq piliers de l’Islam ! (1/ Islam = religion unique 2/ La charité 3/ la prière 4/ Respect du ramadan 5/ le pèlerinage à La Mecque). Jamais personne ne m’a répondu « quelqu’un qui fait le bien, qui prône la paix et la tolérance ou qui est bienveillant avec son prochain … Comme si l’aspect spirituel laissait largement place à l’aspect social de l’Islam. Et c’est pourquoi j’évoquais la laïcité. Lors de ce séjour, m’est apparu avec force que la laïcité est consubstantielle à la démocratie.

Près de la mosquée Beni Guimel du ksar de Loudaghir

Et quand on constate que le royaume fait plus d’effort pour construire des mosquées que des universités, on est en droit de se demander si l’islam ne sert pas les desseins pervers d’une dictature qui préfère régir des (con)citoyens plongés dans un obscurantisme religieux plutôt qu’éclairés par une instruction pluridisciplinaire … Il est bien évident que je ne remets pas en cause la sincérité de la foi d’une immense part des musulmans marocains. Ce qui pose interrogation – au minimum – c’est le pourcentage de musulman au Maroc forcément pratiquants ! J’ai quand même vu de jeunes adultes allé se cacher pour échapper au diktat du « saoum » (jeûne)  pendant ces trente jours de ramadan. Pour ne pas choquer les anciens … Les mêmes, se montrer comme de « bons musulmans » en allant à la prière du soir.

Ce qui a retenu également mon attention c’est l’incommensurable déséquilibre entre les nantis et les déshérités. Le propre d’une nation régit par un pouvoir absolu en fait. J’aurais aimé pouvoir plonger plus loin dans ces campagnes reculées (abandonnées ?). Dépasser « Le Pré de madame Carle » … Les guides ou accompagnants qui sillonnent ces montagnes, à Trafraoute dans le djebel Lekest de l’Anti-Atlas, à Boulmane Dadès m’ont un peu décrit ces peuples nomades qui se déplacent dans ces massifs montagneux dans une situation matérielle proche du servage de notre moyen-age … J’ai pu voir leurs campements …

Habitation de nomades berbères en haut du canyon des doigts de singe

Et là, je me suis posé des questions sur la pertinence budgétaire d’une ligne LGV Tanger/Rabat/Casablanca … Une LGV que les berbères appellent « le train des arabes » … à méditer …

Et puisque je l’évoque, mon grand étonnement reste cet incroyable ressentiment inextinguible (apparemment) entre berbères et arabes ! Toute personne avec qui j’ai eu cette discussion avait un avis tranché parce qu’il était arabe ou berbère. Et c’est cela qui est peut-être le plus étonnant. Depuis 1.300 ans que les arabes ont envahi le Maghreb, la mixité des deux peuples (paradigme abusif parce qu’il n’y a pas d’homogénéité arabe et plusieurs peuples indigènes rassemblés sous l’appellation berbère)  ne s’est toujours pas effectuée. C’est hallucinant ! Quel est donc ce colon arrivé au Maroc avant que Charlemagne ne soit au pouvoir en France, qui n’est toujours pas parvenu à fonder une nation unie ?

Ces considérations pseudo-politiques mises de côté, il reste une expérience de voyage en solo très instructive juste pour ma confiance personnelle. J’ai passé un premier mois dans les campagnes du sud du Maroc d’une facilité à laquelle je n’avais même pas rêvé. Parce qu’il y règne une indolence et une approximation permanente totalement à l’opposé de mes façons de faire et que force est de constater que c’est souvent très confortable … parce que tout est toujours possible. La côte sud atlantique a gardé un charme espagnol

L’ancienne église, reconvertie en palais de justice.

très agréable et un parfum à peine balnéaire. Clairement le pinacle de ce parcours restera le parcours de Tafraoute à Ouarzazate. Sans doute parce que je suis sensible à une belle architecture rurale, j’ai adoré les villages de pierre de la région de Tafraoute, Tata l’endormie mais surtout les ksour de la région de Zagora. Tout ceci mis en exergue par un hôtelier extrêmement sympathique et un homme chauffeur de taxi exceptionnel à Tafraoute, un super hôtel à Zagora. Ma façon de voyager ne m’a pas permis de profiter pleinement des massifs montagneux, Anti-Atlas à Tafraoute ou Haut-Atlas à Dadès ou Imilchil. Mais que je suis régalé à Figuig ! Pourtant, c’est là où j’ai le plus été pénalisé par le ramadan ! Et Ismaïl … quel personnage ! Le reste du parcours s’est avéré plus conventionnel, me réservant moins de surprises et moins d’émotions, même si Chefchaouen et Tétouan sont incroyablement photogéniques. Et puis il y a la magnifique Rabat où je suis resté 4 jours. Sans doute parce que, là encore, c’était facile. Essaouira pour finir, ça faisait quand même un beau terminus.