Kirghizistan Septembre 2019

25 août 2019

Il suffit d’un message d’une personne que l’on apprécie – Raquel – et la route s’ouvre à nouveau ! Il y a des mois, en plein préparatif de mon périple en Colombie, cette phrase ; « je pars au Kirghizstan, tu m’accompagnes ? ». Avec un organisme de tourisme éthique et responsable de surcroit. Il y a bien des années que je ressens une certaine vacuité dans mon activité touristique. Passer, observer, profiter et repartir … Par vanité peut-être, on a tous envie de laisser une trace et « Rencontre au bout du monde » (appelé RBM pour la suite) permet cela de par ses actions dans les pays visités et de par la forme que prend le voyage en nous faisant faire étape dans des familles. Et nous voilà inscrits pour un voyage de 3 semaines avec départ le 25 août. Le voyage comprend une randonnée à cheval d’une semaine en fin de séjour, j’en reparlerai.

Le Kirghizstan ? C’est où ? C’est quoi ?

Ces républiques d’Asie centrale dont le nom finit par « …stan » exercent sur moi une fascination adolescente. Afghanistan, Kazakhstan, Ouzbékistan, Turkménistan, Tadjikistan, des noms magiques associés aux immenses steppes, terres de nomades envahisseurs, de chevaux en liberté … que des clichés en somme !

Pays exclusivement montagneux à la latitude de la Corse mais au climat continental rude.

Et voilà comment ce 25 août je passe chercher un coreligionnaire à Aix – Philippe – avant de prendre l’avion d’Aeroflot pour Moscou. Les 4 heures d’escale permettent de réunir le groupe en salle d’embarquement ; Maud et Pierre-Alexandre qui arrivent de Paris, Fabienne de Lyon et de retrouver avec joie Raquel qui arrive d’Amsterdam.

Le vol pour Bichkek, capitale du Kirghizstan est à une heure indécente ; 21h45. Ce qui après 4 heures de vol et le décalage horaire, nous fait atterrir à 5 heures du matin !

Nous récupérons nos bagages, trouvons Aïnazik notre accompagnatrice locale et partons chez Guléra, prestataire kirghize pour RBM, qui nous loge à Bichkek. Totalement cassés, nous dormons quelques heures.

 

 

26 août 2019

Levé à 11 heures après quelques heures de sommeil léger. Nous prenons un petit déjeuner en faisant connaissance avec Maïwenn, notre accompagnatrice équestre avant de partir visiter Bichkek. Nous nous rendons en ville avec un mini-bus conduit par Mirlan qui va nous accompagner jusqu’au 11ème jour, où nous monterons à cheval. Nous commençons par acheter quelques devises ; des soms ! Puis nous prenons peu à peu la mesure de ce nouveau pays à travers la circulation, le long des parcs très nombreux. Nous faisons nos premières expériences gustatives auprès de forains d’une grosse compagnie qui vend 3 produits : le « maxxim » à base de lait caillé … un peu aigre, le « kwas » à base de pain … ça ressemble un peu au cidre, et une troisième boisson dont j’ai oublié le nom.

Vendeur de boissons

Nous remontons l’avenue « Erkidink » pour découvrir les bâtiments construits pour les apparatchiks du régime soviétique … entre autres. Le théâtre russe, le théâtre kirghize. Rien de bien exaltant parce que nous sommes dans un pays de tradition nomade !  Il n’y a donc que très peu d’architecture historique ! Comme si, il y a 100 ans, il n’y avait aucun édifice durable dans ce pays. Au fil des statues, nous découvrons l’histoire de ce pays tourmenté aujourd’hui par la corruption mais qui n’a pas renié son passé … la preuve !

Engels et Marx

Mais la statue de Lénine a quand même été déplacée ! Sur LA place Ala-Too de Bichkek, la statue de Lénine a été remplacée et Lénine c’est retrouvé derrière le musée national ! Il s’adresse au peuple dans un discours qui ressemble à celui de Pétrograd en avril 1917 …

Statue de Lénine

Vers 16 heures, nous déjeunons d’un « plov » (plat complet riz + viande) en tailleur autour d’une table basse. Puis, en fin d’après-midi, nous nous rendons à « Osh bazaar », le plus grand marché de Bichkek. Toujours un plaisir immense à tenter de se noyer dans la foule des chalands. Foule réduite en raison de l’heure tardive …

« Osh bazaar »

De 19 à 21 heures, nous sommes restés « collés » dans un centre commercial pour que 2 personnes du groupe achètent une carte sim kirghize … Puis retour en soirée chez Guléra pour tenter d’effacer la dette de sommeil. Demain, ça bouge !

21 photos de Bishkek

 

 

 

27 août 2019

Départ de Bichkek en minibus, cap à l’est. A un moment nous longeons la frontière du Kazakhstan de si près que la route passe dans le no-man’s-land ! Peu après, à Tokmok, nous faisons une petite diversion vers les ruines de Burana.

Nous sommes sur le trajet de la route de la soie. Cette région a donc été traversée par de nombreuses peuplades, de nombreuses cultures, des religions variées ; zoroastrisme dès le cinquième siècle puis le christianisme sous sa forme dissidente du nestorianisme de Constantinople, puis le bouddhisme et enfin au dixième siècle s’installe l’islam dans la société karakhanide qui a construit ces tombes et ce minaret. Il en persiste 24 mètres de haut sur les 47 d’origine.

Nous repassons à Tokmok pour déjeuner. Aïnasik nous emmène dans ce qui doit être le meilleur restaurant de la ville. Un bâtiment sans cachet, sans âme, sans architecture. Visiblement en arrivant à 13 heures … on dérange ! Nous sommes les seuls clients et à travers des halls sans âmes, on nous mène à la salle du restaurant. Le bâtiment est si vaste que la salle, étant au milieu de celui-ci, n’a pas de fenêtre, la décoration est kitchissime, le personnel lent et incompétent à souhait.

Mais nous avons bien mangé ! Nous avons repris la route pour passer près du lac Issik koul. C’est LA fierté touristique du Kirghistan ! Nous nous contenterons d’un joli panorama sur le tout petit lac qui lui sert de déversoir. Un peu plus loin, nous faisons le ravitaillement à Kotchor. Une bonne heure à arpenter le marché au bord de la route, prendre des photos de la vie quotidienne. Mais aussi, nous avons goûté au koumis. Boisson traditionnelle kirghize qui n’est autre que du lait de jument fermenté.

Le lait de jument est agité régulièrement dans la baratte.

C’est un peu aigre, pas trop. Présenté comme boisson infâme, c’est loin d’être le cas. Après des emplettes diverses et variées, nous repartons jusqu’à notre étape du soir à Kum Dobo. « Rencontres au Bout du Monde » a mis en place ici une petite structure coopérative pour les femmes. Elles sont une dizaine a produire les étoffes locales et des produits en feutre de laine. Nous allons donc fabriquer notre propre tapis de feutre. Je vous laisse regarder les différentes étapes avec les photos.

Les kirghizes aiment chanter. Alors, le soir venu, des voisins sont venus pour une « concert » improvisé » ! Quelques souvenirs en vidéo ….

Chez nos hôtes le 27 août.

Chez nos hôtes le 27 août. (2)

 

Les 25 photos du jour

28 août 2019

Le rythme est peinard ce matin ! Nous 3, les garçons, sommes levés vers 7 heures, mais coté filles, c’est la grasse mat’ ! Et c’est pourquoi nous n’arrivons que vers 10 heures à la coopérative des femmes. Une vieille dame nous montre son savoir-faire en couture …

A la coopérative des femmes, fabrication du chydrak à base de feutre. Ici la découpe des motifs.

Puis, guidé par un garçon du village, nous allons voir les jeux extérieurs installés par RBM à l’école maternelle locale. C’est juste à coté de l’ancienne maison de la culture soviétique dont il ne subsiste que les statues de Engels et Lénine après les troubles liés à l’indépendance en 1990. Des enfants jouent au foot et un peu plus loin un monument m’intrigue. C’est le colossal monument aux morts de l’armée rouge pendant le deuxième conflit mondial !

Kum Dobo. Le monument aux morts de l’armée rouge pendant la deuxième guerre mondiale.

Un monsieur d’âge mûr convainc Aïnazik, notre interprète, de nous emmener voir « son » musée de l’autre coté de la rue. 15 m² dédiés aux rares fouilles locales. Petit donc mais très intéressant ! Le monsieur nous montre aussi des photos de ses voyages en Europe au temps des soviets … Zurich, Londres … Faisait-il partie de l’appareil ? Le jeune garçon qui nous sert de guide nous emmène ensuite à son collège/lycée dont nous faisons une visite rapide sans autre grand intérêt sinon celui d’avoir aperçu une fée en la personne de la prof d’art plastique ! Retour chez notre hôte pour déjeuner et départ pour Kyzart.

Sur la route, nous demandons à nous arrêter à un cimetière. Car ils sont étonnants ces cimetières ! Un peu habitué aux pays musulmans, je sais que leurs cimetières n’ont aucun intérêt, que ce sont généralement des prés ou gisent en vrac des pierres tombales minimalistes, sans inscription. Ici, nous sommes tout près de l’exubérance circassienne parfois de nos cimetières chrétiens ! Parce que, loin de la rigueur du pouvoir central bolchévique, un certain syncrétisme s’est opéré entre les coutumes funéraires des russes orthodoxes envoyés ici et des musulmans locaux. Outrage suprême, une image du défunt orne la tombe des musulmans !

Kyzart n’est vraiment pas loin, ce qui nous permet de nous installer chez notre professeur d’anglais à une heure assez hâtive. Le temps de permettre aux deux petites sœurs de la maisonnée de nous emmener faire un petit tour juste au dessus de la maison … jusqu’au cimetière ! 🙂 L’ainée s’appelle Assem, elle est ravissante, réservée et transpire l’intelligence et la sagacité.

La plus grande des deux fillette s’appelle « Assem ».

La chaude lumière du soir inonde ce paysage montagneux … c’est vraiment chouette ici !

Les 19 photos du jour

 

 

 

29 août 2019

Juste quelques heures dans une famille, c’est court. De ce fait les échanges se limitent aux banalités comme dans n’importe quel B&B … Nous quittons donc Kyzart à 9 heures à pied pour la première randonnée au programme. Un guide nous accompagne, super ! Sauf qu’il nous guide à travers les champs juste pour nous laisser au pied du col que nous devons franchir à 3.600 mètres d’altitude.

Pendant que Maïwenn rigole bien à l’arrière, je sens Aïnazik, qui « galope » devant, quelque peu préoccupée … Lors de la première pause, au bout d’une heure, elle me confie qu’elle est très inquiète parce que « ça n’avance pas » et que, n’ayant jamais fait ce circuit, donc jamais fait cette excursion, elle ne connait pas la trace – il n’y a plus de chemin – et elle ne connait pas l’horaire ! Nous sommes donc 8 ignorants complets lâchés dans une course à plus de 3.500 mètres sans aucune carte, aucun tracé pré-établi et surtout aucune expérience ! Ça fleure bon l’amateurisme tout ça ! Aïnasik ne cesse de répéter qu’elle est employée comme interprète, Maïwenn s’en fout … il faut dire que ce n’est pas son boulot non plus ! Tout va bien puisqu’il fait beau ! 🙁 Mais la montée est spectaculaire. La vue sur la vallée où nous étions logés est vraiment sympa.

Sinon le col est très joli. Une zone de quasi paramo juste avant de le franchir. Mais je dois dire que l’incurie de l’organisation m’empêche furieusement d’en profiter pleinement.

La descente vers le lac est longue mais sans aucune difficulté. Nous arrivons à « nos » yourtes au bord du lac Son Koul après 9 heures d’effort … au lieu des 4 heures annoncées sur le programme ! Le lieu est magique et apaisant. Nous allons profiter pleinement de la lumière déclinante avec Pierre-Alexandre sur une petite butte voisine. Au final, une belle journée ! Heureux les innocents !

Et pour finir, première nuit sous une yourte … sur des nattes et des couvertures en espérant qu’il n’y ait pas trop d’air qui passe sous les « murs » !

 

Les 16 photos du jour sont disponibles ici.

 

 

 

30 août 2019

Ce matin, nous changeons de crémerie ! En fait, nous quittons notre installation touristique de yourtes pour une installation de bergers qui ont des yourtes supplémentaires pour accueillir des touristes ! Enooooorme différence !

Bon, je me moque, mais ils ont aussi des chevaux pour nous faire notre initiation ! Nous nous installons vers midi sous nos yourtes dotées de lits !

Notre deuxième installation sur les rives du lac Son Koul avec le samovar pour faire chauffer l’eau du thé

 

Intérieur de la yourte des 3 hommes.

Puisque le repas est en pleine préparation, je tente d’offrir mon aide à la yourte « cuisine ». Je me fais jeter comme si j’étais entré sous la douche des femmes ! Pas facile la prise de contact !

Puisqu’il n’y a pas moyen de se rendre utile, je monte un peu sur les pentes pour admirer ce paysage somptueux. Cet immense lac à .3000 mètres d’altitude, d’un bleu intense, est entouré de montagnes et surtout de steppes uniformes à l’herbe rase offrant une unité captivante dans son immensité.

Après un excellent repas, place à l’initiation équestre. Laborieux ! Voire pénible … Sans doute mon égo a-t-il mal composé avec cette prestation frustrante. Je n’ai rien pu tirer, ou presque, de ma « mule » qui ne voulait pas avancer ! Heureusement que Maïwenn, l’accompagnatrice équestre, est venue à mon secours en me donnant quelques conseils aussi pertinents qu’efficaces. J’ai fini par réussir à mettre mon cheval au trot puis au galop … pas du tout convaincant !

SI peu convaincant que Maïwenn a échangé nos montures pour faire une balade équestre magnifique d’une heure juste au dessus de notre installation.

Après la ballade à cheval, un « banya russe » ! C’est une tradition kirghize importée par les russes. Cela consiste en un sauna en fait qui est aussi la seule salle de bain de la famille. ici, dans les pâturages, c’est une toute petite cabine pas loin des yourtes, surchauffée avec un poêle à bouse de vache alimenté par l’extérieur. Prévu pour deux personnes, nous nous y entassons à trois … les trois « mecs » ! Un bon moment de détente !

Entre 18h30 et 19h30, nous assistons au retour du troupeau de moutons aux dernières lueurs du jour …

……… juste magique !

 

 

Les 10 photos du jour.

31 août 2019

Le but, décidé laborieusement hier soir, était d’aider nos hôtes dans leurs tâches quotidiennes. Donc, lever à 6h30 pour la traite des vaches. Tout le monde s’essaie à l’exercice : pas si facile ! Nous assistons ensuite à la fabrication du pain pour le petit-déjeuner sous la yourte. Nous nous exerçons ensuite à la centrifugeuse pour séparer le gras du lait.

Centrifugation du lait

Puis, nous ramassons les bouses de vaches séchées qui constituent le seul combustible en l’absence flagrante de bois. Les deux fillettes de nos hôtes nous montrent lesquelles ramasser – il faut qu’elles soient bien sèches – et où les entasser. Autre combustible ; la crotte de mouton. Pendant que ceux-ci sont dans les pâturages, le sol de crottes piétinées de leur pacage est extrait à la pioche et notre « boulot » consiste à ériger des pyramides (d’un petit mètre de haut) de ces « briques » de crotte pour favoriser leur séchage. Et vient enfin la traite des juments que seule la bergère kirghize est capable d’effectuer.

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L’après-midi, nous allons faire une superbe ballade à cheval avec comme but, la visite de quelques pétroglyphes. La météo est superbe, le panorama fantastique, mais bien occupé avec mon cheval, je n’ai pas pris de photos ! De retour au campement, je remonte sur les hauteurs pour profiter de la chaude lumière vespérale. Mais à mon retour je ressens comme une agitation. Les cavaliers kirghizes se préparent pour nous faire une démonstration de jeu équestre. Jeu consistant à ramasser des billet de banque au sol sur un cheval lancé au galop ! Exactement comme dans le Kham en 2011 ! Un très bon moment d’adresse équestre.

Vidéo chasse aux billets !

Vidéo chasse aux billets 2

Maïwenn, notre « experte » en équitation s’est essayée à l’exercice !

 

Les 15 photos du jour.

 

Et puisque nous sommes dimanche , que cela fait 1 semaine que nous sommes au Kirghizstan, je vous propose un album récapitulatif de ces premiers jours.

Photos de la première semaine.

1er Septembre 2019

Deux nuits à Son Koul. Cela veut dire des liens qui se tissent bien au-delà d’une relation de logeurs à touristes. Et c’est bien pour cet aspect que nous avons opté pour cette forme de tourisme responsable, équitable et solidaire comme dit la brochure !

Nous reprenons donc la route, cap au sud. Nous passons par Moldo-Ashuu, endroit où le panorama est magnifique et où la route descend par des lacets spectaculaires.

Nous sommes sensés faire la descente à pied par un chemin que personne ne connait … et donc que nous ne trouverons jamais ! Après un essai infructueux, Mirlan, notre chauffeur, vient à notre secours et nous descendons en bus jusque dans la vallée pour piqueniquer au bord de la rivière.

Et nous nous rendons enfin chez nos hôtes du soir, près de Ak-Tal. Non sans avoir subit une méchante crevaison sur ces routes empierrées. Mirlan a eu un mal fou a mettre le minibus sur cric, le camion a failli verser, mais tout c’est bien terminé. Un couple de professeurs de math’ nous accueille . Puisque nous avons gagné beaucoup d’heures dans la suppression de l’excursion, nous partons au « bain russe » public du village. Mirlan nous y emmène en minibus vu qu’il n’a pas pu réparer le pneu trop endommagé ! Nous nous amusons bien tout les 4 (avec Mirlan) a nous balancer des cuvettes d’eau à « travers la tronche » ! Mais en évitant la salle chaude … beaucoup trop chaude ! De retour chez nos hôtes, nous passons quelques heures dans l’arrière-cour à effectuer nos lessives, nos écrits etc … Comme dans les autres habitations, il y a une cuisine, une pièce commune où l’on mange sur des tables basses, une chambre pour les femmes et une pour les hommes.

La rectitude des piles de couvertures et de nattes qui serviront de couchage est une caractéristique commune à toutes les habitations visitées. Après avoir assisté à la rentrée des foins (de nuit !) nous  passons un moment délicieux avec Anara, maitresse des lieux, quand elle a défait ces piles de couvertures et de chytrak cousus par ces soins ou par sa belle-mère ! Un grand moment !

Les 8 photos du jour

2 Septembre 2019

Aujourd’hui, c’est lundi. LE lundi de la rentée. Et si Anara fera la rentée la semaine prochaine à cause d’un arrêt de maladie, son mari part tôt pour la cérémonie. Puisque nous y sommes conviés, après le petit-déjeuner, nous faisons nos adieux à la délicieuse Anara avec une grande émotion. Sous une météo grisâtre nous assistons à l’interminable cérémonie de cette rentrée.

Ce lundi c’est la rentrée ! Et comme nos hôtes sont professeurs nous sommes venus assister à l’évènement !

Les discours se succèdent et nous laissent largement le temps de prendre des photos.

Et pour finir, nous avons droit à l’hymne national, main sur le cœur ! Il est temps de partir pour notre dernière étape chez l’habitant.

Nous passons par la « capitale » de la région ; Naryn. Nous visitons l’extérieur de la mosquée qui est hélas en travaux.

Mosquée de Naryn

A la mosquée est adjointe une madrasa pour jeunes hommes. Ceux-ci curieux, viennent échanger avec nous. Nous passons ensuite quelques temps dans le marché de Naryn pendant que Aïnazik et Maïwenn font les provisions pour la semaine de randonnée équestre.

Marché à Naryn

Nous arrivons à Kyzyl-Tuu chez nos hôtes. Magnifique maison neuve ! vaste ! avec eau courante ! – donc wc et douche ! Le propriétaire navigue entre Bichkek et ce village pour lequel il a beaucoup donné jadis en tant que maire. En y installant l’adduction d’eau en particulier. Puisqu’il est encore tôt, nous allons visiter le village et son école primaire en particulier. C’est toujours un moment agréable d’être ainsi accueilli par le personnel enseignant et les élèves, très fiers de leur salle informatique.

Kyzyl-Tuu : visite au collège

 

Et après le diner, énorme surprise ; trois jeunes filles en costume traditionnel sont venues à la hâte pour nous faire un petit spectacle de musique et danse traditionnelles. Elle s’accompagnent d’une sorte de guitare à 3 cordes appelée « komuz ». Elles sont lycéennes, elles ont 18 ans et jouent depuis plus de dix ans avec la troupe de l’école/collège/lycée. Elles se sont produites aux « jeux mondiaux nomades » de Tchoponata, au nord du Kirghizstan en septembre 2018.

Ouverture des jeux mondiaux nomades

Elles sont charmantes, enthousiastes et surtout très douées ! Quel instant magique ! Voyez vous-même !

Bravo les filles

Elles ont mit l’ambiance !

Les photos du jour

 

 

3 Septembre 2019

Rythme lent ce matin. Du coup, nous allons nous promener avec Pierre-Alexandre dans les cultures vers la rivière dans une douce lumière matinale. Nous découvrons 23 tumulus quasiment alignés le long du cour d’eau … étrange ! Rustam, le fils prodigue de la famille est de retour de Bichkek et va nous faire profiter de son expérience équestre de terrain durant la semaine de rando’. Il nous explique que ces tumulus sont le vestige d’une antique peuplade installée ici il y a plus de mille ans !

Lors d’une ballade matinale, nous découvrons ces tumulus qui dateraient du 8ème siècle …

Après le petit-déjeuner, nous repartons visiter le village. L’école maternelle puis le dispensaire ; dialogue poignant avec la doctoresse évoquant son manque de moyens … mais son abnégation a mettre en place des mesures prophylactiques au bénéfice des jeunes mères en particulier force le respect. Nous nous sommes rendu ensuite à la mairie où l’allure martiale et la rectitude du secrétaire de mairie étaient très … soviétiques !

Retour à la maison de nos hôtes vers midi pour effectuer le dernier morceau de route en minibus vers Tash Rabat.

Nous y piqueniquons dès notre arrivée avant d’aller visiter le caravansérail du lieu.

Caravansérail de Tash Rabat

 

Le lieu, dont le nom signifie « forteresse de pierre » en turc, est situé sur la portion de route de la soie entre Kashgar (Chine) et le lac Issyk Koul tout au nord du Kirghizstan. Daté du XVème siècle, il a été érigé sur l’emplacement d’un ancien monastère nestorien du IXème siècle. Son axe principal est exactement dirigé vers La Mecque. Autour du caravansérail, il y a quelques yourtes pour accueillir le tourisme famélique, dont une yourte de marchand de souvenir en pleine activité !

Un marchand à Tash Rabat en pleine action !

 

Le reste de l’après-midi est consacré aux préparatifs du départ de demain, montage des tentes en particulier. Si les tentes pour dormir sont impeccables, la grande tente mess va nous donner du fil à retordre !

Tash Rabat, c’est un camp avec un bâtiment de type refuge de montagne. Nous y avons diner le soir dans une belle ambiance d’excitation avant le départ de demain !

 

Les photos du jour

4 Septembre 2019

Le réveil est matinal. Je monte sur les pentes surplombant le camp de Tash Rabat. La lumière est splendide.

Tash Rabat

 

Pendant que les chevaux de bât sont chargés, vient le moment de s’adapter à nos montures. Le mien semble obéissant et volontaire. Je l’appelle « Robert ». Nous partons en remontant la vallée ce qui nous fait passer devant le caravansérail dont la façade est face au soleil du matin.

Départ de notre semaine à cheval

 

Cette vallée est longue, très longue. Je me rends vite compte que sur le dos du cheval, les contraintes sont multiples ; il est très difficile d’accéder aux sacoches, donc difficile de prendre des photos, de se ravitailler, de boire, de prendre ses lunettes de soleil ou le baume pour les lèvres, d’admirer les fleurs au bord du chemin … Après 2 heures de chevauchée, nous piqueniquons au pied du col que nous devons franchir. Nous sommes à 3.600 mètres d’altitude, il fait frisquet, le vent s’est levé.

Après le repas, nous entamons la montée vers le col. Je suis impressionné par le pas sûr de nos chevaux dans le pierrier en devers qui conclut la montée. La vue depuis le col n’est pas extraordinaire d’autant plus que la météo s’est détériorée. Le GPS indique 4.020 mètres. Ce sera le point culminant de notre semaine équestre. La descente est trop abrupte pour que l’on reste sur les chevaux. Nous remontons en selle sous un ciel gris et même des averses de grésil. Nous sommes en vue du lac Tchatyr Koul. Très vite nous arrivons à l’endroit de notre premier bivouac pas bien loin du lac.

Nous bivouaquerons auprès de la yourte. Le lac Tchatyr koul au fond.

L’endroit parait sinistre sous le ciel bas de cette fin d’après-midi. L’une d’entre nous est méchamment malade. Nous montons les tentes dans les bourrasques de vent ce qui pose problème avec la tente mess. Avantage d’être le doyen et aussi d’avoir prévenu que je ronfle, je suis seul dans ma tente et seul aussi pour la monter ! La tente mess est une sorte de serre, difficile a monter mais surtout qui laisse passer le vent par le bas. Il faut empierrer les bavettes pour que cela reste acceptable. Il n’y a pas d’éclairage prévu, nous nous éclairons donc mutuellement avec nos frontales.

Le tracé de la journée :

Les 5 malheureuses photos du jour.

5 Septembre 2019

Ce matin, le vent s’est calmé et il fait grand beau ! De ce fait, l’endroit du bivouac à l’air bien plus sympa ! Les préparatifs après le petit-déjeuner sont un peu long et c’est ainsi que nous partons à cheval vers 10 heures.

Nous allons passer toute la journée avec le même paysage le long du lac Tchatyr Koul avec vue sur la chaîne de Ferghana qui nous sépare du Tian-Shan chinois. J’ai du mal a accepter les contraintes de l’exercice « rando à cheval ». Je ne vais pas en refaire la liste, mais cela ajouté à la monotonie du paysage…

Heureusement, à la pause de midi, Pierre-Alexandre, Raquel et moi, sommes allés faire une petite ballade d’une demi-heure au pied des falaises qui nous surplombaient. Bonheur de retrouver la liberté de mouvement, celle de pouvoir poser ses pieds où bon me semble.

2ème jour de randonnée équestre au bord du lac Tchatyr koul

L’après-midi, de nouveau deux heures et demi en selle. Sans pouvoir prendre de photo correctement, sans boire, sans même pouvoir faire p…i ! Ce soir, je suis très tendu a me demander si je vais tenir 7 jours ainsi ! Parce que la journée a été longue, très longue ! Nous avons effectué 30 kilomètres quand même !

Heureusement la chaleur de la lumière du soir est un régal ! On doit être en dessous des 4.000 Kelvin ! Voyez vous-même avec les

… photos du jour

6 Septembre 2019

Ce matin est identique aux précédents ; rien de passionnant ! Pour tromper les contraintes de rester à cheval, j’ai fini la matinée à pied avec Aïnazik en trainant « Robert » par la bride. Et juste après une traversée de rivière très aisée, nous nous sommes arrêtés près d’une yourte. Après une courte négociation, la maîtresse des lieux nous a invités à déjeuner à l’intérieur ! Ça, c’est sympa ! Je rappelle que nous sommes toujours à 3.600 mètres d’altitude et donc qu’il fait frais pour piqueniquer !

Après le repas, les palefreniers tardent à réunir les chevaux qui, de plus, doivent aller boire avant d’être bâtés ou montés. Alors, avec Aïnazik, nous partons à pied ! Quel bonheur ! Retrouver sa pleine liberté de mouvement, d’initiative et aussi se dépenser ! Pu… ! que c’est bon ! Même si Aïnazik marche très vite, c’est un régal car je découvre aussi que chacun sur son cheval, on ne peut guère discuter ! Alors, nous en profitons Aïnazik et moi pour échanger de façon très enrichissante … et dans un décor somptueux. Nous croisons quelques bergers avant que la troupe ne nous rejoigne ! Le reste de la ballade est plutôt sympa. Des traversées de rivières aux berges abruptes taillées dans le limon, une belle lumière …

Ça me redonne PRESQUE le moral ! Les palefreniers peinent a trouver un endroit adéquat où il y aurait de l’eau facilement car les sources sont taries. On tâtonne … On finit par s’installer sur un terrain un peu pentu avec toujours autant de peine pour monter la tente mess.

Sinon aujourd’hui nous avons encore parcouru presque 25 kilomètres ! Et mes nerfs sont à vif. Heureusement que j’ai pu marcher quelques heures parce que être coincé dans cette furieuse monotonie … ! Grrrrrr

 

Les 6 malheureuses photos du jour

7 Septembre 2019

Ah ben voilà une belle journée ! Lever matinal sous un ciel absolument limpide ce qui nous vaut une température « fraîche fraîche ». L’eau de ma gourde est gelée … Après les habituels préparatifs, départ à peine après 10 heures. J’ai échangé mon cheval « Robert » avec celui de Raquel vu qu’elle monte mieux que moi. Et cette nouvelle monture est bien plus agréable et volontaire ; dorénavant, il s’appellera « Roger » !

Si vous observez le tracé ci-dessus, vous verrez que l’on quitte définitivement l’ennuyeuse dépression du lac Tchatyr Koul pour nous enfoncer vers l’ouest dans la partie nord/sud des monts Ferghana.

Dans un décor de rêve, nous traversons des rivières encaissées entre des talus de limons.

Le décor change toute les demi-heures ; c’est un régal. Par contre il y a du vent et nous sommes toujours au-dessus de 3.500 mètres d’altitude.

En fin de matinée, nous remontons une longue vallée jusqu’au col à près de 4.000. De très loin, nous apercevons quelques mouflons locaux appelés « Marco Polo ». Mais aussi, nous assistons à l’improbable spectacle d’une harde de chevaux en liberté en pleine cavalcade, dérangés qu’ils sont, par notre présence. Merci à l’équipe de nous avoir trouvé un endroit abrité pour piqueniquer à midi juste sous le col ! Après le repas nous franchissons le col. Il est trop raide pour que nous restions en selle, donc nous redescendons à pied en tenant nos montures par la bride.

Les vallées et les cols se succèdent, c’est juste magnifique ! Nous passons encore un col délicat dont nous effectuons de nouveau la descente à moitié à pied. Je me sens de mieux en mieux à cheval. Nous nous permettons quelques galops de temps en temps qui offrent de jolies sensations ! Le plaisir l’emporte sur les petites frustrations.

La pente herbeuse qui nous sert de bivouac ce soir est assez « rock n’roll » … ma nuit, ça va être « space mountain » ! Par contre, cette faste journée a détendu tout le monde et la soirée sous la tente mess fût mémorable, en particulier grâce à Taco qui chante très bien ! Une journée mémorable qui relègue très loin le spleen et l’agacement de ces deux derniers jours !

Les photos du jour

 

Un récapitulatif photo des derniers jours :

Photos de la 2eme semaine

8 Septembre 2019

Un dimanche qui débute très bien ! Superbe météo même si il y a toujours du vent. Nous poursuivons, comme hier, de passer de vallées en vallées en traversant des rivières.

Nous côtoyons quelques familles dans leur yourte avant de se faire inviter à l’intérieur d’une « baraque » pour éviter d’être frigorifier par la bise pendant le pique-nique.

De plus, il y a une source qui inonde les alentours donnant de la bonne herbe pour les chevaux.

Il est difficile de renouveler les commentaires pour toujours décrire la splendeur des paysages dans lesquels nous évoluons depuis hier, et pourtant c’est toujours un régal !

Mais en fin d’après-midi, c’est le drame ! 🙂 Aïnazik , à l’approche d’une installation de berger, propose, c’est la cuisinière et intendante, d’acheter un chevreau. Et donc, d’assister à sa mise à mort. Grand dégoût affiché par 3 des 4 filles et donc, seule Maud reste avec nous (les 3 garçons).

Nous restons donc tout les 4 avec Taco. Celui-ci va avec le berger chercher le troupeau. Pendant ce temps nous sommes invités sous la yourte où nous attend un excellent plat de riz au mouton ! Le troupeau revient après de longue minutes, le chevreau est sélectionné, égorgé, dépouillé, éviscéré et finalement dépecé. Tout cela prend du temps dans le froid de canard de cette fin d’après-midi. Pour ceux que cela choque, ne regardez pas l’album dédié à cet événement, ici :  Mise à mort du chevreau

Retour aux fondamentaux ! Dans ces pâturages, la vie est simple et rude. Il n’y a pas de place, dans ces peuplades de tradition nomade millénaire, pour nos raisonnements occidentalo-centrés. Sans aucune fierté, j’ai apprécié ce moment de vérité brute où il nous a été rappelé que la vie est liée à la mort.

Totalement frigorifiés, nous rejoignons le campement du soir. L’ambiance est lourde car il apparait pour nos partenaires de voyage, qu’il est inconvenant d’assister à un tel spectacle… et comme, de plus, nous manquions à l’appel pour monter le camp …

Nous sommes ici pour découvrir, autant que faire se peut, comment vivent ces peuples issus du nomadisme traditionnel … mais il semblerait qu’il y ait des limites !

 

Les AUTRES photos du jour

 

9 Septembre 2019

Et c’est reparti ! Vers 10 heures … comme d’hab’ !Nous reprenons notre progression d’altitude (toujours au dessus de 3.000 mètres d’altitude) de vallées en traversées de rivières. Nous faisons route au nord-ouest maintenant …

Mais le vent se lève et la météo devient capricieuse. Un grain menace mais nous l’évitons, puis le ciel s’éclaircit de nouveau.

Nous passons près d’installations de bergers sous yourte. Ceux-ci nous rendent visite quelques instants ou nous accompagnent un bout de chemin. Les visites doivent être rares ! L’équipe nous trouve un endroit à l’abri du vent pour piqueniquer sous un ciel radieux !

Et, malgré la météo incertaine, nous nous offrons une petite sieste. Mais l’après-midi est plus délicate ! Si nous évitons encore le deuxième grain, nous allons bien nous faire « rincer » par le troisième ! Vive les ponchos ! Au creux d’une vallée, nous allons même rencontrer quelques arbres ! Ça fait du bien… L’endroit parait sympa pour bivouaquer, mais nous poursuivons notre route. Vers 17 heures, nous arrivons près d’une installation de berger qui nous accueille chaleureusement. A manger sous la yourte, j’oserais dire : »bien sûr », mais aussi à y dormir ! Pour les filles seulement, bien évidement !

 

Donc, montage des tentes … mais pas de la tente mess. Les palefreniers montent une tente un peu grande pour accueillir aussi le berger, car seule sa femme pourra dormir sous la yourte réservée donc aux femmes, et aux enfants.

Avec le vent et la pluie, nous sommes noirs comme des charbonniers. Je me trempe donc dans le ruisseau pour éliminer toute cette crasse, heureusement il ne fait pas trop froid, malgré les 3.000 mètres d’altitude.

Mais ce soir, après un repas normal concoctée par notre excellente traductrice/interprète/guide/intendante/cuisinière … on se fait un barbecue ! De nuit, dans le froid ! Cela ne me motivait guère au départ. Des brochettes une demi-heure après le repas, dans le froid … j’étais pas chaud !

ERREUR ! On a passé une super soirée soirée, à chanter, à rire et à manger les excellentes brochettes !

 

Les 7 photos du jour

10 Septembre 2019

La nuit a été agitée, venteuse. Puis très calme, et au réveil, je crois reconnaitre cette ambiance aux bruits feutrés. J’ouvre la fermeture à glissière de ma tente pour vérifier … et voilà ! J’avais raison !

J’enfile mes habits à l’odeur tenace de mélange de fumée et de « barbaque » grillée. Je range toutes mes affaires, je fais mon sac et fonce à la yourte pour le petit-déjeuner. Je me demande comment va se passer la journée à cheval dans cette grisaille et dans la neige. La réponse arrive vite : impossible de franchir les cols, donc aujourd’hui, on ne bouge pas !

Puisqu’il en est ainsi, premier réflexe ; se débarrasser des odeurs du barbecue ! Je retourne donc à ma salle de bain d’hier pour faire trempette dans le ruisseau ! Et en glissant dans la neige, j’ai failli m’y étaler de tout mon long !

Merci à Philippe pour le cliché …

La journée s’écoule donc sans hâte à scruter l’évolution du ciel entre entre les corvées coutumières.

Préparation du repas sous la yourte

Les jeux de cartes pour faire passer le temps

L’après-midi, le ciel s’éclaircit et nous permet quelques ballades aux alentours

La soirée est riche d’enseignements. Notre désir légitime d’informations précises sur le programme à venir se heurte à l’honneur et l’orgueil de l’équipe kirghize. Nous apprenons quand même que sur les 2 jours de randonnée qui nous restent à effectuer, nous n’en feront qu’une. Impossible de savoir pourquoi, impossible de savoir si cette journée sera longue … Rustam, chef des palefreniers et guide, fini par avouer que ce serait bien que l’on soit prêt à 8 heures. Et finalement, nous apprenons que l’équipe doit respecter les dates prévues et arriver demain soir, quoi qu’il en soit. Parce qu’ils n’ont que deux jours payés pour leur retour à Tash-Rabat. Pour faire en sens inverse les 7 jours qu’il nous a fallu à l’aller ! Ils avouent que 3 jours leur est nécessaire. Je suis écœuré. Il y a TOUJOURS un ou deux jours « tampon » prévu à la fin de chaque trek que j’ai effectué jusque là. Justement, pour parer aux aléas climatiques. Cela c’est avéré très judicieux à la fin du trek du Mustang par exemple.

Mais là, je suis parti avec un organisme éthique et responsable … qui pousse ses intervenants locaux à la faute pour ne pas les payer un jour de trop !! Mort de rire ! 🙁

 

Les photos du jour

 

11 Septembre 2019

Prêts à 8 heures ! Comme demandé par Rustam … et donc, nous partons à … 10 heures, comme d’hab !

Nous quittons nos hôtes et bien évidement, c’est difficile parce que nous sommes restés deux nuits ici. je le répète, c’est ce pourquoi nous avons choisi ce type de voyage. Pour tisser des liens avec les locaux et ce n’est possible (et encore !) que si l’on reste un peu plus que quelques heures.

Évidement, Philippe n’est pas sur la photo puisqu’il tient l’appareil !

Très vite, nous montons le premier col, juste derrière notre installation, dans la neige.

Si vous regardez la carte du tracé ci-dessus, vous verrez que nous cheminons peu ou prou sous une ligne de crête à notre gauche. Toujours à plus de 3.000 mètres d’altitude. Nous passons des cols, des crêtes, suivons des sentiers improbables que seul Rustam a déjà pratiqué.

Le profil nous permet d’avoir presque toujours une vue dégagée absolument splendide. Et Rustam est très fier ne pouvoir nous faire profiter de ses panoramas extraordinaires.

Mais ce n’est pas toujours de tout repos. Nous passons un col difficile avant le repas, à presque 4.000 mètres, mais le plus rude est à venir ! Surtout pour les chevaux ! Nous passons en effet par des pentes abruptes où les chevaux peinent énormément, que l’on soit à pied à leurs cotés ou en selle. Je sens le cœur de « Roger » battre à tout rompre entre mes jambes. Inutile de le solliciter davantage, il s’arrête tout les 30 pas pour reprendre son souffle. Et il repart sans que je le sollicite, il sait qu’il doit passer par ce col … Je souffre pour lui ou je souffle autant que lui quand je marche à ses cotés, encore à presque 4.000 mètres. Il est déjà 16h00. Les descentes se font parfois à pied, dans la neige ou dans des éboulis de schiste délicat mais les vues sont magnifiques !

Ce parcours délicat ne nous permet pas de faire des moyennes horaires extraordinaires ! En fait, nous restons en deçà des 3 km/h ! Et après le deuxième col à presque 4.000 passé à 16h00 nous faisons une très longue traversée à flanc de montagne avant d’arriver en haut de la dernière descente … à 18h00 …

Nous allons descendre jusqu’au rond puis suivre la vallée pendant des heures ! Les 3 dernières heures à la clarté de la lune

 

Il suffit de descendre jusqu’au rond et prendre la vallée vers la droite. Sauf que la vallée en question, nous allons la suivre pendant plus de 10 kilomètres ! Les erreurs de communication satellite de la veille font que le véhicule attendu n’est pas au rendez-vous. J’ai arrêté le GPS à 20h00 quand la nuit est tombée. Mais nous avons chevauché encore 2h½ ! De nuit ! Avec un beau clair de lune, certes ! Avantage ; nous avons expérimenté le galop de nuit ! Mais plus de 12 heures à cheval, c’est long ! Très long ! Et j’en reviens à la première phrase de l’article ; nous étions prêts à 8 heures à la demande de Rustam et nous sommes partis à presque 10 heures ??????????? Alors, les esprits s’échauffent, sans aucune information, Aïnazik tente de gérer les énervements en proposant d’établir le camp entre la route empierrée et le ruisseau. C’est à ce moment, que, finalement, nous retrouverons enfin notre minibus pour poursuivre la route jusqu’à Osh où nous arrivons au milieu de la nuit.

 

Les photos du jour.

12 Septembre 2019

Nous sommes à Osh ! C’est la ville d’Aïnazik et elle est très heureuse de nous la faire découvrir. C’est aussi la ville d’origine de Babour (ou Baber). Babour, descendant de Tamerlan a été chassé de la région de Osh par les tribus ouzbeks. Il a fondé l’empire moghol en Inde et l’on doit à sa dynastie toute l’influence perso-musulmane en Inde du nord ( les forts rouges, le Taj-Mahal, Fatehpur Sikri etc …). Passionné par cette civilisation depuis 40 ans, Aïnazik étant elle-même moghol, je suis enthousiaste de terminer ce voyage ici.

Bien sûr, nous nous levons tard pour visiter cette capitale de province d’environ 300.000 habitant. Il fait beau, une température idéale grâce aux 950 mètres d’altitude. Aïnazik nous mène d’abord à la faculté où elle a étudié.

Toujours sympa d’échanger avec les enseignants et les étudiants locaux. Nous allons ensuite visiter le grand parc public de la ville, animé par de nombreux manèges forains. Je tente de rajeunir de quelques décennies avec une partie de ping-pong contre Pierre-Alexandre. Nous nous rendons ensuite au marché voisin. Tout le monde sait que j’adore les marchés et celui-ci est très agréable.

Même s’il est 16h00, Aïnazik nous emmène déjeuner dans un excellent petit restaurant ouzbek.

Nous sommes allés à la sortie de la ville pour voir les champs de coton en fleur.

La région produit du coton, grâce la rivière Ak-Buura qui fait partie du bassin de la Syr-Daria. Fleuve qui avec l’Amou-Darya alimente la mer d’Aral. Enfin, alimentait ! Car c’est bien la surexploitation du coton (planifiée par les soviets) qui a tué cette mer intérieur. Il faut environ 10 mètres cube d’eau pour produire 1 kilo de coton ! Réfléchissez-y avant de multiplier les jeans dans vos armoires ! 😉

Nous revenons près du parc central pour finir l’après-midi. C’est l’endroit où viennent les mariés et leurs familles avant la cérémonie, dans des véhicules improbables et dans des états alcoolisés parfois impressionnants, surtout à cette heure ! L’ambiance est festive et bon-enfant.

Les loueurs de voitures recèlent des exemplaires … étonnants !

Pour leur mariage, ils mettent le paquet, les kirghizes !

« Lénine, probid se oni se zblaznil » soit, « Lénine réveille-toi, ils sont devenus fous. »

Parce que, l’ironie est que cela se passe à quelques mètres d’une des rares statues monumentales de Lénine encore debout !

Les photos du jour

13 Septembre 2019

Osh est dominée par une colline visible de loin par les anciennes caravanes. Depuis Babour, il y a un lieu de prière à son sommet.

La vue du sommet n’a rien d’extraordinaire, le petit mausolée non plus. Un peu plus loin que le sommet, nous visitons un musée ethnographique qui lui, ne manque pas d’intérêt. Il serait fastidieux d’en décrire ici, le contenu.

Nous déjeunons dans un restaurant/cantine au pied dudit musée avant de passer l’après-midi à faire des achats au marché, déjà visité hier.

Notre vol retour pour Moscou est à une heure indécente : 05h30 ! Nuit courte pour nuit courte, nous décidons d’aller profiter de l’ambiance chaude d’une discothèque karaoké que les kirghizes affectionnent particulièrement. Sauf que, une fois sur place, nous constatons que nous sommes seuls dans l’établissement … Ce qui ne nous empêche pas de nous amuser a massacrer nos titres favoris. Et comme la sono est à fond et que l’on ne s’entend pas chanter, tout va bien ! :-).

Voilà, fin de ce voyage merveilleux. Reste la longue journée retour Osh – Moscou – Marseille.

Les photos du jour

 

Récap’ des photos de la 3ème semaine

Et puisque c’est le dernier « post » , des liens pour rappel :

Photos de la 2ème semaine

Photos de la 1ère semaine

En 3 semaines, peu de belles photos, hélas. J’ai quand même fait un best of … de 10 photos !

Best Of Kirghistan