Tafraoute

Et donc, la deuxième semaine s’achève bientôt. Je vous ai laissé avec « Abdel » de Tiznit et jeudi je suis donc monté dans le bus « Lux », la compagnie de bus de base, pour rejoindre Tafraoute en 3 heures. C’est toujours un plaisir de côtoyer les passagers locaux, d’attendre avec eux …

Station des lignes de bus populaires de la compagnie « Lux ».

Tafraout est une bourgade berbère à 1.200 mètres d’altitude dans l’anti-atlas. Beaucoup d’européens y séjournent en hiver pour la douceur de son climat ou pour randonner, dans le djebel Lkest en particulier. Mais, malgré une température fraiche, il n’y a plus de randonneurs au mois d’avril. J’ai donc décidé d’attendre que quelques personnes aient la même envie que moi pour créer un groupe. Je me suis donc fait connaitre auprès de deux guides et suis parti pour randonner tout seul au sud de Trafraout. Un taxi charmant et érudit m’a mené à Taghout et j’ai poursuivi seul et à pied la descente de la vallée jusqu’à Tiouadou.

Une vallée aride et ocre, pas forcément passionnante 🙁 Le plus poignant est de traverser ce qui furent de jolis village en adobe, totalement abandonnés pour des construction plus pratiques car beaucoup plus « Lafargiennes » !! La principale raison restant le massif exode rural. Alors, en escaladant les ruines, j’ai trouvé les anciennes mosquées, les anciens moulins ou les anciennes écoles … et j’ai pensé à mon père qui aurait été ému par ce spectacle.

Les photos de cette journée sont visibles à cette adresse ;

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C’est ainsi que vendredi soir j’étais rendu à l’auberge de Sahnoun à Tiouadou.

Mon auberge à Tiouadou, dans une maison berbère traditionnelle.

Là aussi, tout seul ! L’adolescent de la famille m’a accueilli avec enthousiasme. Et puis, nous sommes venus a parler de son père, parti trop tôt, il y a 4 ans d’un accident de moto. Ses yeux se sont embrumés, les miens aussi … silence.

 

 

1976, après le succès de l’année précédente, Gérard MANSET sort un autre album : « Rien a raconter »

Plage 1 : Les vases bleues

Les Vases Bleues

A force de penser aux autres,
On a les dents serrées, la tête haute.
Cartes, billes et crayons sont centre du monde.
On s’en sert en serrant son poing comme une bombe.
On marche de travers comme un crabe
Et la mer descend.
Adieu les vases bleues, les pas traînants,

Sables mouvants, sables heureux,

Sables de vent de vases bleues.

Comme un casque on s’endort avec sa chevelure,
Une chemise au corps, au coeur une blessure,
Prisonniers aux pieds pris dans le courant qui passe,
Une valise pleine ou vide à marée basse
On marche de travers comme un crabe
Et la mer descend.
Adieu les vases bleues, les pas traînants,
Sables mouvants, sables heureux,
Sables de vent de vases bleues.

On marche de travers comme un crabe
Et la mer descend.
Adieu les vases bleues, les pas traînants,
Sables mouvants, sables heureux,
Sables de vent de vases bleues. Hommes, bêtes et femmes sont en guerre
Et la mer descend.
Vies perdues dans les vagues de fer
Et la mer descend.
On oublie de vider son verre
Et la mer descend.
On marche de travers comme un crabe
Et la mer descend.
On marche de travers comme un crabe
Et la mer descend.
Adieu les vases bleues, les pas traînants,
Sables mouvants, sables heureux,
Sables de vent de vases bleues,
Sables de vent de vases bleues.

Abdel

Abdel, ce n’est pas son nom. C’est un jeune homme qui m’a accueilli avec discrétion et une attention toute particulière à la maison d’hôtes où j’ai séjourné à Tiznit. Mon bus était à 11H10 ce matin, j’avais donc tout mon temps pour prendre mon petit-déjeuner. Alors, Abdel m’a raconté un peu comment il vit. Il est seul pour « tenir » la maison. 6 chambres a nettoyer, changer les draps tout ça, tout ça. Il n’est pas submergé de boulot, sauf de juin à août, mais il ne peut pas s’absenter, les patrons appellent de temps en temps ! Les patrons surveillent la compta’ aussi et sont un peu chiche sur le budget d’entretien et la nourriture. Abdel a toute sa famille à coté de Ouarzazate, c’est à 7 heures de bus. Mais comme Abdel ne gagne que 2.400 dirhams, il ne peut voir sa femme et son fils que tout les mois. 2.400 dirham, c’est ce que je dépense en 4 jours. Abdel doit être bien habillé, doit bien présenter, améliorer son français Abdel ne peut pas se nourrir avec la cuisine qu’il élabore pour les clients, il doit manger à part et à ses frais  … Alors, Abdel en a marre et après plus de 2 ans de bons et loyaux services, Abdel a prévenu qu’il allait partir. Mais les patrons refusent tant qu’ils n’ont pas trouvé un remplaçant ! Les patrons s’appellent Charpentier ; ils habitent Toulouse !

Je suis donc arrivé à Tafraoute après 3 heures de bus.

C’est un vrai plaisir que de pratiquer les mêmes moyens de transports que les lycéens, les vendeurs de poules, etc …

Je suis ici dans l’espoir de me glisser dans un trek dans le jebel Lekst. Lundi, peut-être aurai-je une chance … en attendant je vais aller dans les gorges Aït Mansour au sud. Là, ce sera sans doute sans WiFi pendant 3 jours !

 

 

 

 

 

 

Le dernier morceau de l’album de Gérard MANSET de 1975. Celui par lequel il s’est fait connaitre, même si c’était déjà son 5eme !

C’est un parc.

C’est un parc où vont les bêtes
Et l’eau leur coule sur la tête
Au milieu, des chevaux légers
Les animaux sont mélangés

C’est un piège où tomberont
Nos enfants quand ils grandiront

Et quand le chasseur s’en ira

Sur une civière, on dira

C’est un parc où vont les bêtes
Et quelqu’un s’en souvient peut-être
Les fruits trop murs, les arbres creux
C’était le verger du Bon Dieu

C’est un parc où vont les bêtes
Et l’eau leur coule sur la tête
Au milieu des chevaux sauvages
Chacun se cabre sous l’orage C’est un piège où tombera
Le loup, le chien, l’homme et le rat
Et quand les chasseurs s’en iront
A genoux, nous leur chanterons C’est un parc où vont les bêtes
Et quelqu’un s’en souvient peut-être
Les fruits trop murs, les arbres creux
C’était le verger du Bon Dieu

 

Tiznit stress et tolérance

Quand on prend ses petites habitudes, on se détend, voire on baisse la garde. Ce matin, paisible, je quitte ma « guest house » de Mirleft par le bus pour Tiznit. Et à mi-chemin, je me rend compte que je n’ai pas mon passeport ! A destination, je trouve rapidement ma « maison d’hôtes » au gérant de laquelle j’explique la situation. Au téléphone, le patron de Mirleft me confirme qu’il a mon passeport ! Oufffffffffffffffffffffffffffffffffffffffff !  Il me l’a fait envoyer en taxi collectif, c’est tellement simple. 🙂  Il m’a fallu du temps pour me détendre !
Tiznit n’est intéressante que pour sa médina … et encore. Je ne m’étendrai pas.
Vous pouvez voir les photos ici :

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J’ai trouvé ici l’ambiance de la rue assez différente. Juste parce qu’il y a des femmes dehors ! A toute heure ! Cela rééquilibre la nature humaine ! Également, et ce n’est pas spécifique à la région, il y a beaucoup de handicapés physiques ou mentaux dans les rues. Il n’y a pas l’ombre d’un regard gêné, pas une once d’agacement. Mon impression est qu’ils sont bien mieux tolérés dans l’espace publique que « chez nous » avec même une certaine compassion.
A midi (enfin, 14h30!! ) j’ai mangé chez Ahmed. A la table contiguë un jeune couple charmant franco-hèlvético-hollandais en vacances dans la famille à Mirleft et en visite à Tiznit … car motorisé. Moment d’échange très sympa là encore. Comme je me suis régalé, ce soir je suis retourné diner chez le très amène Ahmed. Il m’a expliqué que dans la région d’Agadir, les femmes sont plus libres de leurs mouvements. Et ça lui plaît à Ahmed, c’est la vie d’Ahmed et c’est l’avis d’Ahmed …

Finalement, après le stress du matin, j’ai passé une excellente journée. Je me suis acheté un chapeau berbère, j’ai fait réparer mon téléphone pour 12 euros et j’ai acheté un petit téléphone tout simple avec une carte prépayée pour éviter d’appeler les hôtels marocains avec mon forfait français.

 

Le G.MANSET du soir : « Un homme étrange »

Un homme étrange

Un homme étrange
Que rien ne dérange
Qui rêve la nuit dans son sommeil
Qui vit dans une bouteille

Un homme étrange
Qui jamais ne mange

 Fait comme une branche de céleri

Mais gare à celle qui rit

L’homme au complet gris
N’aime pas du tout la plaisanterie
Ni qu’on se moque de lui

Un homme aigri
Il est né sous la mitraille
Mais comment voulez-vous
Que sa chemise lui aille
Il a changé souvent de taille
Et livré tant et tant
Et tant et tant de batailles

Un homme de paille
Qu’on met sur un rail
Et qu’on pousse vers
Le chemin de fer
Qui mène au champ de bataille

Un homme étrange
Est tombé dimanche
Sous une avalanche
De feuilles blanches
Couvertes de factures

 

Il prend sa voiture
Va dans la nature
Où tout est vert
A tombeau ouvert
Il s’envole vers les arbres bleus
Du ciel au dessus de lui Un homme aigri
Il est né sous la mitraille
Comment voulez-vous
Que sa chemise lui aille
Il a changé souvent de taille
Et livré tant et tant
Et tant de batailles
Un homme de paille

Un homme aigri
Il est né sous la mitraille
Mais comment voulez-vous
Que sa chemise lui aille
Il a changé souvent de taille
Et livré tant et tant
Et tant et tant de batailles

Un homme aigri
Il est né sous la mitraille
Comment voulez-vous
Que sa chemise lui aille
Il a changé souvent de taille
Et livré tant et tant
Et tant et tant de batailles
Un homme de paille

 

Lergaza et Mirleft ou la fin des airs iodés.

Donc, si hier j’étais sans WiFi, c’est parce que j’étais à Lergaza. Une étape que je n’avais pas prévue, mais que l’on m’a vivement conseillée pendant mon séjour à Sidi Ifni. Tout l’intérêt d’avoir un trajet « élastique » et surtout être maître de son emploi du temps ! Bref, un coup de téléphone pour réserver un hôtel, un taxi pour faire 9 kilomètres et me voilà vers 11 heures sur une plage entourée de falaises, avec 3 ou 4 établissements pour accueillir 3 ou 4 touristes ! L’intention était de passer une journée de farniente avant d’emprunter le lendemain le chemin au pied des falaises qui n’est praticable qu’à marée basse. Encore un renseignement foireux ! Il s’est avéré impossible de circuler au pied des falaises à marée basse. J’ai bien essayé et j’ai failli y perdre mon téléphone en me faisant mouiller les cuisses !

Reste que le lieu est splendide.

Legzira … juré : je n’ai pas forcé les couleurs !

Mais comme c’est assez restreint, je n’y suis resté que 24 heures. Quasiment seul dans mon hôtel, j’ai passé beaucoup de temps à bavarder avec le gérant ; un petit bonhomme adorable de 72 ou 73 ans (il ne sait pas lui même) . J’ai repris le bus ce matin pour ma dernière étape sur la côte atlantique : Mirleft !

La météo est folle ici aussi ! Il a plu beaucoup en fin de nuit et en avril, cela n’était pas arrivé depuis plus de 20 ans. Donc j’ai visité Mirleft sous un ciel chargé, parfois menaçant. Après une visite de LA rue commerçante aux étonnantes arcades …

Rue principale de Mirleft

 

… je suis parti à pied faire une visite exhaustive des plages. En 5 heures de marche, j’y ai rencontré des pêcheurs renfrognés, des footballeurs enthousiastes et des mamies en mal d’amour ! 🙂 . Une belle galerie de caractères !

5 jeunes gens y jouent au foot …

Voilà, un peu de politique avec le proprio de l’hôtel et au lit !

Demain, fini l’Atlantique, route pour Tiznit !

Le résumé photographique  (116 photos) de cette partie Atlantique – Sud du Maroc est disponible avec ce lien :

Toutes les photos des 8 premiers jours

Reste le G.MANSET du soir … et il vaut le coup ; il dure 10 minutes !!

Si ça vous ennuie, dites-le en commentaire ! (il faut d’abord s’abonner !)

« Attends que le temps te vide »

Attends que le temps
Te vide comme un œuf
Sors de ta coquille
Comme un chien
Dans un jeu de quilles
Oublie d’où tu viens.

Le fer et la grille,
Le bâtiment neuf
Comme une arme brille
Dans ta main
Sur le mur humide
Trace ton chemin

Mais n’oublie pas
Que le temps te changera
Non, n’oublie pas
Que le temps…

Attends que la vie t’ait prise

Dans sa main,
Que ton poing se brise
Contre le sien
L’habitude est prise.
On sait d’où tu viens

 Mais le fer et la grille
C’est la porte qui s’ouvre enfin
L’ombre d’une fille
Qui marche le long d’un train
Dans ce jeu de quilles
On te tire, on te tientMais n’oublie pas
Que le temps te changera
Non, n’oublie pas
Que le temps…Dans ce jeu de quilles
On te tire…Le fer et la grille
Le bâtiment neuf
A l’aube, on t’habille
Tu te lèves
Vers le mat qui brille
Tu marches
C’est la finMais n’oublie pas
Que le temps te changera
Non, n’oublie pas
Que le temps…

Sidi Ifni – suite

Je n’avais pas de WiFi hier, donc, je suis un peu en retard !

J’ai donc passé un agréable séjour à Sidi Ifni, dans un hôtel neuf, pratique, pas cher et sans âme ! Vous avez compris qu’il était calme après 23 heures !

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Je commence à prendre mes marques. Tous ces petits détails qui font une grille de lecture à laquelle, quand on voyage, on souhaite ardemment s’intégrer. Parce que, même si c’est peine perdue, le désir d’être le moins différent possible est intense. Être transparent pour pouvoir observer sans être remarqué … pour mieux apprendre et accepter de recevoir. En 6 jours je n’ai pas la prétention d’avoir appris grand-chose mais quelques trucs importants pour le confort de ma petite vie de visiteur. La bonne surprise, c’est que beaucoup de personnes parlent français, parfois très bien, je ne veux pas, pour autant, me dispenser d’apprendre la centaine de mots nécessaire à l’équilibre délicat des échanges. La mauvaise surprise, c’est que les marocain(e)s ne veulent pas être pris en photo ! A ce jour, je n’en suis qu’aux supputations mais il va falloir que je comprenne pourquoi pour esquiver cet écueil fâcheux. L’européen (français) de passage est-il perçu comme celui qui, dans une démarche cathartique, vient observer l’exotisme des anciens colonisés ?

 

Le Gérard MANSET du jour. « Qu’il est loin le temps devant nous »

Qu’il est loin le temps devant nous

Qu’il est loin le temps devant nous
Un jour ou l’autre il fut quand même au rendez-vous
Un jour ou l’autre il fut quand même au rendez-vous

Qu’il est loin le temps devant nous
Il cherche à rendre ceux qui le suivent à moitié fou
Il cherche à rendre ceux qui le suivent à moitié fou

Qu’il est loin le temps devant nous
Tant de choses on le voit partout
On le cache il sait malgré tout
Revenir

Qu’il est loin le temps tout à coup
Qu’on croyait juste derrière nous
Et qu’il faut oublier d’un seul coup
Sans rien dire
Et qu’il faut oublier d’un seul coup
Sans rien dire

Qu’il est loin le temps devant nous
Chaque jour passe, chaque jour on compte les coups
Chaque jour passe, chaque jour on compte les coups Chaque jour passe, chaque jour on compte les coups Qu’il est loin le temps devant nous
Tant de choses on le voit partout
On le cache il sait malgré tout
Revenir Qu’il est loin le temps tout à coup
Qu’on croyait juste derrière nous
Et qu’il faut oublier d’un seul coup
Sans rien dire

Et qu’il faut oublier d’un seul coup
Sans rien dire 

Sidi Ifni

Encore un long trajet pour poursuivre ma remontée vers le nord. La météo s’améliore, le ciel est limpide mais il fait toujours frisquet (je n’ai pris qu’un pull moi !!).  Le temps s’étire au petit matin dans un bus où les occupants ont passé quasiment la nuit. Ils sont un peu « chiffon » ! Nous nous éloignons du Sahara Occidental si bien que malgré les postes de police, personne ne prend plus mon passeport en photo.

Pause du bus entre Tarfaya et Guelmim

Le bus s’arrête à Guilmim, j’y déjeune et attrape un « grand taxi » pour Sidi Ifni. Le même principe qu’à Dakhla ! Une guimbarde Mercedes sans age dans laquelle s’entassent six passagers ! 4 à l’arrière et 2 à la place du mort !  » Mais que fait la police  » ! Une heure pour rejoindre Sidi Ifni.

Le reste de l’après-midi pour découvrir cette petite ville et son marché. Enfin une jolie ville ! Une belle architecture héritée de la colonisation espagnole (la ville est devenue marocaine en 1969 !).

Autre confirmation :  » le marocain est tardif  » ! Le matin rien ne bouge avant 10 ou 11 heures ! Hier, à Tarfaya, j’ai voulu me renseigner à une agence de voyage, on m’a demandé de revenir plus tard « le patron dort encore ». Il était 10h30 ! Je me demande si je ne vais pas m’installer ici ! 🙂 . Aujourd’hui, à Sidi Ifni, le marché a commencé à s’éveiller après 16 heures. Et après la tombée de la nuit (20h00) tout le monde est dehors ! Et si on ne voit que des hommes aux terrasses de café durant la journée, alors on voit enfin les femmes … avec leurs enfants dans les squares, jusqu’à 23h00 ! D’ailleurs, voilà, le calme est revenu …

 

Bonsoir.

 

Le Gérard MANSET du jour : « On sait que t’allais vite »

On l’a maquillée, on l’a habillée
On l’a fait briller, tu vas l’essayer
Mais tu n’as pas de quoi la payerDemande le fric à ton vieux
Et tire toi d’ici
Ailleurs si c’est pas mieux

 

Alors tant pis
Même si la route est mouillée
Mets ton ciré vernis
Paye pas ton demi
Va t’en sans dire merci
Et roule dans la nuit
Pourtant comme on sait que tu vas vite
On sait que tu vas vite
On sait que tu vas vite
On sait que tu vas vite
Comme on sait que tu vas vite
On sait que tu vas vite
On sait que tu vas vite

On sait que tu vas vite
On te guette si on t’attrape on est quitte
On te guette si on t’attrape on est quitte

Comme on sait que tu vas vite
On sait que tu vas vite
On sait que tu vas vite
On sait que tu vas vite
Comme on sait que tu vas vite
On sait que tu vas vite
On sait que tu vas vite
On sait que tu vas vite

On te guette si on t’attrape on est quitte
On te guette si on t’attrape on est quitteOuaisOn sait que t’allais vite
On sait que t’allais vite
On sait que t’allais vite
On sait que t’allais vite
On sait que t’allais vite
On sait que t’allais viteDemande des fleurs à ton vieux
Qu’a de l’eau plein les yeux
T’avais même trouvé
Un petit atelier
T’allais travailler
Peut-être même te marier
Dans l’annéePourtant comme on sait que t’allais vite
On sait que t’allais vite
Comme on sait que t’allais vite
On sait que t’allais vite
Comme on sait que t’allais vite
On sait que t’allais vite
On te ramasse on t’enterre on est quitte
On te ramasse on t’enterre on est quitteOn sait que t’allais vite
On sait que t’allais vite
On sait que t’allais vite
On sait que t’allais vite
On sait que t’allais vite
On sait que t’allais vite

Tarfaya

Ce jeudi 19, j’ai passé 10 heures dans un bus confortable pour aller de Dakhla à Tarfaya, soit 620 kilomètres.

 

 

Route d’une platitude désespérante, paysages monotones à souhait ! Seul européen parmi les voyageurs, le bus s’arrêtait à chaque contrôle de police … exprès pour moi ! Gendarmerie, police aux frontières, ils ont tous photographié mon passeport et le visa ! Tous d’une parfaite courtoisie.

Cela m’a donné le temps d’observer les locaux pendant leur voyage. Par contre, 45 minutes pour déjeuner … le temps que je comprenne comment fonctionnait la « cantine » façon « Bagdad Café », c’était trop tard.

Donc je me suis contenté d’une boite de madeleines pour finir la journée. Il va vraiment falloir que j’apprenne à demander un « tajin sans poivron … s’il vous plait » ! 🙂  (Tajin bidun filfil . Min fadlik ?)

 

Vendredi 20.

Pourquoi Tarfaya ? Parce que c’est un village côtier qui ne manque pas de charme, mais surtout parce que ce village s’appelait Cap Juby. Une escale historique de l’aéropostale sur la route de Dakar puis de l’Argentine. Ici se sont posés Latécoère, Mermoz, Guillaumet et surtout Antoine de St Exupéry qui y séjourna presque 2 ans comme chef d’escale. Il y forgeât son amour pour l’Afrique et le Sahara y écrivit « Courrier Sud » et y trouva l’inspiration pour le « Petit Prince ». Ce matin donc, je suis allé au port (moderne) et , à coté, me suis rendu sur la piste en terre où ces héros se posaient. De vieux bâtiments de cette époque subsistent encore, en particulier la caserne où le personnel de l’escale logeait à l’abri des peuplades hostiles.

Casa Mar

Balade de l’après-midi pour me rendre à l’épave d’un ferry qui assurait la liaison avec Fuertaventura aux Canaries. Il s’est échoué en 2007 après quelques mois d’exploitations. Fin du service !

Une casemate surveille ce lieu, un gendarme en est sorti pour m’accueillir. Il m’attendait ! Ses collègues de Tarfaya l’avait prévenu ! Heureusement que tout ces hommes en uniformes sont très affables, car on se sent méchamment surveillé quand même ! C’est un peu le paradoxe : les commerçants ne sont pas toujours aimables, mais les gendarmes et les policiers, oui !

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Le Gérard Manset du jour … : « Un homme, une femme »

Attends qu’il te tienne
Que ses nuits soient les tiennes
Qu’il te demande le pire
Qu’il t’oblige à sourire
Qu’il te retourne sans plaisir
Qu’il n’ait plus de désir
Qu’il te regarde et qu’il ait peur Qu’il te laisse un jour en pleurs
Qu’il se détourne Un homme une femme Un homme une femme
Un homme une femme
Un homme une femme
Attends qu’il t’attrape
Qu’il te pousse, qu’il te frappe
Qu’il te renvoie d’où tu viens
Par le premier train
Le plus rapide et le plus loin Ta tête dans tes mainsQu’il te condamne à vivre encore
Avec sa marque sur le corps
Qu’il t’abandonne Un homme une femmeUn homme une femme
Un homme une femme
Un homme une femme

 

 

Au sud du tropique du cancer

Ce mercredi 18 mars, j’ai sauvé mon séjour à Dakhla ! Peu enthousiaste après ma journée d’hier, je me suis laissé tenter par une excursion en 4×4 dans les (grands) environs de la baie en compagnie d’un charmant couple belgo-marocain. Nous sommes partis vers le nord pour sortir de la presqu’ile et ensuite redescendre en direction de la Mauritanie (éloignée de 300 km). Nous nous sommes rendu dans une zone humide – Imlili – en plein désert. Du déjà vu, mais dans les trous d’eau salée, pullulaient des poissons qui venaient grignoter nos pied nus ! La satisfaction intellectuelle résidait dans le fait que ce marécage est de peu AU SUD du tropique du cancer !
Après un passage à la plage de Puerto Rico – si, si ! – devenue célèbre depuis le passage de la famille royale en 2016, nous nous sommes attardés au fond de la baie de Dakhla. Et c’est magnifique ! Une platitude absolue rehaussée par une dune toute blanche au milieu de l’eau, c’était irréel ! De plus, le temps gris s’est éclairci juste à ce moment là, pour admirer le vol des flamants roses au loin.

Sur la route du retour, avant la dégustation des célèbres huitres de Dakhla et d’une daurade grillée, nous nous sommes offert un massage à l’eau soufrée, aussi rudimentaire qu’efficace !

Bref, une superbe journée.

 

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Le « Gérard MANSET » du jour …

« Il voyage en solitaire » … ça s’impose ! Non ?

Il voyage en solitaire
Et nul ne l’oblige à se taire
Il chante la terre
Il chante la terre
Et c’est une vie sans mystère
Qui se passe de commentaires
Pendant des journées entières
Il chante la terre Mais il est seul
Un jour
L’amour
L’a quitté, s’en est allé
Faire un tour de l’autre côté
D’une ville où y’avait pas de place
Pour se garer Il voyage en solitaire
Et nul ne l’oblige à se taire
Il sait ce qu’il a à faire
Il chante la terre
Il reste le seul volontaire
Et, puisqu’il n’a plus rien à faire
Plus fort qu’une armée entière
Il chante la terre Mais il est seul
Un jour
L’amour
L’a quitté, s’en est allé
Faire un tour de l’autre côté
D’une ville où y’avait pas de place
Pour se garer Et voilà le miracle en somme
C’est lorsque sa chanson est bonne
Car c’est pour la joie qu’elle lui donne
Qu’il chante la terre

Dakhla

Voilà, c’est parti ! Et pour débuter, cap au sud. 1.560 kilomètres entre Marseille et Casablanca et encore 1.360 entre Casablanca et ma destination : Dakhla, à 30 kilomètres au nord du tropique du cancer. C’est le Sahara occidental.

Histoire récente :

  • En 1884 l’Espagne place ce territoire sous son protectorat ;
  • En 1965 l’ONU pousse l’Espagne à décoloniser.
  • Entre 1965 et 1975 le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie à cause de différents de frontières, ne parviennent pas à faire front face aux espagnols qui restent en place.
  • Le 6 novembre 1975 Hassan II, Roi du Maroc organise la marche Verte pour marquer la volonté d’une souveraineté marocaine sur ce territoire. Ceci amène l’Espagne à signer les accords de Madrid avec le Maroc et la Mauritanie, le 14 novembre 1975, pour officialiser le partage du territoire. Le Maroc obtient les deux tiers nord, et la Mauritanie le tiers sud ; l’Algérie et les Sahraouis ne sont pas consultés. Le retrait des troupes espagnoles, décidé peu avant la mort de Franco, s’effectue entre 1975 et 1976.
  • Le 27 février 1976, la République arabe sahraouie démocratique (RASD) est proclamée par le Front Polisario
  • 10 août 1979 un traité de paix est signé dans lequel la Mauritanie cède sa partie du Sahara au Front Polisario.
  • Le 14 août 1979, le Maroc annonce l’annexion de l’ancien territoire mauritanien.
  • Depuis l’entrée en vigueur du cessez le feu de 1991, le statut final du Sahara occidental reste à déterminer.
  • À partir de 2003, certains documents de l’ONU qualifient le Maroc d’« autorité administrante »

Installation dans mon petit hôtel …

et découverte ce mardi de cette ville du Sahara Occidental. D’abord, à ma grande surprise, il ne fait pas chaud ! Entre 22 et 26°C et il y a une brise constante. La ville manque de charme comme toutes ces stations plus ou moins balnéaires qui se développent trop vite. Surtout depuis que le roi M6 est venu ici en 2016 découvrir le kyte-surf …
Ce mardi, prise de contact, passage au marché ce matin, où il y avait plus de marchands que de chalands !! ( Re-passage cet après-midi … pareil ! )
Alors j’ai voulu me rendre à Lassarga, petit village de pêcheurs tout au bout de cette presqu’île. 10 kilomètres épiques à 7 dans un taxi collectif Mercedes sans âge ni suspension ! Le taxi me dépose en bordure d’un bidonville, des policiers me demandent ce que je viens faire ici et m’interdisent l’accès aux barques de pêcheurs. Désappointé, je vadrouille un peu dans la direction opposée et sur la plage surveillée au large par un destroyer de la marine marocaine … ambiance !!

Lassarga. Les « belles » Mercedes qui m’ont servies de taxi collectifs.

De retour près des taxis collectifs, les mêmes policiers me passent un savon alors que je n’ai enfreins aucun de leurs conseils. Circonspect et déçu, je refais les mêmes 10 kilomètres dans une ruine Mercedes identique. C’est l’hôtelier, (français) qui m’expliquera que le pouvoir n’aime pas que les touristes ramènent des images des bidons-villes de sahraouis, dirimantes à la mainmise du Maroc sur ce territoire.

Voilà une entrée en matière avec le Maroc aussi enrichissante qu’inattendue !!

Les musiques et les textes de Gérard Manset m’ont depuis toujours donné le goût du voyage, ils m’ont accompagné sur les chemins. Je vous livrerai quelques-uns de ces textes inspirants au gré de mes articles. Pour débuter, celle-ci m’est apparu opportune ! 🙂

 

Y’ A UNE ROUTE

Y a une route
Y a une route
On marche dessus
Y a pas de tapis
Y a des fleurs comme des anémones
Qu’attendent la pluie
Y a une route
Tous les dix ans, y a un marin
Qui jette l’ancre au café du coin
Qui parle de voyager plus loin
Après la route, faut prendre le train
Y a tellement de bruit que t’as plus d’oreilles
Pendant que la fumée mange le ciel
Et finalement tout est pareil
Parce qu’y a une route
Tu la longes ou tu la coupes
Tu t’allonges et on te passe dessus
Ou tu te lèves et on te tire dessus
Mais y a une route, c’est mieux que rien
Sous tes semelles c’est dur et ça tient Y a une route
Y a une route

Au bon endroit au bon moment

http://www.elwatan.com/une/conflit-du-sahara-occidental-l-escalade-marocaine-16-04-2018-366365_108.php

La résolution du cas épineux du Sahara Occidental traine en longueur depuis des années, des décennies en fait. Un statu quo d’administration non souveraine par le Maroc est en vigueur actuellement. Mais depuis quelques mois, l’ONU est de moins en moins favorable a cet état de fait et cela perturbe l’égo de Mohammed VI …
Et c’est aujourd’hui qu’il a choisi de s’énerver et même de menacer … Le jour où j’arrive 🙁